Une exposition sur le génocide arménien au mémorial de la Shoah de Drancy
Rechercher

Une exposition sur le génocide arménien au mémorial de la Shoah de Drancy

L'évènement est organisé à l'occasion du vingtième anniversaire de la loi française du 29 janvier 2001, reconnaissant le génocide arménien, toujours nié par la Turquie

L’évacuation des orphelins arméniens de l’orphelinat américain du Near East Relief à Kharpert, menacé
par les forces kémalistes. (Crédit : Pictures from History / Bridgeman Images / 1922)
L’évacuation des orphelins arméniens de l’orphelinat américain du Near East Relief à Kharpert, menacé par les forces kémalistes. (Crédit : Pictures from History / Bridgeman Images / 1922)

À l’occasion du vingtième anniversaire de la loi française du 29 janvier 2001, reconnaissant le génocide arménien, toujours nié par la Turquie, le Mémorial de la Shoah de Drancy organise une exposition gratuite afin de lutter contre le négationnisme de cet événement précurseur des violences et crimes de masse du XXe siècle.

L’exposition, « Le génocide des Arméniens de l’Empire ottoman », doit ouvrir le 22 mars prochain et durer jusqu’au 11 juillet.

Entre 1 200 000 et 1 500 000 Arméniens ont été assassinés d’avril 1915 à décembre 1916. Interdits de retour en Turquie, les rescapés et leurs descendants sont partis principalement en Russie, aux États-Unis, au Moyen-Orient et en France, formant aujourd’hui une diaspora mondiale.

L’exposition sera articulée autour de quatre thèmes : « Stigmatiser », « Détruire », « Exclure » et « Reconstruire ».

« Le centenaire de 1915 a été un point d’orgue de la recherche avec de multiples conférences, publications, expositions, documentaires, films, etc. en France et dans le monde. Parmi les travaux récents, on peut citer l’enquête de Taner Akçam sur l’authenticité des télégrammes envoyant les ordres de tuer du pouvoir, une remarquable biographie de Talaat Pacha, l’architecte du génocide, par Hans-Lukas Kieser, les ouvrages de Stefan Ihrig qui démontrent la filiation entre l’idéologie des Jeunes-Turcs et celle des nazis, des monographies locales, les nombreux récits de vie des survivants et de leurs descendants qui portent sur la mémoire et sa transmission », explique Claire Mouradian, directrice de recherche émérite au CNRS et co-commissaire de l’exposition. « Des chercheurs turcs en nombre croissant entreprennent de travailler courageusement sur les différents aspects de ce sujet tabou dans leur pays (criminels, spoliations, transmission de la mémoire), sans toujours arrêter l’ardeur des négationnistes. Les reconnaissances officielles des événements de 1915 comme ‘génocide’ contribuent aussi au progrès de la connaissance. C’est le cas, notamment, du Bundestag allemand (2016), du Congrès américain (12 décembre 2019), et du décret français du 11 avril 2019 instaurant le 24 avril comme ‘journée nationale’ de commémoration. »

Une exposition itinérante sera aussi proposée afin de prolonger la sensibilisation des scolaires à ce « crime contre l’humanité et la civilisation ». Le Mémorial de la Shoah de Paris avait organisé une exposition commémorant le centenaire du génocide des Arméniens en 2015.

Complémentaire de cette institution parisienne, le Mémorial de la Shoah de Drancy est un lieu de médiation entre le site de l’ancien camp et le public, un lieu d’histoire et de transmission. Il doit rouvrir dès la fin du confinement en France.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...