Sharren Haskel, 4e députée à voter Saar aux primaires du Likud
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Sharren Haskel, 4e députée à voter Saar aux primaires du Likud

Le soutien en faveur du challenger de Netanyahu s'accroît ; Haim Katz, un poids lourd du Likud, devrait aussi le soutenir ; Erdan, Edelstein n'endosseraient aucune candidature

La députée du Likud Sharren Haskel à la Knesset, le 28 décembre 2017 (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
La députée du Likud Sharren Haskel à la Knesset, le 28 décembre 2017 (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

La députée du Likud Sharren Haskel a indiqué, dimanche, qu’elle soutiendrait Gideon Saar, le seul challenger du Premier ministre Benjamin Netanyahu lors des prochaines primaires du parti du Likud, devenant ainsi la quatrième députée du parti à appuyer ouvertement sa candidature.

La majorité des parlementaires du Likud ont annoncé soutenir Netanyahu, tandis que certains ont, pour leur part, conservé le silence.

Le Likud a confirmé jeudi que les primaires auraient bien lieu le 26 décembre. Malgré les défections et les enquêtes dont il fait l’objet, Netanyahu devrait facilement l’emporter sur Saar.

Haskel a rencontré Netanyahu dans la journée de dimanche pour une discussion « à cœur ouvert », a-t-elle déclaré, au cours de laquelle elle a informé le Premier ministre de son intention d’appuyer Saar.

« Cette décision n’a pas été facile pour moi car j’admire grandement le Premier ministre », a-t-elle écrit dans une publication sur sa page Facebook. « D’un autre côté, en un an, nous avons connu une crise gouvernementale grave et une troisième élection après deux opportunités données au Likud de former un gouvernement. Et le parti a échoué à deux reprises », a expliqué Haskel.

Le député Likud Gideon Saar, lors d’un événement à Hod Hasharon, le 25 novembre 2019. (Yossi Zeliger/Flash90)

« Je pense que Gideon Saar sera en capacité de maintenir le Likud dans un rôle de parti au pouvoir. Gideon Saar incarne les principes du Likud, le parti national-libéral, avec fidélité et je vois en lui un partenaire en ce qui concerne les valeurs nationales et libérales pour lesquelles j’ai été élue à la Knesset et que je suis bien décidée à défendre », a-t-elle écrit. « Je suis sûre que Gideon Saar réussira à sortir le pays de la crise et de la paralysie politique dans lesquelles nous nous trouvons ».

Elle a ajouté que les primaires étaient un signe que le parti demeurait démocratique, précisant avoir subi de fortes pressions et reçu des menaces « d’élimination politique », apparemment de la part de partisans de Netanyahu.

Dimanche, la députée du Likud, Etty Atia, a également fait savoir qu’elle soutiendrait Saar, rejoignant Yoav Kisch et Michal Shir, un ex-conseiller de Saar, qui sont les seuls députés à avoir publiquement fait part de leur soutien au rival de Netanyahu.

Le député du Likud Haim Katz devrait faire savoir qu’il soutient aussi Saar mais il n’en a pas encore fait l’annonce officielle.

Katz est considéré comme un poids lourd au sein du parti. Il préside la commission centrale de la formation et exerce une certaine emprise sur les électeurs du Likud issus de l’Israel Aerospace Industries (IAI), ayant tenu la barre de son puissant syndicat plus de 20 ans. L’IAI, la plus importante entreprise de l’Etat d’Israël, emploie environ 16 000 personnes et elle est considérée comme un bastion du Likud, étroitement alignée sur la pensée de Katz.

Le ministre des Affaires sociales Haim Katz prend la parole lors d’une réunion de la commission des finances à la Knesset le 5 mars 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)

Saar devrait organiser une réunion pour sa campagne lundi et Katz devrait y assister, selon le site d’information Walla.

Les membres du Likud Gilad Erdan et Yuli Edelstein prévoiraient pour leur part de ne pas appuyer publiquement un candidat lors du vote, ont indiqué la Douzième et la Treizième chaîne dimanche soir, sans citer de sources.

Erdan, ministre de la Sécurité intérieure, et Edelstein, président de la Knesset, songeraient à s’abstenir en raison d’inquiétudes liées à leur position dans le parti en cas de victoire de Saar. Les deux hommes se considèrent comme des successeurs potentiels de Netanyahu mais ne sont pas encore prêts à le défier ouvertement.

Erdan a rencontré séparément Netanyahu et Saar, la semaine dernière, et les deux candidats lui ont demandé son soutien, a précisé la Douzième chaîne.

Ces primaires sont le premier véritable défi lancé à Netanyahu qui est à la tête du Likud depuis 14 ans. Lui et Saar sont les seuls concurrents à avoir annoncé qu’ils se présenteraient au vote.

Saar clame que Netanyahu est un facteur de division et qu’il a prouvé qu’il n’était pas en mesure de rassembler une coalition après avoir échoué par deux fois à bâtir une coalition après deux élections nationales.

De nombreux membres du Likud ont critiqué Saar pour avoir ouvertement remis en cause le leadership de Netanyahu, certains l’accusant même de « trahison ».

Le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan s’exprime lors de la conférence diplomatique du Jerusalem Post à l’hôtel Waldorf-Astoria de Jérusalem, le 21 novembre 2018 (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Lors d’un sommet de la commission centrale du Likud, le 8 décembre, auquel ont assisté environ 800 personnes, Saar a reçu un accueil divisé entre ses propres partisans et ceux de Netanyahu.

La Knesset s’est dissoute mercredi dans la nuit, entraînant automatiquement l’organisation d’un troisième scrutin national en moins d’un an. Le parlement israélien a fixé la date du scrutin au 2 mars.

La formation du Likud n’a eu que quatre dirigeants depuis sa création, – la loyauté à l’égard de son chef est considérée comme étant très importante. C’est pourquoi Saar tente de convaincre ses membres que le renouvellement de leur chef s’avère absolument nécessaire, soulignant l’incapacité du Premier ministre à former une coalition.

Netanyahu est mis en examen dans trois dossiers de corruption, notamment pour pots-de-vin, fraude et abus de confiance. Kakhol lavan, le plus grand parti rival du Likud, a clairement établi qu’il refuserait de servir aux côtés d’un Premier ministre faisant l’objet de plusieurs inculpations.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lors de la conférence du journal israélien « Makor Rishon » au centre de convention international de Jérusalem, le 8 décembre 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Interrogé par le Times of Israel la semaine dernière, Saar a indiqué que les sondages internes montraient qu’il n’était « pas loin derrière » Netanyahu, « et ce, même avant que la course n’ait réellement commencé ».

Par ailleurs, la commission centrale électorale a rejeté dimanche une requête de Saar visant à bloquer la diffusion à la télévision d’un reportage de la Douzième chaîne en quatre parties consacré à la longue carrière de Netanyahu. Selon Saar, cela constituerait une certaine forme de campagne politique en faveur de Netanyahu, offrant à ce dernier un avantage inéquitable.

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