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La yeshiva de Homesh installée sur des terres appartenant à l’État

Yesh Din précise que le nouvel emplacement "ne permet toujours pas aux propriétaires palestiniens d'accéder à leurs terres"

Jeremy Sharon est le correspondant du Times of Israel chargé des affaires juridiques et des implantations.

Le chef du Conseil régional de Samarie, Yossi Dagan, à droite, fixe une mezuzah à la porte de nouvelle yeshiva de Homesh, le 29 mai 2023. (Crédit : Roi Hadi)
Le chef du Conseil régional de Samarie, Yossi Dagan, à droite, fixe une mezuzah à la porte de nouvelle yeshiva de Homesh, le 29 mai 2023. (Crédit : Roi Hadi)

Un nouveau bâtiment a été construit dans la nuit de dimanche à lundi dans l’avant-poste illégal de Homesh, en Cisjordanie, pour accueillir la yeshiva qui, jusqu’à présent, était installée sur des terres palestiniennes – c’était un objectif de longue date des partisans du mouvement pro-implantation et c’est également une nouvelle avancée dans les efforts de légalisation de l’avant-poste qui sont actuellement livrés par le gouvernement.

Les travaux de construction initiés par le Conseil régional de Samarie avaient commencé la semaine dernière, après la délivrance présumée de permis de construire par le ministre de la Défense Yoav Gallant et par le ministre des Finances Bezalel Smotrich, qui est également ministre subalterne au sein du ministère de la Défense.

Les leaders du mouvement pro-implantations et les ministres du gouvernement ont salué la construction de la yeshiva qui, ont-ils dit, est venue rectifier une vieille injustice. l’implantation de Homesh avait été évacuée en 2005 dans le cadre de la Loi sur le Désengagement.

Mais l’organisation Yesh Din, qui a représenté les propriétaires terriens palestiniens devant les tribunaux lorsque ces derniers réclamaient de pouvoir accéder à leurs parcelles occupées par l’avant-poste, a fait savoir que l’emplacement de la nouvelle yeshiva impliquait que les Palestiniens se trouveraient toujours dans l’incapacité d’aller sur leurs terrains.

Une yeshiva artisanale avait été construite, il y a plusieurs années, sur des terres palestiniennes mais le nouveau bâtiment a été mis en place sur des terres qu’Israël considère comme publiques, avec pour objectif final de légaliser l’avant-poste.

Les Palestiniens du village voisin de Burqa se battent, depuis des années, en faveur de la démolition de la vieille yeshiva qui se dressait sur leurs parcelles. La Haute-cour de Justice avait rendu un jugement en leur faveur – un jugement qui n’avait jamais été mis en œuvre par l’État.

L’avant-poste illégal de Homesh, en Cisjordanie, le 17 novembre 2022. (Crédit : Nasser Ishtayeh/Flash90)

Le gouvernement, aux côtés des activistes de Homesh, espère que l’avant-poste pourra être légalisé, conformément au positionnement adopté par l’État dans son avis le plus récent déposé auprès de la Haute-cour.

Au mois de mars, la Knesset avait approuvé un projet de loi qui révoquait des clauses figurant dans la Loi sur le désengagement qui interdisaient aux Israéliens de vivre à Homesh et dans trois autres implantations du nord de la Cisjordanie, qui avaient été évacuées à l’époque du retrait de Gaza.

Une ordonnance émise par l’armée a depuis levé l’interdiction faite aux Israéliens de résider à Homesh, ouvrant la porte à l’établissement du nouveau bâtiment de la yeshiva.

Selon un communiqué émis par les activistes de Homesh, la yeshiva a été construite pendant la nuit, apparemment à l’aide des murs préfabriqués qui sont souvent utilisés par les partisans du mouvement pro-implantation lorsqu’ils cherchent à établir rapidement un nouvel avant-poste ou une nouvelle structure.

La yeshiva a été installée sur l’une des deux parcelles de terres appartenant à l’État dans le secteur de Homesh – des parcelles qui sont entourées totalement ou partiellement par des terrains appartenant à des Palestiniens.

Le chef du Conseil régional de Samarie, Yossi Dagan, est venu aux premières heures de la matinée de lundi pour fixer une mezuzah à l’entrée du séminaire religieux, disant qu’il s’agissait d’une nouvelle étape dans le renversement de l’évacuation de l’implantation, en 2005.

Le chef du Conseil régional de Samarie, Yossi Dagan, à gauche, visite la nouvelle yeshiva de Homesh, le 29 mai 2023. (Crédit : Roi Hadi)

« C’est un moment historique et nous ne sommes plus qu’à quelques pas de corriger la terrible injustice qu’avait été l’évacuation de Homesh, » a dit Dagan. « Depuis cette expulsion, nous avons travaillé jour et nuit à corriger une injustice qui n’a pas seulement été commise à l’encontre de ceux qui avaient dû partir, mais à l’encontre du peuple tout entier d’Israël ».

Dagan a ajouté que l’évacuation des implantations dans la région ne serait pleinement corrigée qu’après la récupération des trois autres implantations qui avaient été désertées sur ordre du gouvernement — Ganim, Kadim and Sa-Nur.

Des donateurs d’Israël et de la Diaspora ont aidé à concrétiser le projet de yeshiva. Ils ont été remerciés par le directeur du séminaire Shmuel Vandai qui a souligné qu’ils avaient rendu la construction de la yeshiva possible.

Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, chef du parti ultra-nationaliste Otzma Yehudit, a indiqué que l’établissement de la nouvelle yeshiva était « un moment émouvant et historique », et qu’elle signifiait l’adoption d’une politique nouvelle de développement « à travers tout l’État d’Israël ».

Le ministre du Neguev, de la Galilée et le la résilience nationale Yitzhak Wasserlauf, qui appartient également à Otzma Yehudit, s’est aussi réjoui de la construction de la yeshiva, ajoutant que le gouvernement « continuera à œuvrer en faveur de la légalisation des implantations, de leur renforcement et de leur développement ».

Des députés de droite, dont l’ancien président de la Knesset Yuli Edelstein, visitent l’avant-poste illégale de Homesh en 2022. (Crédit : Roi Hadi)

Yesh Din, pour sa part, a dénoncé l’initiative.

« Déplacer la yeshiva de Homesh est un péché qui vient s’ajouter à un crime », a noté l’organisation. « La nouvelle localisation de la yeshiva ne permet toujours pas aux propriétaires palestiniens d’accéder à leurs terres et continue de les expulser de leur territoire ».

« Au lieu d’évacuer immédiatement l’avant-poste, Israël a choisi de récompenser des criminels et des intrus », a déploré Yesh Din.

Le département d’État américain avait critiqué l’adoption de la législation abrogeant les clauses de la Loi sur le Désengagement lorsqu’elle avait été approuvée au mois de mars, et elle avait fustigé la levée, par l’armée, de l’ordonnance militaire interdisant toute présence israélienne à Homesh, la semaine dernière.

Dans sa déclaration faite après l’abrogation des clauses, elle avait estimé que cette initiative était « incompatible avec l’engagement écrit de l’ancien Premier ministre Sharon envers l’administration Bush en 2004 et avec les engagements du gouvernement israélien actuel envers l’administration Biden », en référence probablement aux conférences régionales qui avaient eu lieu au mois de février et au mois de mars et qui avaient été l’occasion, pour l’État juif, d’accepter un moratoire de quatre mois sur les discussions portant sur les nouveaux logements à construire dans les implantations, ainsi qu’un gel de six mois sur les autorisations données aux nouveaux avant-postes.

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