Réouverture d’un cinéma à Gaza le temps d’une soirée, une première en 30 ans
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Réouverture d’un cinéma à Gaza le temps d’une soirée, une première en 30 ans

La projection unique s'est concentrée sur les Palestiniens emprisonnés en Israël ; le Hamas avait accepté cette diffusion

Des Gazaouis pendant la projection de "Dix ans" au cinéma Samer de Gaza Ville, le 26 août 2017. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)
Des Gazaouis pendant la projection de "Dix ans" au cinéma Samer de Gaza Ville, le 26 août 2017. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)

Plusieurs centaines de personnes ont renoué samedi soir avec la magie du grand écran à Gaza, pour la première fois en plus de 30 ans, avec la réouverture, le temps d’une soirée, du cinéma Samer.

Le cinéma, construit en 1944 puis fermé dans les années 1960, a tenu une séance spéciale en projetant un film sur les Palestiniens dans les prisons israéliennes.

Quelque 300 personnes, hommes et femmes, ont assisté à la séance.

« Nous avons besoin de vivre comme des êtres humains, avec des cinémas, des espaces publics, des parcs », a affirmé Jawdat Abou Ramadan, un des spectateurs.

Il n’y a actuellement aucune salle de cinéma ouverte dans l’enclave palestinienne, aux mains du mouvement terroriste Hamas et soumise depuis 10 ans à un blocus terrestre, aérien et maritime d’Israël et de l’Egypte.

L’unique représentation de samedi est « symbolique » des efforts plus larges pour « redonner vie à l’idée du cinéma à Gaza », a déclaré à l’AFP Ghada Salmi, l’une des organisatrices.

Des Gazaouis préparent la projection de "Dix ans" au cinéma Samer de Gaza Ville, le 26 août 2017. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)
Des Gazaouis préparent la projection de « Dix ans » au cinéma Samer de Gaza Ville, le 26 août 2017. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)

D’autres cinémas de la bande de Gaza ont tour à tour fermé dans les années 1980, au cours notamment de la première Intifada, le soulèvement palestinien.

Des islamistes ont par ailleurs été soupçonnés d’avoir mis le feu à l’un des cinémas en 1987.

« Les autres cinémas ont par la suite eu peur de diffuser des films », a affirmé Salmi.

Ironiquement, selon l’historien français Jean-Pierre Filiu, la branche gazaouie des Frères musulmans, dont est issu le Hamas, a tenu sa première conférence au cinéma Samer en 1946.

Le film projeté samedi soir, « Dix ans », raconte l’histoire de détenus palestiniens dans les prisons israéliennes.

La projection a reçu l’accord du Hamas.

« Je ne pense pas qu’il y ait un problème avec le Hamas pour ouvrir un cinéma, dans la mesure où c’est un endroit artistique », a estimé Nermine Ziara, qui joue dans le film.

« Nous, en tant que Palestiniens, avons besoin d’un grand espace pour l’art », a-t-elle indiqué à l’AFP.

En mai, un rare festival de films avait pu se tenir en plein air, au port de la ville de Gaza.

Palestiniens sur le tapis rouge d'un festival de cinéma, sur lequel est inscrit le texte de la déclaration Balfour, à Gaza Ville, le 12 mai 2017. (Crédit : Mohammed Abedi/AFP)
Palestiniens sur le tapis rouge d’un festival de cinéma, sur lequel est inscrit le texte de la déclaration Balfour, à Gaza Ville, le 12 mai 2017. (Crédit : Mohammed Abedi/AFP)
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