Israël en guerre - Jour 282

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Selon un médecin, 10 ex-otages au moins ont été abusés sexuellement par le Hamas

Hommes et femmes ont été agressés, selon des témoignages qui semblent confirmer les propos tenus lors d'une réunion houleuse entre Netanyahu, les ex-otages et leurs proches

Des terroristes palestiniens rentrant dans la bande de Gaza avec le corps de Shani Louk, citoyenne israélo-allemande assassinée par des terroristes du Hamas lors du festival de musique Supernova, le 7 octobre 2023. (Crédit : Ali Mahmud/AP Photo)
Des terroristes palestiniens rentrant dans la bande de Gaza avec le corps de Shani Louk, citoyenne israélo-allemande assassinée par des terroristes du Hamas lors du festival de musique Supernova, le 7 octobre 2023. (Crédit : Ali Mahmud/AP Photo)

Selon une information de l’Associated Press communiquée mercredi, au moins 10 des civils israéliens libérés par le Hamas, hommes et femmes, ont été agressés sexuellement ou abusés durant leur captivité.

Dans un rapport détaillant des allégations d’abus sexuels graves et généralisés commis par des terroristes du Hamas lors de leur attaque du 7 octobre et après, sur les otages, un médecin qui a pris en charge quelques uns des 110 otages libérés a déclaré à l’AP qu’au moins 10 hommes et femmes avaient été agressés ou abusés sexuellement.

Il n’a pas fourni davantage de détails et s’est exprimé sous couvert d’anonymat afin de protéger l’identité des otages.

Les propos de ce médecin corroborent des récits similaires évoqués lors d’une réunion, mardi. Cette réunion, entre le cabinet de guerre israélien et un groupe composé d’ex-otages et de proches d’otages encore à Gaza, a permis l’expression de témoignages de toute première main de la part de certains ex-otages qui ont évoqué les abus sexuels subis en captivité, ont déclaré les participants.

Aviva Siegel, libérée la semaine dernière et dont le mari, un ressortissant américain, est toujours otage, aurait déclaré au cours de la réunion que certaines des femmes otages étaient « touchées ». D’autres ont déclaré au cours de la réunion que des hommes et des femmes avaient été agressés sexuellement, selon des fuites dans les médias israéliens.

Ronen Tzur, directeur du Forum des otages et des familles des disparus, a déclaré à l’issue de la réunion : « C’était une réunion pour le moins inhabituelle. Les membres du cabinet ont entendu pour la première fois des ex-otages décrire les choses difficiles qui se passent dans les tunnels, y compris les abus sexuels, et dire que les frappes aériennes se déroulent très près de l’endroit où ils et elles sont détenus. »

Ex-otages et proches d’otages toujours détenus à Gaza s’entretiennent avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu et d’autres membres du cabinet de guerre, le 5 décembre 2023. (Crédit : Forum des proches d’otages et des personnes disparues)

En vertu de la trêve d’une semaine qui a expiré vendredi dernier, 105 civils ont été libérés par le Hamas de Gaza : 81 Israéliens, 23 ressortissants thaïlandais et un Philippin. Plus tôt, quatre otages avaient été libérées et une, secourue, et trois corps ont été retrouvés. Israël affirme que le Hamas a eu la possibilité de proroger la trêve, mais qu’il a refusé de libérer toutes les femmes otages, comme l’impliquait l’accord. On pense qu’il reste 138 otages à Gaza, dont une vingtaine de femmes.

Voici quelques-uns des récits de témoins oculaires, qui comprennent des descriptions perturbantes de violences et de cruautés sexuelles graves.

« Ils sont en train de me violer »

Ron Freger s’est enfui du festival de musique Nova lorsque le Hamas a attaqué et il a dit avoir entendu une femme appeler à l’aide. « J’étais allongé dans une fosse (et) j’ai entendu (une fille) crier : ‘Ils me violent, ils me violent !’ », a-t-il déclaré à l’AP.

Quelques minutes plus tard, il a entendu des coups de feu à proximité et je ne l’ai plus entendue, a-t-il dit. « Mon sentiment à ce moment-là, c’est celui d’une impuissance totale. Je suis allongé dans ce trou et je ne peux rien faire. Je n’ai pas d’arme, je n’ai rien, je suis entouré de personnes qui se cachent avec moi et nous sommes complètement impuissants », a raconté le jeune homme de 23 ans originaire de la ville de Netanya, dans le nord d’Israël.

