Qui sera le prochain chef du Mossad ?
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Qui sera le prochain chef du Mossad ?

Alors que le mandat du dirigeant du Mossad, Tamir Pardo, touche à sa fin, il y a du monde qui se bouscule pour lui succéder

Mitch Ginsburg est le correspondant des questions militaires du Times of Israel

Le chef du Mossad Tamir Pardo au cimetière militaire du Mont Herzl, le 30 avril 2014 (Crédit : David Vaaknini / POOL/ flash 90)
Le chef du Mossad Tamir Pardo au cimetière militaire du Mont Herzl, le 30 avril 2014 (Crédit : David Vaaknini / POOL/ flash 90)

Tandis que le chef du Mossad Tamir Pardo se prépare à rendre le volant de l’agence d’espionnage après cinq ans à sa barre, son successeur devra être en mesure de diriger l’organisation aussi bien dans le territoire inexploré de la surveillance d’un Iran nucléaire et dans les eaux agitées que représentent les efforts de paix dans la région.

Plus tôt cette semaine, Pardo, un agent du Mossad qui s’est élevé à travers les rangs de l’agence et est un initié politique qui a servi comme opérateur radio au défunt Yoni Netanyahu au cours de la mission de sauvetage à Entebbe, a nommé un nouvel adjoint, un nouveau commandant de l’unité des opérations en chef et un nouveau chef des ressources humaines – une femme identifiée comme Y, qui siégeront à l’état-major du Mossad, a indiqué Yisrael Hayom.

Ces agents seront les derniers agents nommés par Pardo avant sa retraite en janvier. Le prochain changement de personnel se fera à la tête. Et pour le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui semble avoir mis un terme au genre d’actions qui couperaient court à la vie de plusieurs scientifiques nucléaires iraniens sur le sol iranien, la nomination intervient à un moment où le Mossad aura probablement deux tâches principales.

Il y aura en premier lieu, la surveillance du programme nucléaire de l’Iran, pour s’assurer, par-dessus tout, que l’Iran, si elle signe un accord avec le P5 + 1 cet été, ne s’écartera pas des engagements de l’accord, peut-être en construisant une installation secrète quelque part dans un pays dont la taille est le triple de la taille de l’Espagne.

Mais, comme le ministère des Affaires étrangères perd de l’influence avec chaque année qui passe, le Mossad pourrait aussi se retrouver à jouer probablement un rôle majeur dans les relations diplomatiques secrètes d’Israël.

Ce n’est pas une tâche inconnue pour l’agence. C’est elle qui a jeté les bases de la paix avec l’Egypte sous Yitzkak Hofi dans les années 1970, ouvrant le chemin du ministre des Affaires étrangères de l’époque, Moshe Dayan, à Rabat et au Caire.

Ces relations secrètes, tel que publié dans les médias non-israéliens, sont gérées par le service Tevel du Mossad qui joue probablement un rôle important dans les liens d’Israël avec l’Arabie saoudite et d’autres pays dans le golfe Persique et en Afrique du Nord, qui, comme Israël, craignent un Iran hégémonique et un État islamique incontrôlable.

La notion d’un accord de paix régional basé sur l’Initiative de paix saoudienne de 2002, bien que peu probable sous Netanyahu, pourrait être également gérée, dans les premières étapes, si ce n’est sur toutes les étapes, par le Mossad.

Le conseiller en sécurité nationale et l'ancien chef adjoint du Mossad, Yossi Cohen, à la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset le 2 Septembre 2014 (Crédit : Noam Revkin Fenton / flash 90)
Le conseiller en sécurité nationale et l’ancien chef adjoint du Mossad, Yossi Cohen, à la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset le 2 Septembre 2014 (Crédit : Noam Revkin Fenton / flash 90)

Le candidat le plus évident pour lutter contre ces menaces et, bien sûr beaucoup d’autres encore, est Yossi Cohen, l’actuel chef du Conseil en sécurité nationale.

Cohen est né à Jérusalem, dans une famille orthodoxe moderne. Ils vivaient à Katamon, non loin de la famille de Netanyahu. Son père, un Israélien de septième génération, était un vétéran de l’Irgoun. Père de quatre enfants, Cohen est diplômé de la yeshiva Or Etzion dirigée par le rabbin Haim Drukman.

AU Mossad, il était le seul élève avec une kippa à la formation pour devenir fonctionnaire chargé d’examiner les cas de l’organisation. En tant que fonctionnaire du Mossad, il était en charge du recrutement et de ma gestion des espions. Il était donc au cœur même de toute entreprise clandestine.

Les informations parlent souvent de petites choses comme des Beretta 0,22 mm et des assassins sur des motos, mais les fonctionnaires chargés d’examiner les affaires sont les moteurs par lesquels l’information des renseignements humains est générée.

Cohen, qui ne porte plus de kippa, s’est élevé à travers les rangs, en devenant le dirigeant du département Tzomet, en charge de tous les agents chargés d’examiner les affaires, et a été chef adjoint du Mossad de 2011 à 2013, quand il a été nommé à la tête du NSC.

Depuis, il s’est montré très actif sur le front de la diplomatie, même s’il devait marcher sur les pieds des autres.

