Sans restrictions, les cas de COVID vont grimper en flèche – Experts
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Sans restrictions, les cas de COVID vont grimper en flèche – Experts

Un rapport de l'Université hébraïque prône l'adoption immédiate de nouvelles mesures contre l'épidémie et estime que les vaccins sont à 60-80 % efficaces contre le variant Delta

Des personnes portent le masque à Jérusalem, le 29 juin 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Des personnes portent le masque à Jérusalem, le 29 juin 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Une équipe de l’Université hébraïque a vivement recommandé samedi au gouvernement d’agir sans délai pour contrer une reprise de l’épidémie de COVID-19 dans le pays, prédisant que le nombre de nouveaux cas quotidiens pourrait grimper à 1 000 si aucune directive n’était adoptée.

Les spécialistes ont aussi estimé avec prudence que les vaccins étaient à 60 %-80 % efficaces pour prévenir une contamination face au variant Delta contre 90 % pour les autres souches – même s’ils ont souligné l’efficacité de la vaccination contre les formes graves du coronavirus, une efficacité qui semble être toujours aussi nette.

Les responsables israéliens réfléchiraient actuellement à réimposer certaines restrictions alors que le variant Delta continue à se propager dans le pays. Le cabinet dit « du coronavirus », qui a repris ses activités dans le cadre du nouveau gouvernement, devrait se rencontrer cette semaine pour déterminer les nouvelles initiatives qui pourraient être prises dans le pays.

Le cabinet s’était réuni dimanche dernier pour débattre du renforcement du dépistage au coronavirus et des règles à mettre en place aux frontières de l’État juif, sans nouvelle restriction majeure imposée au public après la réimposition du port du masque dans les espaces clos, vendredi d’avant. Dans un contexte de hausse du nombre de cas, le gouvernement fait la promotion de la vaccination des enfants et des adolescents âgés de 12 à 15 ans, avec plus de 100 000 vaccins qui ont été administrés ces dernières semaines dans cette catégorie d’âge, a fait savoir le ministère de la Santé.

Le nombre de nouveaux cas quotidiens au sein de l’État juif est actuellement d’environ 300 par jour, après des mois où ce chiffre n’avait été que de quelques petites dizaines à la suite d’une campagne de vaccination unique au monde. Selon le ministère de la Santé, 31 personnes se trouvent actuellement dans un état grave – ce qui représente une petite augmentation par rapport aux dernières semaines.

Dans un nouveau rapport diffusé samedi, des experts de l’Université hébraïque ont fait savoir que sans nouvelles restrictions, « nous ne verrons pas de ralentissement et il apparaît qu’il sera difficile d’éviter de remonter à 1 000 nouvelles infections par jour d’ici deux semaines. Nous soulignons que les effets du masque ne se font pas encore ressentir actuellement ».

Les experts ont averti que si le gouvernement devait encore attendre avant de passer à l’action, « il faudra prendre à l’avenir des mesures plus sévères pour obtenir le même résultat ».

Une jeune Israélienne se fait vacciner contre la COVID-19 dans un centre de vaccination de la Clalit à Jérusalem, le 24 juin 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Ils ont recommandé au gouvernement de faire respecter le port du masque à l’intérieur, de principalement s’occuper des populations âgées et vulnérables et de remettre en vigueur le système du « Passeport vert » qui limite l’accès à certains lieux pour les personnes non-vaccinées.

« Les vaccins semblent être moins efficaces dans la prévention des contaminations que par le passé – à 60-80 % environ. Ils l’étaient davantage pour le variant Alpha, et ils prévenaient, dans ce cas, les contaminations à plus de 90 %. À ce stade, il n’y a pas d’étude en Israël sur l’efficacité du vaccin en tant que moyen de prévention contre les formes graves de la maladie mais, dans le monde, il semble que ce pouvoir de protection reste le même que par le passé », a ajouté le rapport de l’Université hébraïque.

Tandis qu’il y a actuellement un nombre insuffisant d’éléments faisant le lien entre la résurgence du coronavirus et une augmentation du nombre de cas graves de la COVID-19 dans la population vaccinée, « des initiatives significatives » doivent être prises pour empêcher un tel scénario, ont ajouté les chercheurs.

Les auteurs de ce rapport sont les chercheurs Yinon Ashkenazi, Michael Asaf, Doron Gazit et Nadav Katz ; l’épidémiologiste Ronit Calderon-Margalit ; le spécialiste des maladies infectieuses Ran Nir-Paz ; et Hilla De-Leon, scientifique à l’université de Toronto.

L’ancien vice-directeur-général du ministère de la Santé, Itamar Grotto, a lui aussi déclaré que le pays devait prendre en considération l’idée de réimposer le « Passeport vert » qui permet aux personnes vaccinées seulement d’accéder à certains lieux et à certaines activités.

