Semaine de l’éducation au mémorial de la Shoah, avec une nouvelle exposition
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Semaine de l’éducation au mémorial de la Shoah, avec une nouvelle exposition

Des débats seront organisés en ligne et une exposition sur les génocides du 20e siècle se tiendra en extérieur, à proximité du mémorial parisien

Le Mémorial de la Shoah, à Paris. (Crédit : CC BY-SA 1.0)
Le Mémorial de la Shoah, à Paris. (Crédit : CC BY-SA 1.0)

Du 21 au 28 mars, le mémorial de la Shoah de Paris organise une semaine d’éducation et d’actions contre le racisme et l’antisémitisme.

Une exposition sur les génocides du 20e siècle sera organisée en extérieur, dans l’Allée des Justes, à proximité du mémorial, à partir du 22 mars – en parallèle de celle organisée au mémorial de la Shoah de Drancy sur le génocide arménien.

« Le génocide est une infraction spécifique du droit pénal international et un concept bien individualisé », écrit le mémorial de Paris au sujet de sa nouvelle exposition. « La spécificité de cette infraction, comme la précision de ce concept, sont soulignés par une approche comparée de trois meurtres de masse perpétrés au XXe siècle, prouvés au-delà d’un doute raisonnable être des génocides. Ce sont, dans un ordre chronologique : la destruction des Arméniens de l’Empire ottoman, des Juifs d’Europe, des Tutsi du Rwanda. Ces génocides sont comparables. L’analyse des similitudes et des différences qu’ils présentent permet de mieux saisir les mécanismes de chacun. »

Le 21 mars, deux rencontres en ligne seront organisées (sur Zoom, avec réservation sur le site du mémorial, et en Facebook live).

La première, « Jeu de miroirs entre islam et judaïsme », aura lieu à 14h. Elle réunira Meier M.Bar-Asher, auteur de l’ouvrage Les Juifs dans le Coran, Hassen Chalghoumi, imam de Drancy, et Mohammad Ali Amir-Moezzi, historien, islamologue et directeur d’études à l’EHESS.

« Depuis près de deux siècles, penseurs et chercheurs s’interrogent sur la présence massive dans le Coran d’éléments appartenant ou issus du judaïsme. Battant en brèche les idées reçues d’un Coran antisémite et d’un islam véhiculant une ‘haine du Juif’, l’ouvrage Les Juifs dans le Coran analyse les points de contact et les frictions entre les deux religions. Un éclairage essentiel pour dépassionner le débat sur la question complexe du rapport de la tradition islamique à la figure du Juif et du judaïsme. »

La seconde, « Les Juifs, les Musulmans, la France : une histoire méconnue », aura lieu à 18h. Elle réunira Ethan B. Katz, auteur de l’ouvrage Juifs et musulmans en France – Le poids de la fraternité, Ghaleb Bencheikh, président de la Fondation de l’islam de France et producteur à France Culture de Questions d’Islam, Sylvie Anne Goldberg, directrice d’études à l’EHESS et au Centre d’études juives (CEJ), et Benjamin Stora, historien et professeur à l’université Paris 13.

« Les relations entre Juifs et Musulmans ne peuvent être circonscrites à leur dimension conflictuelle. Ethan B. Katz porte un regard neuf sur cette histoire en montrant que des fraternités politiques et culturelles ont existé d’abord dans l’espace colonial, puis sur le sol de la métropole. La réduction de ces catégories de français à des identités religieuses et conflictuelles est récente, tandis que la question coloniale a, en premier lieu, créé un fossé progressif entre les deux communautés. »

Les deux rencontres seront animées par Julien Darmon, responsable d’éditions chez Albin Michel et spécialiste des littératures religieuses hébraïques et arabes.

Le 25 mars, à 19h30, un débat sera organisé sur « les théories du complot en temps de pandémie ». Il réunira Antoine Bristielle, doctorant à l’université Grenoble Alpes et membre de la Fondation Jean-Jaurès, Rudy Reichstadt, fondateur de l’Observatoire du conspirationnisme, et sera animé par Tristan Mendès France, spécialiste des cultures numériques et maître de conférences associé à l’université Paris 1.

« Définies depuis 1945, les théories du complot ne cessent de prospérer, propagées à l’échelle planétaire à l’image des maladies nées de la mondialisation des échanges. Chaque nouvel événement qui survient, qu’il concerne la politique, l’économie ou la santé (telle que la COVID-19) peut faire l’objet d’une nouvelle théorie du complot, qu’il est cependant possible de décrypter et donc combattre. »

À l’occasion de cette semaine de l’éducation contre le racisme et l’antisémitisme, le mémorial développera aussi une offre pédagogique auprès des établissements scolaires (primaires, collèges, lycées) avec des ateliers suivis d’échanges et de débats sur des questions comme  « Nous et eux : c’est quoi en fait le racisme », « Les préjugés du quotidien et de l’histoire », « Information, désinformation : usage et bonne pratique des médias » ou encore « La fabrique du complot ».

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