En mai dernier, lors d’une réunion de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, le ministre des Affaires étrangères de l’époque, Avigdor Liberman, a déclaré que le NSC sous Cohen, qui a été appelé dans la presse israélienne sous le nom « le modèle », avant que son nom n’ait été autorisé à la publication, s’impliquait dans la diplomatie d’Israël, « créant une dualité et des contradictions internes », selon un article publié dans Haaretz.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu rencontre le chef d'état-major de l'époque Benny Gantz, le ministre de la Défense Moshe Yaalon, le chef du Shin Bet, Yoram Cohen, le directeur du Mossad Tamir Pardo, et la tête du NSC Yossi Cohen au ministère de la Défense à Tel-Aviv, pour discuter de la disparition des trois adolescents juifs près d'Hébron, en Cisjordanie, le 14 juin 2014 (Crédit : obi Gideon / GPO / Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu rencontre le chef d’état-major de l’époque Benny Gantz, le ministre de la Défense Moshe Yaalon, le chef du Shin Bet, Yoram Cohen, le directeur du Mossad Tamir Pardo, et la tête du NSC Yossi Cohen au ministère de la Défense à Tel-Aviv, pour discuter de la disparition des trois adolescents juifs près d’Hébron, en Cisjordanie, le 14 juin 2014 (Crédit : obi Gideon / GPO / Flash90)

Le premier rival de Cohen pour ce poste est Rami Ben-Barak. Originaire du premier moshav israélien, Nahalal, Ben-Barak, un ancien chef adjoint du Mossad, avant Cohen, est actuellement le directeur général du ministère des Renseignements et des Affaires stratégiques.

Ben-Barak a servi dans l’unité Sayeret Matkal à l’armée et s’est élevé dans les rangs du Mossad par le côté de la technologie des unités opérationnelles du Mossad. Le quotidien Yediot Aharonot a révélé l’an dernier qu’il était l’un des combattants arrêtés dans un pays étranger dans les années 1990.

L’article faisait probablement référence à un incident au cours duquel plusieurs combattants aura, du département Neviot semblerait-il, dont deux femmes, ont été capturés alors qu’ils changeaient les batteries sur un dispositif d’écoute dans un immeuble de résidences. Le groupe a été libéré peu de temps après le procès.

Ben-Barak a ensuite reçu tardivement le commandement de Caesarea, une unité opérationnelle qui travaillerait sur des cibles, ou un ennemi, sur les pays, en suivant les suspects, en éliminant les ennemis, et, occasionnellement, en maintenant le contact avec les combattants du Mossad vivant sous couverture.

Selon une source, Ben-Barak est en pole position pour le poste, mais la décision finale n’a pas encore prise.

L'ancien chef du Commandement Sud de Tsahal Tal Russo, au centre, sur les lieux d'une attaque terroriste près de la frontière israélo-égyptienne (Crédit : Porte-parole de l'IDF / Flash90)
L’ancien chef du Commandement Sud de Tsahal Tal Russo, au centre, sur les lieux d’une attaque terroriste près de la frontière israélo-égyptienne (Crédit : Porte-parole de l’IDF / Flash90)

Dans les 67 ans de l’histoire d’Israël, il y a eu 11 chefs du Mossad : six d’entre eux étaient des officiers de carrière dans le service clandestin et cinq chefs étaient des anciens généraux de l’armée. La sagesse populaire affirme qu’il est bon d’avoir quelqu’un qui de l’agence – à la fois pour le moral de l’organisation et pour la connaissance de l’officier du commerce – mais il est souvent nécessaire de tempérer les penchants du service d’espionnage avec quelqu’un de l’armée.

Dans l’armée israélienne il y a aujourd’hui deux généraux hautement considérés avec peu ou pas de place pour une promotion.

L’un d’eux est le major Général Amir Eshel, l’actuel commandant de l’armée de l’air. Si le lieutenant-général (à la retraire) Dan Halutz, l’ancien commandant de l’armée de l’air, n’avait pas eu de difficultés pour conduire l’armée israélienne au cours de la seconde guerre du Liban, Eshel serait un candidat pour la première place de l’armée.

Aujourd’hui, une promotion de ce genre semble hautement improbable, ce qui est l’une des raisons pour lesquelles le chroniqueur Yoav Limor d’Yisrael Hayom l’a récemment mentionné comme un candidat potentiel pour le poste au Mossad.

Le chef de l'armée de l'air d'Israël, le major général Amir Eshel avec l'ambassadeur Dan Shapiro (Crédit : Yossi Zeliger / Flash90)
Le chef de l’armée de l’air d’Israël, le major général Amir Eshel avec l’ambassadeur Dan Shapiro (Crédit : Yossi Zeliger / Flash90)

L’autre officier que Limor a mentionné était le major Général (à la retraite), Tal Russo, qui dirige aujourd’hui le Depth Corps de l’armée, qui est chargé principalement de planifier et de coordonner les missions des forces spéciales dans les territoires éloignés.

Russo, qui a obtenu son grade d’officier pendant la guerre du Liban, sans être jamais allé à l’école des officiers, a travaillé avec Pardo au cours de la seconde guerre du Liban sur un commandement conjoint des Opérations spéciales.

Il est, sur l’échelle des candidats potentiels, entre le personnage de fiction ressemblant à Efraim Halevy et l’ancien commando Meir Dagan, fermement placé du côté de Dagan dans le spectre.

La décision sera prise dans les prochains mois. Et elle appartient à Netanyahu seul dans la mesure où le Mossad opère sous le commandement direct du bureau du Premier ministre.

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