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Réouverture d’un cours d’eau populaire trois ans après une pollution mortelle

Le ministère de la Protection de l'environnement et l'Autorité de la nature et des parcs déclarent le ruisseau Ashalim sûr après prélèvement d'échantillons de sol et d'eau

Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.

Un bouquetin mort trouvé le 15 juillet 2017, suite à l'effondrement du mur d'un bassin d'évaporation qui a libéré de l'eau toxique dans le courant de l'Ashalim, dans le sud d'Israël. (Autorité des parcs et de la nature)
Un bouquetin mort trouvé le 15 juillet 2017, suite à l'effondrement du mur d'un bassin d'évaporation qui a libéré de l'eau toxique dans le courant de l'Ashalim, dans le sud d'Israël. (Autorité des parcs et de la nature)

Trois ans après que le mur d’un bassin d’évaporation d’une usine d’engrais dans le sud d’Israël s’est effondré, déversant de l’eau toxique dans le ruisseau Ashalim et tuant la faune et la végétation, le gouvernement a annoncé lundi que le ruisseau est désormais sûr et qu’il sera rouvert au public.

Dans une déclaration commune, le ministère de la Protection de l’environnement et l’Autorité israélienne des parcs et de la nature ont annoncé qu’une étude approfondie avait été réalisée par une société internationale et que des échantillons de sol et d’eau avaient été prélevés ces dernières semaines. Après avoir consulté le ministère de la Santé, les deux organismes ont décidé de rouvrir la zone aux randonneurs.

L’effondrement du mur du bassin d’évaporation de l’usine de Rotem Amfert Negev dans la plaine de Rotem – un centre d’extraction de phosphate dans le désert du Néguev au sud-ouest de la mer Morte – a provoqué l’écoulement de quelque 100 000 mètres cubes (plus de 35 000 tonnes) d’eau acide et d’autres polluants dans le ruisseau Ashalim.

Au moins huit bouquetins – un tiers de ceux qui vivent dans la région – et de nombreux renards et oiseaux ont été retrouvés morts dans les deux semaines qui ont suivi le déversement, selon le ministère de la Protection de l’environnement, qui craignait que les mares toxiques ne tuent davantage d’animaux sauvages cherchant désespérément à boire pendant l’été chaud.

Un employé de l’Autorité israélienne de la nature et des parcs transporte une gazelle morte après un déversement de déchets acides dans le ruisseau Ashalim, le 30 juin 2017. (Mark Katz/Autorité israélienne de la nature et des parcs)

Le ministère de la Protection de l’environnement a interdit à Rotem Amfert d’utiliser trois bassins d’évaporation pour l’écoulement du gypse qui contenait les eaux usées hautement acides et lui a ordonné d’installer des capteurs supplémentaires, de procéder à des tests de surveillance fréquents et de remplir certaines autres conditions. Un mois après le déversement, le ministère a lancé une enquête criminelle contre les dirigeants de l’entreprise et la société mère, Israel Chemicals Ltd. Mais après avoir déposé une plainte civile de 397 millions de shekels (99,25 millions d’euros), l’État a ensuite accepté une médiation extrajudiciaire.

La police verte du ministère de la Protection de l’environnement mène toujours une enquête criminelle sur les causes de l’effondrement du mur et sur la question de savoir si les lois environnementales ont été violées à l’usine.

Rotem Amfert fait également l’objet de la plus grande action collective environnementale de l’histoire d’Israël, qui exige qu’elle et Dead Sea Periclase Ltd versent 1,4 milliard de shekels (350 millions d’euros) de dommages et intérêts pour avoir pollué les eaux souterraines et une source et un ruisseau populaires dans la réserve naturelle de Ein Bokek, près de la mer Morte.

Le ruisseau Ashalim après sa pollution en juin 2017. (Georgi Norkin, Autorité israélienne des parcs et de la nature)

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