Une photo aérienne montrant le site abandonné du Festival Supernova, près du kibboutz Reim, dans le désert du Negev, qui a été attaqué par des terroristes du Hamas, le 10 octobre 2023. (Crédit : Jack Guez/AFP)

Le mois dernier, le chef de la police israélienne a présenté aux médias étrangers le récit, en vidéo, de la témoin d’un viol survenu lors du festival de musique. Visage flouté, la témoin a a expliqué avoir vu des terroristes violer collectivement une femme allongée au sol. Les hommes l’ont alors relevée – du sang lui coulait le long du dos -, lui ont arraché les cheveux et lui ont coupé les seins, jouant avec pendant qu’ils la violaient. Le dernier homme lui a tiré une balle dans la tête alors qu’il était encore en elle. La femme dans la vidéo dit avoir regardé les terroristes tout en faisant semblant d’être morte.

« Je ne comprenais pas ce que je voyais », a-t-elle dit.

Un médecin de guerre a déclaré à l’AP avoir trouvé une demi-douzaine de corps de femmes et d’hommes présentant des signes d’une possible agression sexuelle dans l’une des communautés attaquées.

Une jeune fille qui avait reçu une balle dans la tête était allongée au sol, les jambes écartées et le pantalon baissé, avec ce qui ressemblait à du sperme dans le bas du dos, a déclaré le médecin s’exprimant sous couvert d’anonymat car son unité était secrète. D’autres corps présentaient d’importants saignements au niveau de l’aine, avec des membres déformés, a-t-il déclaré.

À la base militaire de la Choura, chargée de l’identification des victimes, Shari Mendes, membre de l’unité de réserve de l’armée en charge de l’identification et de la préparation de l’enterrement religieux des femmes soldats, a déclaré que certains corps de femmes étaient arrivés sans beaucoup de vêtements, des parties de pyjama, parfois seulement des sous-vêtements ensanglantés.

Des crimes « répandus »

Sur la base d’informations et d’entretiens obtenus de sources ouvertes, le rapport de Physicians for Human Rights Israël a documenté des incidents survenus lors du festival de musique, dans des maisons autour de la bande de Gaza et dans une base militaire israélienne, tous attaqués par le Hamas.

« Il devient de plus en plus clair que les violences perpétrées contre les femmes, les hommes et les enfants se sont doublées de crimes sexuels et sexistes généralisés », a-t-il déclaré.

Avant la guerre, le Hamas, organisation terroriste islamique dont l’objectif est la destruction d’Israël, n’était pas connu pour son utilisation du viol comme arme, explique Colin P. Clarke, directeur de recherche chez The Soufan Group, société internationale de conseil en renseignement et en sécurité. Il était connuses attentats-suicides et ses fusillades contre des civils et des soldats israéliens.

Un pays comme Israël devrait avoir les moyens de faire de manière systématique des tests rigoureux pour confirmer les cas d’agressions sexuelles, affirme Nidhi Kapur, spécialiste des abus sexuels dans les situations de conflit armé.

« Les tests médico-légaux auraient dû être une priorité pour dresser un tableau complet de l’attaque », explique Kapur, qui a travaillé dans la zone. « Dans un conflit, on s’occupe d’abord des survivants, on ne compte pas les corps. »

Absence de soutien envers les femmes

Lundi, Israël a organisé un événement spécial aux Nations Unies, où l’ancienne secrétaire d’État américaine Hillary Clinton, la sénatrice américaine Kirsten Gillibrand et la haute dirigeante de la technologie Sheryl Sandberg ont, avec d’autres, critiqué ce qu’elles qualifient d’échec mondial à soutenir les femmes agressées sexuellement et, dans certains cas, tuées.

L’ancienne secrétaire d’État Hillary Clinton prend la parole par visioconférence devant une session spéciale de l’ONU consacrée aux violences commises, le 7 octobre, par le Hamas, le 4 décembre 2023. (Autorisation)

Mais certains groupes estiment qu’Israël ne facilite pas l’enquête.

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a déclaré avoir demandé l’accès à Israël et aux territoires palestiniens pour lui permettre de recueillir des informations sur les événements des 7 et 8 octobre et après, mais qu’Israël n’avait pas répondu à sa demande, a déclaré Ravina Shamdasani, porte-parole du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme.

Israël a expliqué que ce service avait des préjugés envers Israël et qu’il ne souhaitait pas, pour cette raison, travailler avec lui. Les responsables israéliens ont déclaré envisager toutes les options pour que des mécanismes internationaux indépendants mènent l’enquête.

Les experts des droits humains affirment que les Nations Unies sont les mieux placées pour mener une enquête juste, digne de foi et impartiale.

« Ces récits sont effroyables et méritent une enquête urgente, approfondie et digne de foi », a déclaré Heather Barr, directrice adjointe de la division Droits des femmes à Human Rights Watch.

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