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Ryad voit des avantages à normaliser ses liens avec Israël, mais moins sans 2 États

Interrogé sur le nucléaire, le ministre saoudien des Affaires étrangères saoudien a déclaré que le royaume préfère le soutien américain, mais note qu'il existe d'autres "offrants"

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Le secrétaire d'État américain Antony Blinken, à gauche, serrant la main du ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan, lors d'une conférence de presse conjointe, à l'hôtel Intercontinental de Ryad, en Arabie saoudite, le 8 juin 2023. (Crédit : Ahmed Yosri/Pool Photo via AP)
Le secrétaire d'État américain Antony Blinken, à gauche, serrant la main du ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan, lors d'une conférence de presse conjointe, à l'hôtel Intercontinental de Ryad, en Arabie saoudite, le 8 juin 2023. (Crédit : Ahmed Yosri/Pool Photo via AP)

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan, a déclaré jeudi que la normalisation des relations entre Ryad et Israël apporterait des avantages significatifs à la région, mais qu’en l’absence d’une solution à deux États au conflit israélo-palestinien, ces avantages seraient limités.

« Nous pensons que la normalisation est dans l’intérêt de la région, qu’elle apporterait des avantages significatifs à tous », a déclaré bin Farhan en réponse à une question lors d’une conférence de presse à Ryad avec le secrétaire d’État américain Antony Blinken, à la suite d’une réunion de la coalition mondiale luttant contre le groupe terroriste État islamique (EI).

« Mais sans trouver un chemin vers la paix pour le peuple palestinien, sans relever ce défi, toute normalisation n’aura que des avantages limités », a-t-il ajouté, sans mentionner Israël nommément. « Par conséquent, je pense que nous devrions continuer à nous concentrer sur la recherche d’une voie vers une solution à deux États, sur la recherche d’une voie pour donner aux Palestiniens la dignité et la justice. Je pense que les États-Unis partagent ce point de vue et estiment qu’il est important de poursuivre ces efforts. »

Cette réponse, de la part d’un responsable saoudien, était pour le moins prévisible. Ryad a longtemps déclaré publiquement qu’il ne normaliserait pas ses relations avec Jérusalem avant la création d’un État palestinien sur les lignes d’avant 1967, même s’ils ont fait preuve de plus de souplesse à huis clos. Toutefois, le fait que bin Farhan admette que la normalisation des liens avec Israël offrirait des « avantages significatifs » semble se démarquer des commentaires précédents.

Si elle est prise au pied de la lettre, l’utilisation de l’expression « voie vers une solution à deux États » indique que Ryad se contenterait qu’Israël prenne des mesures dans ce sens pour que le royaume normalise ses relations avec Israël. Jusqu’à présent, les responsables saoudiens ont déclaré qu’il faudrait parvenir à une solution à deux États avant d’accepter de normaliser les relations avec l’État juif.

Toutefois, bin Farhan a utilisé ce terme en janvier, bien avant que l’administration Biden n’intensifie ses efforts pour négocier un accord de normalisation entre les deux pays.

Le ministre saoudien des Affaires étrangères a également été interrogé jeudi sur la condition posée par son royaume à la normalisation des relations avec Israël, qui a fait l’objet d’une large diffusion : le soutien des États-Unis au programme nucléaire civil qu’il s’efforce de mettre en place.

« Ce n’est un secret pour personne que nous développons notre programme nucléaire civil national et nous préférerions de loin que les États-Unis fassent partie des soumissionnaires « , a déclaré bin Farhan.

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken, à gauche, écoutant une conférence de presse conjointe avec le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan, à l’hôtel Intercontinental de Ryad, en Arabie saoudite, le 8 juin 2023. (Crédit : Ahmed Yosri/Pool Photo via AP)

« Il y a d’autres soumissionnaires, mais il est évident que nous aimerions construire notre programme avec la meilleure technologie au monde », a-t-il ajouté, semblant reconnaître que les États-Unis ont le plus à offrir en termes d’expertise.

Ces derniers mois, l’administration Biden a intensifié ses efforts pour négocier un accord de normalisation entre Israël et l’Arabie saoudite.

L’Arabie saoudite s’est montrée disposée à envisager l’idée, mais demande plusieurs concessions importantes de la part des États-Unis. Outre la coopération sur le programme nucléaire civil, qui serait probablement une source d’appréhension à la fois pour les États-Unis et pour Israël, Ryad attend également des garanties économiques et de sécurité de la part de l’administration Biden, ont déclaré au Times of Israel un haut fonctionnaire américain et un diplomate spécialisé dans le Moyen-Orient.

