Poutine reçu par Erdogan pour parler Syrie, Irak et armement
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Poutine reçu par Erdogan pour parler Syrie, Irak et armement

Sur fond de réchauffement des relations entre Ankara et Moscou, les 2 présidents devraient aussi parler du référendum d'indépendance du Kurdistan irakien

Le président russe Vladimir Poutine et le président turc Recep Tayyip Erdogan au Palais Konstantinovsky Palace près de Saint-Pétersbourg, le 9 août 2016. (Crédit : Alexander Nemenov/AFP)
Le président russe Vladimir Poutine et le président turc Recep Tayyip Erdogan au Palais Konstantinovsky Palace près de Saint-Pétersbourg, le 9 août 2016. (Crédit : Alexander Nemenov/AFP)

Syrie, Irak et un contrat d’armement qui inquiète l’Occident : le menu est bien rempli pour le président russe Vladimir Poutine qui se rend jeudi en Turquie pour des discussions avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan.

Cette visite d’un jour survient sur fond de réchauffement des relations entre Ankara et Moscou depuis 2016, après une grave crise diplomatique provoquée par la destruction, en novembre 2015, d’un bombardier russe par la chasse turque à la frontière syrienne.

Lors de cette rencontre à Ankara, les deux dirigeants « s’entretiendront des relations bilatérales entre la Turquie et la Russie, ainsi que des questions régionales […], à commencer par la Syrie et l’Irak », a indiqué mercredi la présidence turque.

La Turquie et la Russie, qui soutiennent des camps opposés en Syrie, ont notamment mis leurs divergences de côté ces derniers mois pour tenter de parvenir à un règlement mettant fin au conflit syrien qui a fait des centaines de milliers de morts depuis 2011.

Une affiche géante de Bashar el-Assad et de Vladimir Poutine à Alep, le 9 mars 2017. (Crédit : Joseph Eid/AFP)
Une affiche géante de Bashar el-Assad et de Vladimir Poutine à Alep, le 9 mars 2017. (Crédit : Joseph Eid/AFP)

Moscou et Téhéran, alliés du régime de Damas, et Ankara, qui soutient les rebelles, ont annoncé le 15 septembre à Astana un accord pour déployer ensemble des forces de maintien de l’ordre dans la zone de désescalade d’Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, et dans « certaines parties » des régions de Lattaquié, Hama et Alep.

Selon le Kremlin, Poutine a insisté lors d’un entretien téléphonique avec Erdogan lundi sur le fait que la mise en œuvre des « zones de désescalade » en Syrie était susceptible d’ouvrir la voie à un règlement politique du conflit.

‘Dialogue’

L’autre dossier régional brûlant est le référendum d’indépendance du Kurdistan irakien, auquel Ankara s’est vivement opposé, de peur que la création d’un tel état n’encourage les velléités indépendantistes au sein de l’importante minorité kurde de Turquie.

Le président Erdogan a menacé cette semaine d’imposer des sanctions contre Erbil, affirmant que les Kurdes d’Irak « ne trouver[aient] plus rien à manger, ni de quoi se vêtir. »

Il a notamment évoqué la possibilité de « fermer les vannes » de l’oléoduc qui permet aux autorités kurdes irakiennes d’exporter leur pétrole, via le port turc de Ceyhan.

La Russie, en revanche, qui compte d’importants intérêts économiques au Kurdistan, s’est montrée plus réservée, affirmant considérer « avec respect les aspirations nationales kurdes ».

Moscou considère toutefois « que les disputes entre Bagdad et Erbil doivent être résolues par le dialogue avec l’objectif de trouver une formule de coexistence au sein de l’Etat irakien », a relevé le ministère russe des Affaires étrangères.

Le système de missiles anti-aériens S-400 déployé en Russie. Illustration. (Crédit : Соколрус/CC BY-SA/Wikimedia)
Le système de missiles anti-aériens S-400 déployé en Russie. Illustration. (Crédit : Соколрус/CC BY-SA/Wikimedia)

La visite de Poutine à Ankara intervient en outre deux semaines après l’annonce par Erdogan d’un contrat majeur avec la Russie portant sur l’achat de systèmes de défense antiaérienne S-400.

Cette nouvelle, en plein climat de tensions entre Ankara et plusieurs pays occidentaux, à commencer par les Etats-Unis et l’Allemagne, a suscité l’inquiétude des partenaires de la Turquie au sein de l’Otan.

Erdogan a affirmé qu’un contrat portant sur l’acquisition de S-400 par la Turquie avait été signé et qu’une caution avait été versée, mais la question du financement semble encore à régler.

Le sous-secrétaire d’Etat turc chargé de l’industrie de la défense a d’ailleurs reconnu cette semaine que la livraison des S-400 prendrait au moins deux ans. « Nous sommes en cours de négociation pour accélérer le calendrier », a déclaré Ismail Demir.

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