Sarah Halimi: décision le 19 décembre sur l’éventuelle tenue d’un procès
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Sarah Halimi: décision le 19 décembre sur l’éventuelle tenue d’un procès

Les trois examens psychiatriques divergent sur la question de l'abolition ou de l'altération de son discernement

Sarah Halimi. (Crédit : autorisation de la Confédération des Juifs de France et des amis d’Israël)
Sarah Halimi. (Crédit : autorisation de la Confédération des Juifs de France et des amis d’Israël)

La question de la tenue d’un éventuel procès pour le meurtrier de la sexagénaire juive Sarah Halimi sera tranchée le 19 décembre par la cour d’appel de Paris après une audience où les avocats des proches de la victime et le parquet général se sont opposés mercredi.

L’irresponsabilité pénale du suspect, Kobili Traoré, en proie à une bouffée délirante au moment des faits, a été au coeur des débats devant la chambre de l’instruction.

Pour le parquet de Paris et les parties civiles, ce jeune homme a commis en conscience un crime à caractère antisémite et doit être renvoyé devant les assises.

Après plus de deux années d’investigations, les juges d’instruction ont pour leur part considéré en juillet « plausible » l’abolition du discernement au moment des faits et n’ont pas retenu la circonstance aggravante de l’antisémitisme.

De son côté, le parquet général estime qu’il existe des charges suffisantes à l’encontre de M. Traoré pour l’accuser du meurtre à caractère antisémite de Sarah Halimi mais relève qu’il doit être déclaré irresponsable pénalement.

Dans la nuit du 3 au 4 avril 2017 à Paris, il s’était introduit chez sa voisine de 65 ans Lucie Attal – aussi appelée Sarah Halimi – au troisième étage d’un immeuble HLM du quartier populaire de Belleville.

Aux cris d’ « Allah Akbar », entrecoupés d’insultes et de versets du coran, ce jeune musulman de 29 ans l’avait rouée de coups sur son balcon avant de la précipiter dans la cour.

Trois expertises psychiatriques réalisées au cours de l’enquête concordent pour dire que le suspect a agi lors d’une « bouffée délirante » liée à une forte consommation de cannabis. Ces examens divergent cependant sur la question de l’abolition ou de l’altération de son discernement.

Mr Francis Szpiner, avocat des enfants de Mme Halimi, a défendu la tenue d’un procès.

« Je souhaite qu’il y ait une position de principe qui consiste à dire que, lorsque quelqu’un prend une substance illicite, il ne peut pas ensuite se soustraire aux conséquences de ses actes, même s’il y a, au moment des faits, une altération de son discernement », a-t-il martelé.

Présent à l’audience, Kobili Traoré a conclu les débats, reconnaissant que « ce qu'(il a) commis, c’est horrible ». « Je regrette ce que j’ai fait et je présente mes excuses aux parties civiles », a-t-il ajouté.

Son avocat Me Thomas Bidnic a lui aussi soutenu que le discernement de son client était aboli au moment du meurtre.

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