Recueillement à la mémoire de Mireille Knoll à Jérusalem
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Recueillement à la mémoire de Mireille Knoll à Jérusalem

Environ 80 personnes, pour bon nombre des juifs d'origine française ayant fait leur alyah, ont exprimé leur émotion suite à l'assassinat de la rescapée de la Shoah

Des Israéliens francophones allument des bougies lors d'un rassemblement à Jérusalem le 28 mars 2018, à la mémoire de Mireille Knoll, une femme juive de 85 ans assassinée chez elle, à Paris (AFP PHOTO / MENAHEM KAHANA)
Des Israéliens francophones allument des bougies lors d'un rassemblement à Jérusalem le 28 mars 2018, à la mémoire de Mireille Knoll, une femme juive de 85 ans assassinée chez elle, à Paris (AFP PHOTO / MENAHEM KAHANA)

Des dizaines de membres de la communauté francophone d’Israël ont allumé mercredi des bougies à la mémoire de Mireille Knoll, une octogénaire juive assassinée en France, et entonné les hymnes israélien et français sur la place de Paris à Jérusalem.

Ils ont aussi fait part de leur inquiétude face aux crimes antisémites en France.

Hommes et femmes de tous âges, mais aussi des enfants, sont venus rendre hommage à Mireille Knoll, « sauvagement brûlée et poignardée à Paris », a dit Sabrina Castro-Moïse, 44 ans, qui a spontanément lancé cet appel au rassemblement sur les réseaux sociaux après avoir été bouleversée par les messages des petites-filles de la victime.

Ceinte d’un drapeau israélien frappé de l’étoile de David, elle dit avoir été bouleversée par les posts des petites-filles de la victime sur les réseaux sociaux, et avoir spontanément appelé au rassemblement.

« Cette femme qui échappe à ses bourreaux alors qu’elle était une enfant et qui tombe sous les coups d’un autre bourreau », cette grand-mère « aurait pu être la mienne », dit-elle.

Environ 80 personnes, pour bon nombre des juifs d’origine française ayant fait le choix de vivre en Israël, ont répondu à son appel sur la place de Paris, au centre de Jérusalem.

Passant du français à l’hébreu, ils ont exprimé leur chagrin, mais aussi leur inquiétude ou leur révolte à voir une femme mourir « parce qu’elle était juive ».

Comme d’autres participants réunis sur cette place du centre de Jérusalem, Sabrina Moïse « adore la France ».

Mais elle s’est émue que « la France ne (soit) plus sûre pour les juifs du fait de l’antisémitisme galopant », a-t-elle lancé, ceinte d’un drapeau israélien frappé de l’étoile de David.

« Je ne sais pas ce qu’on fait pour l’empêcher de galoper (…) Je ne sais même pas si on peut faire quelque chose pour l’empêcher de galoper », a-t-elle ajouté.

En une dizaine d’années, une douzaine de juifs « sont morts (en France) parce qu’ils étaient juifs », a affirmé pour sa part Laly Derai, 42 ans.

« Il n’y a pas un antisémitisme d’Etat, mais un ennemi qu’on ne veut pas nommer, et cet ennemi, c’est l’islamisme radical », a-t-elle dit.

Passant du français à l’hébreu, ils ont exprimé leur chagrin, mais aussi leur inquiétude ou leur révolte à voir une femme mourir « parce qu’elle était juive ».

Deux hommes, dont un voisin familier de Mme Knoll, ont été inculpés et écroués mardi pour « homicide volontaire » à caractère antisémite après la découverte vendredi du corps de Mme Knoll, lardé de onze coups de couteau et en partie carbonisé dans son modeste appartement.

Le choix du départ

« 70 ans après le drame de la déportation et de l’assassinat de ses juifs, la France ne s’est toujours pas libérée de son antisémitisme purulent », éditorialisait dans le quotidien Haaretz le journaliste Sefy Hendler.

A lui et à d’autres n’échappait pas cependant la simultanéité avec les attaques dans le sud de la France. L’assassinat du colonel Arnaud Beltrame, tué par un jihadiste, a suscité les expressions de sympathie en Israël.

« Il y a un véritable problème de l’islamisme radical en France qui touche les juifs, mais pas seulement eux », analyse Emmanuel Navon, universitaire connaisseur de la France.

Si par le passé, il y a eu des tentatives israéliennes de récupération, le gouvernement français, à la différence d’autres gouvernements européens, passe pour « irréprochable » sur l’antisémitisme, dit-il.

Place de Paris, Sabrina Moïse « n’encourage rien ni personne » à quitter la France par crainte de l’antisémitisme. L’Alyah doit être une adhésion, dit-elle, « pas un choix par défaut ».

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