Israël en guerre - Jour 139

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Le silence mondial face aux viols du Hamas dénoncé par la mission israélienne à l’ONU

Une réunion a visé à sensibiliser aux crimes sexuels survenus pendant le massacre du 7 octobre ; les États-Unis pensent que certaines femmes sont encore otages parce qu'elles pourraient raconter ce qu'elles ont vécu en détention

Des manifestantes rassemblées lors d'un mouvement de protestation "#metoo unless you are a Jew" aux abords du siège des Nations unies à New York City, le 4 décembre 2023. (Crédit : Charly Triballeau/AFP)
Des manifestantes rassemblées lors d'un mouvement de protestation "#metoo unless you are a Jew" aux abords du siège des Nations unies à New York City, le 4 décembre 2023. (Crédit : Charly Triballeau/AFP)

Des centaines de personnes sont rassemblées lundi devant les Nations unies à l’occasion d’une session spéciale chapeautée par la mission permanente d’Israël à l’ONU. Cette session visait à sensibiliser aux crimes sexuels commis contre les femmes des communautés du sud du pays, le 7 octobre, par les hommes armés du Hamas alors que la colère ne fait que s’accroître face au silence perçu de la communauté internationale sur le sujet.

« Le 7 octobre, Israël a connu le massacre le plus brutal depuis la Shoah ; les atrocités perpétrées ont été plus barbares encore que celles de l’État islamique et certains disent même qu’elles ont été plus barbares que ce qu’ont pu faire les nazis », a dit l’ambassadeur israélien aux Nations unies, Gilad Erdan, au début de la session.

« Mais », a-t-il ajouté, « les crimes ne sont pas arrêtés là : le Hamas a utilisé le viol et les violences sexuelles comme armes de guerre. Ces violences n’étaient pas le résultat de décisions impulsives de salir ou de mutiler des jeunes femmes et de les exhiber en les présentant aux regards de tous, ça a été prémédité ».

« Malheureusement, le silence des instances internationales qui disent défendre les femmes est assourdissant », a-t-il regretté.

Face aux preuves croissantes du contraire, le groupe terroriste à la tête de Gaza a affirmé lundi que les accusations de violences sexuelles entraient dans le cadre « d’une campagne sioniste qui promeut des accusations et des mensonges infondés pour diaboliser la résistance palestinienne. »

Erdan, initiateur de cette session spéciale, a expliqué au Times of Israel avoir choisi le siège des Nations unies pour organiser sa session « pour souligner l’hypocrisie et le deux poids, deux mesures d’UN Women et d’autres agences de l’ONU qui ont complètement abandonné les femmes israéliennes agressées par le Hamas ».

« Cela fait trois ans et demi que je représente Israël ici et je n’avais jamais assisté à un tel comportement de la part des agences des Nations unies, un comportement terrible. On discrimine ouvertement les femmes israéliennes », a-t-il déploré.

L’entité des Nations unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, également connue sous le nom d’UN Women, a été très critiquée pour un communiqué du 13 octobre qui plaçait sur un pied d’égalité l’attaque du 7 octobre perpétrée par le Hamas et la riposte militaire israélienne dans la bande de Gaza, tout en omettant de mentionner le nom du groupe terroriste ou d’évoquer les crimes sexuels commis.

Ensuite, à la fin du mois dernier, l’organisation a posté sur Instagram une condamnation « des attaques brutales du Hamas, le 7 octobre » – la supprimant dans la foulée.

Des manifestants aux abords du siège des Nations unies, à New York City, dénoncent le silence perçu de la communauté internationale face aux violences sexuelles commises par les terroristes du Hamas contre des Israéliennes lors du massacre du 7 octobre, le 4 décembre 2023. (Crédit : Carli Fogel)

Le 1er décembre, UN Women a diffusé un autre communiqué qui commençait par exprimer son « profond regret » face à la reprise des opérations israéliennes dans la bande de Gaza, répétant que « les femmes, les Israéliennes, les Palestiniennes et toutes les autres ont droit à la sécurité et à ne pas vivre de violences ».

Le communiqué condamnait « sans équivoque les attaques brutales du Hamas » et s’alarmait « des nombreux récits d’atrocités sexistes et de violences sexuelles » pendant l’assaut.

Erdan a déclaré au Times of Israel qu’il n’était guère impressionné par UN Women qui, selon lui, se prête à « de belles paroles » à l’adresse des Israéliens pour alléger les pressions. Le ministre des Affaires étrangères, Eli Cohen, a pour sa part appelé la directrice-exécutive du groupe, Sima Sami Bahous, à présenter sa démission.

