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Ron Dermer : Israël pourrait être ouvert à l’enrichissement d’uranium saoudien

Le ministre des Affaires stratégiques a déclaré que Jérusalem "devra examiner ce qui sera finalement convenu" ; Lapid affirme que permettre un tel accord mettrait Israël en danger

Le ministre des Affaires stratégiques, Ron Dermer, arrivant à un événement à la résidence présidentielle, à Jérusalem, le 29 décembre 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre des Affaires stratégiques, Ron Dermer, arrivant à un événement à la résidence présidentielle, à Jérusalem, le 29 décembre 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministre des Affaires stratégiques, Ron Dermer (Likud), un proche du Premier ministre Benjamin Netanyahu, a indiqué qu’Israël pourrait être ouvert à la possibilité d’acquiescer à la demande de l’Arabie saoudite de construire une centrale nucléaire civile, dans le cadre d’un accord de normalisation avec Jérusalem sous l’égide des États-Unis.

Le Bureau de Netanyahu a ensuite publié une mise au point minimisant l’importance de cette information, bien qu’une source proche du Premier ministre ait été citée par les médias israéliens, qui ont réaffirmé qu’Israël « n’excluait pas » l’idée que Ryad enrichisse de l’uranium.

Dans une interview accordée à la chaîne PBS et diffusée vendredi, Dermer a établi une distinction entre la recherche de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques et les armes nucléaires.

« Certains pays de la région peuvent disposer de l’énergie nucléaire à des fins civiles. C’est une autre histoire que celle d’un programme d’armement nucléaire », a déclaré le ministre, qui a rencontré la semaine dernière le secrétaire d’État américain Antony Blinken et d’autres responsables avec une délégation israélienne de haut niveau pour discuter d’un éventuel accord entre Jérusalem et Ryad.

Dans l’interview, Nick Schifrin, de la chaîne PBS, a demandé à Dermer si Israël accepterait que l’Arabie saoudite dispose d’une « capacité nucléaire civile, y compris l’enrichissement » en échange d’une normalisation, ce à quoi il a répondu : « Comme pour beaucoup de choses, le diable est dans les détails, et nous devrons examiner ce qui sera finalement convenu. »

« Les Saoudiens pourraient aller en Chine ou en France demain, et ils pourraient mettre en place – leur demander de mettre en place un programme nucléaire civil et d’autoriser l’enrichissement national. Ils pourraient le faire demain s’ils le voulaient. La question que je me suis posée est donc la suivante : si les États-Unis sont impliqués dans cette affaire, qu’est-ce que cela signifiera dans 10 ans, dans 20 ans, dans 30 ans, et quelle est l’alternative ? Les Saoudiens ont soulevé d’autres questions », a-t-il déclaré.

L’enrichissement local de l’uranium lève plusieurs restrictions sur la voie de la mise au point d’armes nucléaires ou de la militarisation d’un programme nucléaire civil. Les seuls pays du Moyen-Orient qui enrichissent actuellement de l’uranium sont l’Iran et Israël, selon le projet du Wisconsin sur le contrôle des armes nucléaires. Israël maintient une politique d’ambiguïté et n’a jamais confirmé ou nié posséder des armes nucléaires.

Dans son interview, Dermer a également répété la position israélienne de longue date, à savoir qu’il s’opposera à ce qu’un pays de la région se dote d’armes nucléaires, mais il n’est pas revenu sur la question de l’enrichissement en particulier, qui est un élément clé des programmes d’armes nucléaires et la source du différend actuel entre l’Iran et l’Occident.

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken, à gauche, recevant le ministre des Affaires stratégiques Ron Dermer, le 17 août 2023. (Crédit : Secrétaire d’État Blinken, via Twitter)

« Nous n’accepterons aucun programme d’armes nucléaires avec aucun de nos voisins », a déclaré Dermer lors de l’entretien. « La question sera de savoir, lorsqu’il s’agira de définir les détails d’un accord, quelles seront les garanties. Et que se passera-t-il s’ils prennent un autre chemin, s’ils prennent un chemin avec les Chinois ou autre ? Nous devons réfléchir à tout cela. »

Mais, a-t-il ajouté, « ne sous-estimons pas l’impact qu’un accord de paix israélo-saoudien pourrait avoir sur la région et le monde ». Un tel accord inciterait « plusieurs autres pays arabes et musulmans » à le suivre, a déclaré Dremer, avant d’ajouter : « Je pense qu’il s’agit là d’un véritable changement de donne. »

Les commentaires de Dermer ont été condamnés dimanche par le chef de l’opposition, Yaïr Lapid, qui l’a accusé de « mettre en danger la sécurité d’Israël ».

