Préfecture de Paris : cinq interpellations dans l’entourage du tueur
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Préfecture de Paris : cinq interpellations dans l’entourage du tueur

Un imam fiché S, qui officiait dans une salle de prière de Gonesse fréquentée par Mickaël Harpon, fait partie des personnes interpellées ; des perquisitions ont également eu lieu

La police et les pompiers devant la préfecture de Paris après une attaque à l'arme blanche, le 3 octobre 2019. Quatre policiers ont été tués, l'assaillant a été abattu. (Crédit : Martin BUREAU / AFP)
La police et les pompiers devant la préfecture de Paris après une attaque à l'arme blanche, le 3 octobre 2019. Quatre policiers ont été tués, l'assaillant a été abattu. (Crédit : Martin BUREAU / AFP)

Cinq personnes de l’entourage de l’auteur de la tuerie à la préfecture de Paris ont été interpellées lundi matin dans des villes du nord de la région parisienne, a-t-on appris de sources judiciaires et proches de l’enquête.

Ces arrestations et des perquisitions ont eu lieu à Gonesse, Sarcelles et Le Thillay, selon une des sources proches de l’enquête, une dizaine de jours après l’attentat du 3 octobre à la préfecture de police où Mickaël Harpon a tué quatre collègues avant d’être abattu.

L’enquête se poursuit pour tenter de comprendre si l’attentat est le fait d’un coup de folie solitaire sur fonds d’autoradicalisation ou si Mickaël Harpon a bénéficié de complices ou d’inspirateurs.

Cet attentat perpétré au cœur d’un service de sécurité, dans le centre historique de la capitale, a choqué le pays, visé par une vague d’attentats jihadistes sans précédent depuis 2015.

Un imam fiché S (une liste où figurent les personnes jugées menaçantes pour la Sûreté de l’État français), qui officiait dans une salle de prière de Gonesse fréquentée par le tueur, fait partie des personnes interpellées lundi, selon une autre source proche de l’enquête.

Vendredi, le maire de la ville a annoncé que l’association musulmane qui l’employait avait décidé de mettre fin à son contrat et de le mettre à l’écart immédiatement.

Mickaël Harpon, qui vivait à Gonesse, était converti à l’islam depuis une dizaine d’années et fréquentait des membres de la mouvance « islamiste salafiste », avait indiqué le procureur antiterroriste quelques jours après l’attaque.

Informaticien employé depuis 2003 à la préfecture de police, Mickaël Harpon s’occupait de la maintenance à la direction du renseignement (DRPP).

Selon un rapport interne de son service après l’attaque, cet agent administratif avait justifié en 2015 auprès de certains de ses collègues la sanglante attaque perpétrée contre la rédaction de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo sans faire l’objet d’un signalement « formel ».

L’attaque, qui correspond aux mots d’ordres récurrents du groupe État islamique de s’en prendre aux forces de l’ordre, n’a pas été revendiquée.

Sans en revendiquer la paternité, l’EI a mentionné l’attentat jeudi dans sa lettre hebdomadaire de propagande.

L’épouse de Mickaël Harpon, placée en garde à vue le jour des faits, a été remise en liberté, sans poursuites.

Cette femme de 38 ans, souffrant comme son mari de surdité, a assuré aux enquêteurs n’avoir jamais eu connaissance du projet de son époux. Elle a décrit la crise qui l’a agité la nuit précédant l’attaque et dont les voisins, qui l’ont entendu crier à plusieurs reprises « Allah Akbar », ont été les témoins.

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