Réactions israéliennes à l’annonce du plan de paix de Trump
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Réactions israéliennes à l’annonce du plan de paix de Trump

Bennett et Shaked affirment que l'accord présente des opportunités et empêcheront la création d'un État palestinien ; la gauche exprime son inquiétude et sa consternation

Le ministre de la Défense Naftali Bennett lors d'une conférence organisée par le journal Makor Rishon au centre de Convention internationale à Jérusalem, le 8 décembre 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre de la Défense Naftali Bennett lors d'une conférence organisée par le journal Makor Rishon au centre de Convention internationale à Jérusalem, le 8 décembre 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Les responsables politiques israéliens de droite ont réagi avec un optimisme prudent à une vague de reportages dans les médias israéliens sur l’annonce de la révélation imminente du plan de l’administration Trump pour résoudre le conflit israélo-palestinien.

Le ministre de la Défense Naftali Bennett a prévenu que son alliance de droite Yamina « ne permettrait pas le transfert de terres aux Arabes ni la création d’un État palestinien ».

« Le président Trump, [Jared] Kushner et l’ambassadeur [David] Friedman sont de vrais amis d’Israël. Il est probable qu’Israël se trouve face à une opportunité historique, assortie de risques importants. Le parti Yamina sera vigilant », a-t-il déclaré dans un communiqué.

Ayelet Shaked du parti Yamina confirme que « d’après le peu que nous savons du plan, il y a des opportunités mais aussi de grands dangers. Nous ne permettrons pas la création d’un État palestinien et ne transformerons pas Jérusalem en » une communauté comme celles qui entourent la bande de Gaza.

La présidente du parti Yamina, Ayelet Shaked, prend la parole lors d’une conférence de la Manufacturers Association à Tel Aviv, le 2 septembre 2019. (Flash90)

Le président du parti HaBayit Hayehudi, Rafi Peretz, abonde dans le même sens.

« Le président Trump et le gouvernement américain actuel sont des partisans d’Israël et l’ont déjà prouvé. Mais à la lumière de la publication de ‘l’accord du siècle’, nous allons dire clairement : nous ne tolérerons pas » d’État palestinien, a écrit Peretz sur Twitter. « Notre foyer national ancestral n’est pas négociable. »

Le chef de l’Union nationale, Bezalel Smotrich, fait lui aussi savoir que « le peu que nous savons de ‘l’accord du siècle’ semble présenter des opportunités, mais aussi de nombreux risques. Nous sommes ici pour maximiser les opportunités et neutraliser les risques. L’une des raisons les plus importantes de mon entrée dans la fonction publique était de protéger la terre d’Israël, de la développer et d’empêcher qu’elle ne se disloque, et ce de toutes mes forces. C’est ce qui nous guide aujourd’hui ».

L’Union nationale et HaBayit HaYehudi ont fusionné avec le parti de HaYamin HaHadash de Bennett pour former l’alliance Yamina en vue des élections de mars. L’alliance s’était déjà présentée ensemble lors du scrutin national de septembre.

Ayelet Shaked, la présidente du parti Yamina, à droite, avec les membres du parti Bezalel Smotrich, ministre des Transports, au centre, et Rafi Peretz, le ministre de l’Education, au quartier général du parti Yamina, lors de la soirée électorale à Ramat gan, le 17 septembre 2019. Photo par Flash90

Les responsables politiques de gauche ont réagi à cette annonce avec inquiétude et consternation.

En ce qui concerne le chef du Parti travailliste Amir Peretz  : « notre position est claire : nous voyons l’importance du rôle des États-Unis en tant que médiateur entre nous et les Palestiniens, mais les mesures unilatérales ont pour résultat d’aggraver l’hostilité et de miner la sécurité ».

« Israël doit déterminer son propre destin, s’écarter du chemin de l’annexion et revenir sur le chemin de la paix », indique Peretz.

Le chef du parti Meretz, Nitzan Horowitz, indique de son côté : « un véritable plan diplomatique n’est pas présenté comme un gadget un mois avant une élection, et certainement pas le jour d’un vote d’immunité. Ce n’est pas la façon de faire avancer la paix, mais la façon de faire avancer la campagne de Bibi », se référant au Premier ministre Benjamin Netanyahu par son surnom.

Netanyahu et le chef du parti Kakhol lavan, Benny Gantz, se rendront à Washington pour discuter de ce plan mardi, le jour même où la Knesset doit voter sur la création de la commission qui examinera la demande d’immunité de Netanyahu contre les accusations de corruption dans trois affaires criminelles.

Les dirigeants du parti Travailliste-Gesher-Meretz, Nitzan Horowitz (G) Amir Peretz (C) Orly Levy-Abekasis, à l’entrée de la commission centrale électorale à la Knesset, le 15 janvier 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)

« La seule voie vers la paix est la négociation directe avec les Palestiniens sur une solution à deux États. Toutes les illusions sur l’annexion repoussent la paix et mettent fin à la vision d’un État juif et démocratique », ajoute Horowitz.

Le Parti travailliste et le Meretz ont annoncé une fusion au début du mois. Le premier avait déjà fusionné avec le parti centriste Gesher avant les élections de septembre.

Ayman Odeh, chef de la Liste arabe unie, composée des partis à majorité arabe, dénonce que « le véritable ‘accord du siècle’ est un Premier ministre accusé de corruption et un président risquant la destitution qui tentent de se sauver mutuellement à l’aide d’une dangereuse manœuvre diplomatique ».

Son co-listier Ahmad Tibi a qualifié le plan d' »ingérence d’une partie étrangère dans une élection israélienne ».

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