Quels sont les pays qui ont adopté la définition d’antisémitisme de l’IHRA ?
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Quels sont les pays qui ont adopté la définition d’antisémitisme de l’IHRA ?

25 pays ont adopté la définition d’antisémitisme de l’Alliance internationale pour la mémoire de la Shoah

Le logo de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA).
Le logo de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA).

À ce jour, 25 pays* ont officiellement adopté la définition d’antisémitisme de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA), programme de communication des Nations Unies, selon la dernière mise à jour du site de l’American Jewish Committee.

Sur son site, l’IHRA rappelle également que la définition opérationnelle de l’antisémitisme, non contraignante, a été adoptée par les 34 États membres de l’IHRA le 26 mai 2016.

Néanmoins, parmi ces pays, l’Argentine, seul membre latino-américain de l’IHRA, l’a officiellement adoptée il y a seulement deux semaines.

Le ministère argentin des Affaires étrangères avait alors promis d’utiliser cette définition comme « un outil pour sanctionner et éliminer les comportements et attitudes basés sur l’hostilité et les préjugés, pour renforcer les mesures de prévention et pour approfondir l’éducation au respect de la pluralité ».

La définition, disponible sur le site de l’institution, décrit l’antisémitisme comme « une certaine perception des Juifs, qui peut être exprimée par la haine des Juifs » et qui est « dirigée contre des individus juifs ou non juifs et/ou leurs biens, contre les institutions de la communauté juive et les établissements religieux ».

Elle présente ainsi principalement des exemples de comportements antisémites sans lien avec Israël, comme l’appel à faire du mal aux Juifs ou la négation de la Shoah.

Elle inclut néanmoins aussi « le fait de nier au peuple juif son droit à l’autodétermination… en affirmant que l’existence d’un État d’Israël est une entreprise raciste » et « le fait de comparer la politique israélienne contemporaine à celle des nazis ».

La définition comporte également les points suivants : « Le traitement inégalitaire de l’État d’Israël, à qui l’on demande d’adopter des comportements qui ne sont ni attendus ni exigés de tout autre État démocratique » et « l’idée selon laquelle les Juifs seraient collectivement responsables des actions de l’État d’Israël ».

Ces parties de la définition ont été vivement critiquées ces dernières années, car certains critiques estiment qu’elle étouffe la liberté d’expression et le droit de critiquer Israël. Les organisations et militants pro-palestiniens favorables au boycott d’Israël rejettent ainsi vivement la définition.

En avril, avant l’Argentine, la Serbie avait à son tour adopté la définition.

Cela avait été le cas de l’île de Chypre mais aussi de la Grèce et de la France en fin d’année dernière.

Le texte avait été adopté par les députés français début décembre, par seulement 154 voix pour (des LREM et LR principalement), 72 contre (à gauche), et 43 abstentions.

Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner avait salué avec ce vote « un geste symbolique fort », considérant que « c’est en disant les choses que nous ferons reculer la haine », alors que 107 tombes du cimetière juif de Westhoffen avaient été découvertes peu avant maculées de croix gammées – quelques heures seulement avant le vote.

En février 2019, lors du diner du CRIF, le président français Emmanuel Macron avait abordé la question, constituant un « endossement de la définition » par la France, selon le site gouvernement.fr.

Marine Le Pen, président du Rassemblement national, avait elle annoncé qu’il faut faire « attention à la rédaction » de la résolution sur la lutte contre les « nouvelles formes » d’antisémitisme, parce que la politique d’Israël « doit pouvoir être critiquée ».

« Il est sûr qu’il y a un certain nombre d’antisémites aujourd’hui qui utilisent l’antisionisme pour planquer leur antisémitisme » mais « il ne faudrait pas que ce texte puisse interdire de critiquer Israël », avait déclaré sur BFMTV et RMC la dirigeante d’extrême droite, qui chercherait depuis 2011 à « dédiaboliser » son parti des accusations de racisme et d’antisémitisme.

« L’antisionisme ça veut tout et rien dire. (…) Ça peut remettre en cause l’existence d’Israël et ça peut aussi contester la politique (…) menée parfois par Israël », avait ajouté la présidente du Rassemblement national.

*La liste des pays à avoir adopté la définition est la suivante : Argentine ; Autriche ; Belgique ; Bulgarie ; Canada ; Chypre ; République Tchèque ; France ; Allemagne ; Grèce ; Hongrie ; Israël ; Italie ; Lituanie ; Luxembourg ; Moldavie ; Pays-Bas ; Macédoine du Nord ; Roumanie ; Serbie ; Slovaquie ; Slovénie ; Suède ; Royaume-Uni ; Uruguay

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