Dans sa déclaration, Lapid a réitéré son opposition à l’idée d’autoriser l’Arabie saoudite à enrichir de l’uranium. « Nous pouvons parvenir à un accord qui renforce notre sécurité nationale sans qu’Israël ne signe une autorisation d’enrichissement d’uranium au Moyen-Orient », a déclaré le chef de l’opposition.

Le Bureau du Premier ministre a publié dimanche un communiqué précisant que « Dermer a déclaré ‘qu’Israël n’a accepté le programme nucléaire d’aucun de ses pays voisins' », ajoutant que « cela était et reste la politique d’Israël » – tout en omettant que le ministre avait spécifiquement fait référence aux armes nucléaires dans cette phrase au cours de l’interview.

Le communiqué ajoute que Netanyahu a signé « quatre accords de paix historiques qui ont renforcé la sécurité et la position d’Israël – et continueront à le faire », en référence aux quatre signataires des Accords d’Abraham de 2020 : les Émirats arabes unis, le Bahreïn, le Maroc et le Soudan.

Cependant, la Treizième chaîne a cité une source anonyme proche de Netanyahu qui semble confirmer le sentiment de Dermer. « Israël ne l’exclut pas, mais veut d’abord savoir quel serait le niveau de contrôle américain d’un tel processus, quel serait le niveau d’implication et quelle serait la politique d’assurance d’Israël, afin de définir une position claire. »

L’Arabie saoudite est co-signataire du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP). Toutefois, le TNP ne mentionne pas l’enrichissement. L’Iran et les États-Unis, entre autres, ont un différend sur la question de savoir si l’Iran, qui est également co-signataire, viole le traité en enrichissant de l’uranium pour ce qu’Israël et de nombreux autres pays et agences considèrent comme un programme clandestin d’armement nucléaire.

La construction d’une nouvelle installation souterraine sur le site nucléaire iranien de Natanz, le 14 avril 2023. (Crédit : Planet Labs PBC/AP)

L’Arabie saoudite aurait posé trois conditions à la signature d’un accord de normalisation avec Israël : l’accès aux technologies de défense américaines avancées, telles que le système de missiles THAAD, l’établissement d’une alliance de défense avec les États-Unis et le feu vert pour développer l’énergie nucléaire à des fins civiles, sous le contrôle et avec le soutien des États-Unis.

Les États-Unis attendent de Ryad qu’il réduise considérablement ses liens économiques et militaires avec la Chine et la Russie et qu’il soutienne la trêve qui a mis fin à la guerre civile au Yémen. L’Arabie saoudite devrait également exiger d’Israël qu’il prenne des mesures significatives en vue de la création d’un État palestinien indépendant, bien que Ryad n’ait pas encore décidé de la nature de ces mesures.

Tout nouveau traité entre les États-Unis et l’Arabie saoudite nécessiterait le soutien des deux tiers du Sénat – une tâche ardue, compte tenu de la réticence des Républicains à donner au président Joe Biden une victoire en matière de politique étrangère et des préoccupations majeures des Démocrates concernant le bilan de Ryad en matière de droits de l’Homme. En 2021, 28 Démocrates du Sénat avaient voté contre un projet de vente d’armes à l’Arabie saoudite, tandis que 22 avaient voté pour.

À la fin du mois dernier, le conseiller à la Sécurité nationale, Tzahi Hanegbi, a déclaré que l’approbation d’Israël pour un programme nucléaire saoudien ne serait pas nécessaire.

« Des dizaines de pays ont des programmes nucléaires civils. Ce n’est pas quelque chose qui les met en danger ou qui met en danger leurs voisins », a déclaré Hanegbi, ajoutant que la question ne concernerait que Washington et Ryad.

En 2020, les Émirats arabes unis, seul pays à majorité arabe doté d’un programme nucléaire opérationnel, avaient ouvert leurs réacteurs dans le cadre d’un programme qui repose sur l’importation d’uranium enrichi. Les Émirats arabes unis s’étaient engagés à ne pas enrichir l’uranium ni à retraiter le combustible usé pour en extraire le plutonium, deux voies d’accès à l’arme atomique.

La centrale nucléaire de Barakah, dans le désert d’Abou Dhabi. (Crédit : Arun Girija/WAM via AP/Dossier)

La Jordanie, qui a signé un accord de paix avec Israël en 1994, cherche également à mettre en place un programme nucléaire civil. Elle a déclaré qu’elle utiliserait de l’uranium extrait localement et envoyé aux États-Unis à des fins d’enrichissement.

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