« Nous disposons de toutes sortes d’outils dont nous ne disposions pas auparavant – un nombre suffisant de tests et de masques… ainsi que les vaccins. L’imposition de tous ces outils devrait être réfléchie, ainsi que la possibilité de remettre en œuvre le Passeport vert », a commenté Grotto devant les caméras de la Treizième chaîne, samedi.

Le Passeport vert, un programme qui avait été levé en date du 1er juin, permettait aux personnes vaccinées ou en rémission du coronavirus de dîner dans les salles de restaurant et de se rendre à des événements culturels par ailleurs fermés aux non-vaccinés.

Les responsables, selon certaines informations, réfléchiraient à remettre en œuvre cette mesure et d’autres pour tenter de contrer la propagation du coronavirus. Des restrictions sur les rassemblements seraient aussi envisagées.

Si le nombre d’infections semble aujourd’hui s’élever de la même manière que cela avait été le cas lors des vagues précédentes, le nombre d’hospitalisations consécutives à des formes graves de la COVID-19 augmente beaucoup plus lentement.

Photo d’illustration : Une femme montre son Passeport vert à son arrivée au théâtre Khan de Jérusalem, le 23 février 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Ran Balicer, épidémiologiste à la tête du service de la politique de santé de la Clalit, a déclaré que même si le taux des hospitalisations s’élevait plus lentement que prévu, il fallait le suivre de près.

La recrudescence du nombre de cas, qui a été attribuée au variant Delta, qui est très contagieux, a lieu alors qu’Israël vaccine actuellement les adolescents âgés de 12 à 15 ans. 100 000 premières doses avaient été administrées dans la journée de vendredi.

Le Premier ministre Naftali Bennett a appelé les jeunes appartenant à cette catégorie d’âge à se faire immuniser pour éviter les restrictions, et il a noté que « nous ne voulons imposer aucune limitation – ni sur les fêtes, ni sur les voyages, ni sur quoi que ce soit d’autre ».

Il y aurait 1,4 million de doses dans le pays qui expireront à la fin du mois de juillet et Bennett espère pouvoir les utiliser, autant que possible, pour vacciner 300 000 enfants d’ici le 9 juillet – ce qui permettrait d’utiliser la même série de flacons pour administrer la deuxième dose.

Selon un reportage diffusé mercredi soir par la Douzième chaîne, l’État juif aurait été en discussions avancées avec le Royaume-Uni pour fournir des millions de vaccins Pfizer – qui, le cas échéant, auraient été jetés en raison de leur date d’expiration – d’ici quelques jours. En échange, Londres aurait fait parvenir à Israël l’une de ses prochaines livraisons de vaccins Pfizer, à une date ultérieure. Aucun accord n’aurait finalement été conclu mais Jérusalem serait aujourd’hui en contact avec deux autres pays concernant un échange similaire, ont fait savoir les médias vendredi.

Israël avait acheté des millions de vaccins Pfizer et avait été l’un des premiers pays à les recevoir pour une somme dont le montant n’avait pas été révélé. Le pays, qui était alors dirigé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, avait signé un accord, au mois d’avril dernier, visant l’achat de 18 millions de doses – au cas où un rappel s’avère nécessaire.

Le Premier ministre Naftali Bennett à droite, et le ministre de la Santé Nitzan Horowitz, à gauche, dans un centre de vaccination à Holon, le 29 juin 2021. (Crédit : Marc Israel Sellem/POOL/Flash90)

Les chiffres du ministère de la Santé ont fait savoir qu’avec les nouveaux cas de coronavirus confirmés pendant le week-end, le nombre de cas actifs dans le pays s’élevait désormais à 2 455. Les chiffres enregistrés vendredi ont été les plus élevés depuis le 6 avril.

Il y a dimanche 35 Israéliens ayant développé une forme grave de COVID-19 – ce qui représente une légère hausse. Le bilan des décès reste de 6 429. Une seule personne est morte au cours des quinze derniers jours.

Selon le ministère, le taux de positivité qui a été enregistré samedi et vendredi a été de 0,5 % – un pourcentage qui stagne par rapport à ces derniers jours. Plus de 69 000 tests de dépistage ont été réalisés vendredi.

Malgré la hausse des cas, le taux de positivité, ces dernières semaines, est encore largement inférieur du taux de presque 10 % qui avait été enregistré au mois de janvier au cours de la dite « troisième vague » de coronavirus.

Le ministère de la Santé s’attend que le nombre de diagnostics quotidiens de la COVID-19 monte à entre 500 et 600 la semaine prochaine, selon des informations parues mercredi dernier dans les médias.

Selon le ministère, plus de 5,62 millions de personnes – la population du pays est de plus de 9,3 millions de personnes – ont reçu au moins une dose de vaccin. Sur ce chiffre, près de 5,2 millions d’Israéliens ont bénéficié de la deuxième dose.

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