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Shai Avital, accusé d’abus sexuels, reste en détention aux Pays-Bas pour le moment

Le tribunal a prolongé la détention de l'agent de mannequins israélien de 2 semaines ; ses avocats se sont plaint que les chefs d'accusations aient été requalifiés de viols

L'agent de mannequins israélien, Shai Avital, posant au centre pour une photo aux côtés de mannequins israéliens lors d'un événement sur un toit à Tel Aviv, le 17 septembre 2017. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90/Dossier)
L'agent de mannequins israélien, Shai Avital, posant au centre pour une photo aux côtés de mannequins israéliens lors d'un événement sur un toit à Tel Aviv, le 17 septembre 2017. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90/Dossier)

Un tribunal néerlandais a décidé lundi que l’agent de mannequins Shai Avital, arrêté à Amsterdam la semaine dernière à la suite de 26 plaintes pour harcèlement sexuel déposées contre lui en Israël, restera en détention pendant encore au moins deux semaines.

Le juge a expliqué que sa décision était nécessaire pour empêcher Avital de fuir le pays. Les procureurs israéliens peuvent désormais entamer officiellement la procédure d’extradition pour le renvoyer en Israël.

Les avocats d’Avital ont déclaré qu’ils feraient appel de la décision. Dans une déclaration, l’une de ses avocates, Shoshi Gaz, a répété devant le tribunal que l’équipe juridique était déconcertée par la gravité des accusations portées contre leur client, notant qu’il était maintenant accusé de viol alors que la demande d’extradition initiale ne mentionnait que des actes indécents.

Sharon Nahari, un autre avocat représentant le suspect, s’est plaint que le juge lui ait interdit l’accès à la salle d’audience.

« Il s’agit d’une grave distorsion de la loi et d’une violation des droits de représentation et à un procès équitable », a-t-il déclaré.

La procédure d’extradition risque de durer un certain temps, car Avital et son équipe juridique se préparent à se battre devant les tribunaux néerlandais.

Selon un reportage de la Treizième chaîne diffusé vendredi, Avital possède un passeport portugais, ce qui fait de lui un citoyen de l’Union européenne. Cela complique les démarches pour le transférer de la garde des autorités des Pays-Bas – un État membre de l’UE – vers Israël.

L’agent israélien Shai Avital s’entretenant avec la Douzième chaîne. (Crédit : Capture d’écran vidéo)

La demande d’extradition adressée par Israël aux autorités néerlandaises se fonde sur deux des 26 plaintes déposées contre lui pour harcèlement sexuel. Toutefois, les responsables de l’application de la loi affirment qu’ils possèdent des preuves solides contre le suspect dans sept incidents, a rapporté vendredi le site d’information Ynet.

L’arrestation aux Pays-Bas jeudi dernier intervient plus d’un an après que la police a émis un premier mandat d’arrêt contre Avital, qui représentait certains des plus grands mannequins du pays.

Un mandat d’arrêt d’Interpol a été émis il y a environ trois mois, à la suite d’une opération de renseignement visant à surveiller ses déplacements entre plusieurs pays européens, selon la police.

Il y a un an, Avital vivait en Hongrie et les autorités israéliennes lui ont demandé de rentrer instamment en Israël où il serait placé en détention et interrogé sur les allégations portées contre lui. Bien que ses avocats aient précédemment déclaré qu’il viendrait en Israël s’il était convoqué, il est resté à l’étranger.

Selon le radiodiffuseur public Kan, Avital a également voyagé entre la Turquie, la France, le Portugal et la Belgique.

La police a ouvert une enquête criminelle sur Avital en juillet de l’année dernière, après que les médias ont rapporté qu’il avait harcelé plusieurs anciennes clientes et collègues.

L’enquête, menée par le service d’enquête du district de police de Tel Aviv, a été ouverte suite à la publication par la Treizième chaine de preuves attestant qu’Avital avait envoyé des des messages d’intimidation à des mannequins – allant jusqu’à des menaces de plainte à la police – pour les dissuader de l’accuser d’abus sexuels.

Dans les SMS publiés, Avital se vante d’avoir des contacts au sein de la police et de ne rien avoir à craindre.

Selon des documents publiés par la Treizième chaine, Avital aurait versé, en 2009, 120 000 shekels au mannequin Israela Avtau après l’avoir agressée sexuellement dans son bureau. L’incident aurait été gardé secret et Avital aurait poursuivi sa carrière d’agent.

Des messages sexuels supposément envoyés par Avital à des femmes, parmi lesquelles des mineures, ont également été diffusés par la Treizième chaine.

Un certain nombre de femmes ont affirmé qu’Avital s’était exhibé devant elles, et l’une d’entre elles a admis avoir eu des relations sexuelles régulières avec lui contre la promesse de participer à une célèbre émission de téléréalité.

D’autres femmes l’ont accusé d’attouchements et de baisers non consentis.

Les accusations portent sur les vingt dernières années.

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