La sénatrice américaine Kirsten Gillibrand (démocrate de New York) s’adresse aux participants lors d’une session spéciale sur les violences sexuelles commises par le Hamas le 7 octobre au siège des Nations unies, à New York, le 4 décembre 2023. (Autorisation)

La sénatrice démocrate Kirsten Gillibrand, une représentante de New York, a pris part à la session de lundi qui a été ouverte par un discours de l’ancienne directrice des opérations de Facebook, Sheryl Sandberg, fondatrice de Lean In, un groupe de défense et de promotion des droits des femmes.

« C’est important que nous donnions une voix aux femmes qui ont été violées et assassinées le 7 octobre et c’est important de dire la vérité à cette tribune, ici et maintenant », a dit Gillibrand. « Quand j’ai vu la liste des organisations de défense des droits des femmes qui n’ont rien dit, j’ai été choquée. Où est la solidarité à l’égard des femmes dans ce monde ? »

« Ces actes horribles commis par le Hamas sont indescriptibles ; j’ai vu beaucoup d’images. Ce niveau absolu de Mal, vous ne pouvez pas l’oublier : il vous hante », a continué Gillibrand. « S’il est difficile de raconter ces histoires, nous devons collectivement nous assurer que le monde est conscient de la nature haineuse, de la nature barbare du Hamas. Nous devons nous assurer que ces faits resteront gravés dans l’Histoire pour toujours. »

Sandberg a estimé que « le silence, c’est la complicité et face au terrorisme, nous ne pouvons pas nous taire ».

« Le 7 octobre, le Hamas a tué brutalement 1 200 âmes et, dans certains cas, ils ont d’abord violé », a-t-elle poursuivi. « Nous le savons grâce à des témoins, grâce aux équipes médicales de l’armée et nous le saurions aussi de la bouche des victimes elles-mêmes si le droit de survivre leur avait été accordé. Elles diraient quelque chose qui ne devrait même pas devoir être rappelé : que le viol ne devrait jamais être utilisé comme arme de guerre, peu importe le drapeau que vous brandissez, peu importe ce pour quoi vous manifestez ».

« Nous avons parcouru beaucoup de chemin pour établir que le viol est un crime contre l’Humanité et pour croire les victimes d’agressions sexuelles. C’est la raison pour laquelle le silence est dangereux ; il menace de défaire un mouvement et des décennies d’avancées », a-t-elle noté.

Des manifestants aux abords du siège des Nations unies, à New York City, dénoncent le silence perçu de la communauté internationale face aux violences sexuelles commises par les terroristes du Hamas contre des Israéliennes lors du massacre du 7 octobre, le 4 décembre 2023. (Crédit : Carli Fogel)

Un rapport qui a été publié le mois dernier par le groupe Médecins par les droits de l’Homme -Israël (PHRI) a présenté les témoignages des personnels du service de secours de la ZAKA sur les nombreuses violences sexuelles qui ont été perpétrées, le 7 octobre, par les hommes armés du Hamas.

Parmi ces témoignages, des corps ligotés ensemble dans une maison du kibboutz Beeri et une femme assassinée dont le pantalon avait été enlevé. Le rapport a aussi cité la vidéo du récit d’un ambulancier appartenant à une unité d’élite de l’armée qui a raconté qu’il avait vu le corps d’une femme à moitié dénudé qui montrait des signes clairs de viol, des signes qu’il détaille dans la séquence.

Un article paru dans le journal britannique Sunday Times a aussi donné des détails épouvantables sur les preuves attestant des atrocités perpétrées sur les femmes israéliennes.

L’unité de la police israélienne qui enquête actuellement sur ces violences sexuelles du 7 octobre a recueilli des milliers de déclarations, de photographies et de vidéos portant sur les crimes du Hamas.

L’ancienne secrétaire d’État Hillary Clinton prend la parole par visioconférence devant une session spéciale de l’ONU consacrée aux violences commises, le 7 octobre, par le Hamas, le 4 décembre 2023. (Autorisation)

L’ancienne secrétaire d’État et candidate à la présidentielle, Hillary Clinton, est intervenue par visioconférence lors de cette session.

« En tant que communauté internationale, nous devons répondre par la condamnation absolue aux violences sexuelles quand elles sont utilisées comme armes de guerre », a dit Clinton. « Le viol en tant qu’arme de guerre est un crime contre l’Humanité. Il est scandaleux que certains qui affirment défendre la justice ferment les yeux et ferment leurs cœurs face aux victimes des violences du Hamas. »

Il est scandaleux que certains qui affirment défendre la justice ferment les yeux et ferment leurs cœurs face aux victimes des violences du Hamas

Le porte-parole du département d’État américain, Matthew Miller, a laissé entendre lundi que le Hamas conservait un certain nombre d’otages – en ce qui concerne les femmes – dans ses geôles parce qu’il ne voulait pas qu’elles témoignent de ce qu’elles ont vécu en captivité.

