Shai Nitzan fustige les tentatives de « destruction » du système judiciaire
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Shai Nitzan fustige les tentatives de « destruction » du système judiciaire

Le procureur de l’État sortant, dépeint par Netanyahu et ses alliés comme un "gauchiste" affairé à faire partir le Premier ministre, dénonce la "sape" de la "confiance" publique

Le procureur d'Etat Shai Nitzan lors de la conférence du journal Makor Rishon au centre de convention international de Jérusalem, le 8 décembre 2019 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Le procureur d'Etat Shai Nitzan lors de la conférence du journal Makor Rishon au centre de convention international de Jérusalem, le 8 décembre 2019 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Le procureur de l’État sortant, Shai Nitzan, a déclaré dimanche que les récentes critiques du système judiciaire – proférées par le Premier ministre Benjamin Netanyahu et ses soutiens – cherchaient à détruire l’application de la justice dans le pays.

Nitzan, qui s’exprimait lors d’une conférence organisée par le journal Makor Rishon de droite, a expliqué que « les critiques à notre encontre ont pour objectif de détruire le système dans ses fondations ».

Nitzan a été fustigé par Netanyahu et ses alliés pendant toutes les enquêtes sur le Premier ministre dans trois affaires de corruption, en particulier depuis que le procureur général Avichai Mandelblit a annoncé la mise en examen – pour pots-de-vin, abus de confiance et fraude – du chef de gouvernement israélien.

Le procureur de l’État a indiqué que lui et d’autres hauts responsables subissaient des « attaques personnelles quotidiennes ».

Les appels à « enquêter sur les enquêteurs » et même à emprisonner des officiels du système judiciaire sont « l’apogée, à ce jour, de longs efforts visant à saper la confiance du public dans la justice en général et dans ses hauts responsables en particulier ».

Il a ajouté que « ces critiques ne sont pas constructives ; ces critiques visent à détruire ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu préside une réunion du cabinet à Jérusalem, le 13 novembre 2019. (Ronen Zvulun/Pool/AFP)

Des critiques tels que le ministre de la Justice Amir Ohana, qui a récemment été nommé par Netanyahu, ont clamé qu’ils ne souhaitaient pas détruire le système, mais seulement pointer du doigt les problèmes et les biais inhérents à ce dernier.

Des affirmations que Nitzan a rejetées. « Il n’y a pas de lien entre la critique pertinente – qui a toujours eu et aura toujours sa place – et les accusations lancées récemment contre le système judiciaire », a-t-il dit. De vraies réformes ne peuvent en aucun cas s’effectuer par le biais de la « calomnie et du dénigrement », a-t-il ajouté.

Nitzan a été dépeint par les proches du Premier ministre – sans preuves – comme un militant de gauche motivé par son désir de voir Netanyahu quitter son poste, utilisant pour cela des moyens illégitimes. Immédiatement après l’annonce officielle de sa mise en examen, Netanyahu a dénoncé « une tentative de coup d’État » à son encontre.

Netanyahu a évité de dire que Mandelblit lui-même était motivé par un agenda de gauche (Mandelblit, un religieux, a été nommé par le Premier ministre et il a été, dans sa carrière, secrétaire de cabinet dans un gouvernement dirigé par le Likud). Il a plutôt cherché à le dépeindre comme faible, succombant aux pressions intenses des procureurs placés sous sa direction – ce que l’intéressé a rejeté avec force.

Nitzan — ainsi que Mandelblit et la principale procureure dans les trois affaires, Liat Ben-Ari — bénéficient d’une protection policière renforcée depuis un an en raison des menaces proférées par les partisans du Premier ministre.

« Attribuer une intention malveillante aux décisions que nous avons prises dans les affaires du Premier ministre est totalement infondé », a poursuivi Nitzan, « et pourrait bien entraîner la destruction des fondations de notre maison ».

Le procureur général Avichai Mandelblit et le ministre de la Justice Amir Ohana à Tel Aviv, le 3 septembre 2019. (Crédit ; Tomer Neuberg/Flash90)

Prétendre qu’il y a eu une tentative de coup d’État est « ridicule », a-t-il poursuivi, ajoutant que « j’ai consacré plus de la moitié de ma vie au service public. Au cours des dernières décennies, il n’y a pas eu de procureur de l’État ayant représenté avec plus de fidélité le positionnement de l’État que je ne l’ai fait ».

Mandelblit s’est, lui aussi, récemment exprimé avec ferveur contre les propos du Premier ministre.

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