En outre, l’Arabie saoudite attendra une concession significative envers les Palestiniens afin de consolider tout accord de normalisation, ont déclaré les fonctionnaires.

Pour sa part, Blinken a réitéré lors de la conférence de presse que les États-Unis « soutiennent pleinement l’intégration d’Israël au Moyen-Orient » et qu’ils s’efforcent de renforcer les accords de paix existants qu’Israël a signés avec ses voisins arabes, tout en cherchant à négocier de nouveaux accords. « Cela inclut l’Arabie Saoudite. Je pense qu’il s’agirait d’un pas en avant très important, qui serait certainement une priorité et qui est une priorité pour nous. »

Blinken a confirmé qu’il avait discuté de la question avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salman à Jeddah mardi, mais n’a pas fourni d’autres détails. Le secrétaire d’État a également soulevé la question mercredi lors d’une réunion du Conseil de coopération du Golfe à Ryad. « Nous continuerons à y travailler, à la faire avancer dans les jours, les semaines et les mois à venir. »

Le secrétaire d’État a ajouté que « les droits de l’Homme sont toujours à l’ordre du jour » lors de ses rencontres avec les responsables saoudiens et qu’il avait soulevé des « cas spécifiques », mais il n’a pas précisé si des progrès avaient été réalisés en ce qui concerne la libération de détenus ou la levée de l’interdiction de voyager imposée à des activistes de premier plan.

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken, à gauche, serrant la main du Premier ministre Benjamin Netanyahu, lors d’une conférence de presse, à Jérusalem, le 30 janvier 2023. (Crédit : Debbie Hill/POOL/AFP)

Netanyahu et Blinken parlent relations bilatérales, AI et de Iran

Peu après la conférence de presse, Blinken s’est entretenu au téléphone avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

L’appel était ostensiblement programmé par le bureau de Blinken afin que le secrétaire d’État informe Netanyahu de ses entretiens dans le royaume du Golfe, mais le compte-rendu du Bureau du Premier ministre ne mentionne pas directement la question de la normalisation.

Le département d’État a déclaré que les deux hommes avaient discuté de l’élargissement et de l’approfondissement de l’intégration d’Israël au Moyen-Orient par le biais de la normalisation avec les pays de la région.

Blinken a également évoqué « la nécessité de respecter les engagements pris lors des réunions régionales d’Aqaba et de Charm el-Cheikh et d’éviter les mesures qui compromettent les perspectives d’une solution fondée sur la coexistence de deux États ».

Ces dernières semaines, les Palestiniens ont accusé Israël d’avoir violé ces engagements, qui comprenaient un gel de quatre mois sur la tenue de réunions visant à faire avancer la construction de nouveaux logements dans les implantations et un gel de six mois sur la légalisation de nouveaux avant-postes. Bien qu’Israël soutienne qu’il n’a techniquement fait ni l’un ni l’autre, il a donné son feu vert à la construction à Jérusalem-Est et doit tenir une audience la semaine prochaine pour faire avancer une construction particulièrement controversée dans la zone E1 au cœur de la Cisjordanie et a également transféré illégalement une yeshiva dans le nord de la Cisjordanie pour permettre la légalisation de l’avant-poste de Homesh.

Selon le communiqué israélien, Netanyahu a exprimé sa reconnaissance pour la coopération militaire et en matière de renseignement qu’Israël entretient avec les États-Unis « et qui n’a jamais été aussi importante ».

Il a également remercié Blinken pour les « discussions franches » qui ont eu lieu la semaine dernière à Washington entre les collaborateurs de Netanyahu et les hauts fonctionnaires de l’administration Biden au sujet du dossier nucléaire iranien et de l’élargissement des Accords d’Abraham.

Netanyahu a proposé de promouvoir la coopération israélo-américaine dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA), un sujet qui préoccupe le Premier ministre depuis quelques temps, à la suite de discussions avec le fondateur de ChatGPT, Sam Altman, et le PDG de Twitter, Elon Musk.

Le Premier ministre et Blinken ont longuement parlé de l’Iran. Netanyahu a réitéré sa position selon laquelle l’Iran ne cessera pas d’avancer dans son programme nucléaire, même s’il accepte de relancer l’accord nucléaire (JCPOA) avec les États-Unis, a indiqué son bureau à Blinken.

« Israël ne sera lié par aucun accord avec l’Iran et fera tout pour se défendre. »

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