« Il semble que l’une des raisons pour lesquelles ils ne veulent pas libérer des femmes qu’ils retiennent en otage et que cette pause a volé en éclats, c’est qu’ils ne veulent pas que ces femmes racontent ce qui leur est arrivé pendant leur détention », a déclaré à la presse Matthew Miller, porte-parole du département d’Etat, en réponse à une question posée par un journaliste sur les preuves croissantes de viol et de crimes sexuels perpétrés par les hommes armés, le 7 octobre.

« Il y a très peu de choses dont je pense que le Hamas ne soit pas capable s’agissant du traitement des civils et en particulier du traitement des femmes », a-t-il dit.

 

Les efforts visant à sensibiliser aux crimes sexuels du Hamas semblent avoir inversé la tendance, d’une certaine manière, avec des manifestations en soutien aux femmes israéliennes qui ont eu lieu à Tel Aviv, à Londres, à New York et à Paris et dans d’autres villes du monde entier, en parallèle à la Semaine internationale de sensibilisation pour l’élimination des violences faites aux femmes qui est organisée par les Nations unies.

Lundi également, le groupe activiste Women Building an Alternative a publié un communiqué sur une pleine page du New York Times appelant la communauté internationale à reconnaître les crimes sexuels dont les Israéliennes ont été victimes, le 7 octobre. Des dizaines femmes ont manifesté aux abords de l’ONU.

Scandant « Honte à l’ONU », les manifestantes pro-israéliennes ont brandi des bannières où était écrit « Un viol et un viol », tandis que les intervenantes à la tribune ont interpellé les Nations unies pour leur inaction et leur mauvais traitement des Israéliennes.

Des manifestantes rassemblées lors d’un mouvement de protestation « #metoo unless you are a Jew » aux abords du siège des Nations unies à New York City, le 4 décembre 2023. (Crédit : Charly TRIBALLEAU / AFP)

Une vingtaine de femmes, qui se tenaient les unes à côté des autres, le pantalon maculé de faux sang – certaines étaient seulement en sous-vêtement – se sont placées en première ligne du regroupement pour attirer l’attention sur les violences faites aux femmes par le Hamas.

« Je les appelle les United Nothing [Riens Unis]. Pourquoi c’est à nous de dire à l’ONU de protéger les gens ? », a demandé Hillary Larson, 64 ans, infirmière pédiatrique à New York, lors de la manifestation. « Ils devraient d’abord condamner [le Hamas] à 100 %… puis exiger du Hamas qu’il libère les otages, des innocents qui ont été kidnappés chez eux. »

La foule d’environ 150 personnes a brandi le drapeau israélien en scandant : « Libérez les otages ! ». Une bannière interpellait directement le secrétaire-général de l’ONU : « [Antonio] Guterres, et si le Hamas avait kidnappé votre famille ? »

« Nous sommes ici pour soutenir les femmes israéliennes qui ont été brutalement violées. Elles méritent le soutien des autres femmes. Toute autre attaque contre les femmes serait traitée comme un crime », a affirmé à l’AFP l’ancienne députée Carolyn Maloney, qui a pris la parole à la marche lundi.

Des manifestants aux abords du siège des Nations unies, à New York City, dénoncent le silence perçu de la communauté internationale face aux violences sexuelles commises par les terroristes du Hamas contre des Israéliennes lors du massacre du 7 octobre, le 4 décembre 2023. (Crédit : Carli Fogel)

Des comptes Instagram comme metoounlessurajew et unwomen_forallwomen mènent actuellement des campagnes en ligne – notamment une campagne demandant aux femmes de se photographier, les mains couvrant la bouche.

« Trois cent femmes ont été massacrées deux fois, le 7 octobre », a indiqué une porte-parole du gouvernement israélien Tal Heinrich lors d’une session, lundi. « Une première fois quand le Hamas a commis des actes choquants de violence sexuelle à leur encontre, abusant d’elles, les violant, les mutilant – devant leurs proches dans certains cas et la deuxième fois, quand les terroristes ont tiré ».

« Aujourd’hui, nous avons d’abondants récits faisant part de ces atrocités. Nous ne les laisserons pas être assassinées une troisième fois. Nous ne les négligerons pas ; nous les pleurerons et nous partagerons leurs histoires ».

Erdan a indiqué que « même si c’est bouleversant pour toutes les femmes, nous ne devons pas désespérer. Toutes celles et tous ceux qui se trouvent ici, dans cette pièce, se dressent contre l’immoralité. C’est une source d’inspiration immense qui donne du pouvoir aux femmes partout dans le monde. Même si UN Women décide de conserver le silence, cela ne veut pas dire que le monde suivra. Le monde saura quelle est la vérité. La vérité prévaudra et justice sera rendue ».

L’équipe du Times of Israel et l’AFP ont contribué à cet article.

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