Poutine appelle le président juif d’Ukraine à cesser « la frénésie de néonazisme »
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Poutine appelle le président juif d’Ukraine à cesser « la frénésie de néonazisme »

Historiquement, la Russie a toujours accusé son voisin de fascisme et d'antisémitisme d'État

Vlodymyr Zelensky, le président élu ukranien rencontre des rabbins à Kiev, en mai 2019. (Crédit : Jewish Community of Dnepro/ via JTA)
Vlodymyr Zelensky, le président élu ukranien rencontre des rabbins à Kiev, en mai 2019. (Crédit : Jewish Community of Dnepro/ via JTA)

Le président russe, Vladimir Poutine, a appelé le nouveau président juif élu de l’Ukraine à mettre un terme à la présumée « frénésie d’antisémitisme » qui secoue son pays.

Dans un entretien accordé au quotidien italien, Corriere della Sera, publiée jeudi sur le site internet du Kremlin, Poutine s’est dit prêt à entamer un dialogue avec l’Ukraine, que la Russie a envahie en 2014, si son nouveau président s’attaquait à plusieurs problèmes préoccupant Moscou.

Le dialogue est possible si Volodymyr Zelensky commence des négociations directes avec les milices pro-russes dans l’est de l’Ukraine « et cesse de les qualifier de séparatistes », a-t-il déclaré.

Et d’ajouter, « L’ukrainisation forcée, la censure de la langue russe, langue maternelle de millions de citoyens ukrainiens, enseigner notamment le russe dans les universités et les écoles, la frénésie de néo-nazisme, la guerre civile dans le sud-est du pays, les tentatives du gouvernement précédent de rompre la fragile paix interconfessionnelle – il ne s’agit que d’une petite partie du linge sale que le nouveau président aura à laver ».

Après la révolution de Maïdan de 2014, au cours de laquelle le président ukrainien pro-russe, Viktor Yanoukovytch, s’était réfugié en Russie, Poutine avait dénoncé ce qu’il a décrit comme « la fureur des forces réactionnaires, nationalistes et antisémites agitant certaines régions d’Ukraine ».

Peu après, la Russie envahissait et annexé la Crimée et apportait son aide à des soulèvements séparatistes dans la région de l’est de l’Ukraine du Donbass. Au cours du conflit, les médias et diplomates russes ont régulièrement accusé Kiev d’antisémitisme et de nazisme.

L’Ukraine s’est attirée les condamnations de groupes juifs pour sa glorification de personnalités nationalistes ayant collaboré avec les nazis, mais les dirigeants de la communauté juive locale ont toujours soutenu que l’antisémitisme était loin d’être le problème omniprésent décrit par Moscou.

Volodymyr Zelensky a obtenu les faveurs de 70 % de l’électorat lors des élections présidentielles ukrainiennes organisées cette année, faisant de cette ancienne république soviétique le seul pays avec Israël à compter à la fois un président et un Premier ministre juifs.

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