« Ramadan me parlait toujours des sionistes, des Juifs, du dîner du Crif »
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« Ramadan me parlait toujours des sionistes, des Juifs, du dîner du Crif »

Une femme se présentant comme une victime du prédicateur musulman aujourd'hui incarcéré et accusé de 2 viols explique

Yassine Bouzrou, avocat de Tariq Ramadan, dans un tribunal parisien lors de l'audience de son client sur les allégations de viol, le 2 février 2018. (AFP Photo/Francois Guillot)
Yassine Bouzrou, avocat de Tariq Ramadan, dans un tribunal parisien lors de l'audience de son client sur les allégations de viol, le 2 février 2018. (AFP Photo/Francois Guillot)

Une des deux femmes ayant porté plainte contre le prédicateur musulman Tariq Ramadan, entraînant sa garde à vue suivie de son incarcération s’est confié à Marion Van Renterghem, grand reporter chez Vanity Fair. Ses déclarations laissent entrevoir un homme obnubilé par le « pouvoir des juifs ».

« Ramadan me parlait toujours des sionistes, des Juifs, du dîner du Crif [Conseil représentatif des institutions juives de France], raconte « Christelle » ainsi renommée.

Elle décrit son premier rendez-vous physique, venant conclure une longue relation par téléphone et Skype dans une chambre d’hôtel lyonnaise quelques heures avant une conférence organisée sur le thème « Le vivre-ensemble, l’islamophobie, la Palestine ».

« Coups sur le visage et sur le corps, sodomie forcée, viol avec un objet et humiliations diverses, jusqu’à ce qu’elle se fasse entraîner par les cheveux vers la baignoire et uriner dessus, ainsi qu’elle l’a décrit dans sa plainte, » rapporte Vanity Fair.

En profonde dépression morale et financière suite à un accident de la route qui laisse cette grande sportive sur le carreau, elle tombe dans la « ramadan-sphère » en cherchant du réconfort auprès « des camarades d’infortune croisés au centre d’action sociale ou à la caisse d’allocations familiales ». On lui conseille d’aller « à la librairie Tawhid » qui l’oriente vers la littérature et les cassettes du prédicateur.

« J’ingurgitais tous les jours des paquets de hadiths et les différentes éditions du Coran en boucle, écrites et audio, » explique-t-elle.

Un jour, via Facebook, il prend contact avec elle. Leur relation virtuelle débouche sur ce rendez-vous au Hilton de Lyon le 9 octobre.

Pour Ramadan, raconte « Christelle », « tout était complot ». Il la persuade qu’elle était « espionnée par les RG » : « J’ai fini parano. Les Juifs, “ils”, dirigeaient tout. Pour travailler dans les médias, la politique, le cinéma, il fallait être juif. Il disait que mes malheurs de basanée venaient de là. Il jouait une corde sensible chez moi en évoquant mes ancêtres esclaves : la traite négrière, c’était les Juifs. Les bateaux qui les transportaient, les Juifs. Il m’a rentré cette paranoïa dans le crâne.  ».

Aujourd’hui, Tariq Ramadan est incarcéré en détention provisoire dans l’attente de son jugement. Le prédicateur a fait la demande que cette incarcération soit débattue entre le juge des libertés et de la détention (JLD) et sa défense, précise BFMTV.

« Après une enquête minutieuse de trois mois, une garde à vue de 48 heures, une confrontation avec ma cliente qui a permis de confondre Tariq Ramadan sur certains points, on a franchi une étape importante avec cette double mise en examen », a commenté Me Eric Morain, avocat de « Christelle ».

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