Shin Bet : les actes terroristes ont triplé en décembre
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Shin Bet : les actes terroristes ont triplé en décembre

Les chiffres publiés par le service de sécurité intérieure font état de 249 incidents le mois dernier, la plupart d'entre eux étant des cocktails Molotov, contre 84 en novembre

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Les policiers ont fermé la zone autour de la gare routière centrale de Jérusalem, après qu'un terroriste palestinien ait poignardé un vigile, le 10 décembre 2017 (Yonatan Sindel / Flash90)
Les policiers ont fermé la zone autour de la gare routière centrale de Jérusalem, après qu'un terroriste palestinien ait poignardé un vigile, le 10 décembre 2017 (Yonatan Sindel / Flash90)

Le nombre d’incidents sécuritaires en Israël et en Cisjordanie a triplé après la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par le président américain Donald Trump , selon de nouvelles statistiques publiées par le service de sécurité du Shin Bet.

La déclaration du 6 décembre de Trump concernant Jérusalem a suscité de violentes manifestations palestiniennes en Cisjordanie et le long de la frontière de Gaza.

En décembre, il y a eu 249 attaques terroristes en Cisjordanie, dans la bande de Gaza et en Israël, contre 84 en novembre et 71 en octobre, selon les statistiques du Shin Bet, publiées cette semaine.

Un Palestinien, portant une ceinture d’explosifs présumée, est emmené dans une ambulance après qu’il a poignardé un soldat, recevant des balles en retour, dans la ville d’al-Bireh en Cisjordanie, le 15 décembre 2017 (Crédit : Oren Ziv/AFP)

Deux attaques au couteau ont marqué ces incidents. À la gare routière de Jérusalem, un agent de sécurité a été poignardé au cœur et grièvement blessé.  Lors d’une violente manifestation en périphérie de Ramallah, un homme semblait porter un gilet d’explosifs — qui se sont avérés factices — a poignardé un agent de la police des frontières à l’épaule, le blessant modérément.

Dans son rapport mensuel, le service de sécurité n’a pas associé l’augmentation des incidents à l’annonce de Trump ni à tout autre facteur ou motivation. Or, le mois dernier, le chef du Shin Bet, Nadav Argaman a affirmé que la reconnaissance de Trump avait contribué aux troubles en Cisjordanie.

S’adressant à la puissante commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, il a prédit qu’ « une période très instable pour les six prochains mois au moins » se profilait.

L’attaquant de Ramallah a succombé à ses blessures, et de ce fait, on ignore ce qui a motivé son attaque. Mais le terroriste palestinien qui a poignardé l’agent de sécurité à Jérusalem a expliqué aux enquêteurs qu’il avait décidé de passer à l’acte après avoir entendu l’annonce de Trump.

Le chef de l’agence de sécurité du Shin Bet, Nadav Argaman, (d), prend la parole devant la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, présidée par le député du Likud Avi Dichter, (g), le 24 décembre 2017. (Crédit : capture d’écran)

Selon le service de sécurité, la grande majorité des attaques de décembre — 219 d’entre elles — étaient des bombes incendiaires. Au mois de novembre, 72 des 84 attaques enregistrées étaient des jets de cocktails Molotov sur les forces de sécurité israéliennes et les civils.

En décembre, des attaques au couteau, des fusillades, des explosions d’engins artisanaux et, dans le cas de Gaza, des tirs de roquettes et de mortiers ont été recensés.

Le Shin Bet a noté une augmentation significative du nombre d’attaques en décembre par rapport au mois de novembre en Cisjordanie (qui sont passées de 53 à 178), dans la bande de Gaza (1 à 15) et à Jérusalem (29 à 56), mais pas dans le reste d’Israël dans les frontières de 1967, où l’on observe une baisse du nombre d’attaques (1 à 0).

Les chiffres des services de sécurité intérieure ne correspondaient pas à ceux publiés par l’armée pour 2017, qui révèle que 99 attaques terroristes ont eu lieu au total l’année dernière. Cela peut s’expliquer par le fait que le Shin Bet inclut des incidents considérés comme plus mineurs, comme les jets de cocktails Molotov, dans ses statistiques mensuelles, ce que ne fait pas l’armée.

Le Shin Bet inclut également dans ses chiffres des attaques terroristes qui ont lieu à l’intérieur de Jérusalem, contrairement à l’armée, car les responsabilités anti-terroristes de l’armée se terminent effectivement à la frontière de la Cisjordanie, dite la « Ligne verte ».

Les statistiques de l’armée, publiées dimanche, ont montré une baisse substantielle du nombre d’attaques terroristes en Cisjordanie. Parallèlement, on observe une forte augmentation du nombre de tirs de roquettes depuis Gaza d’année en année.

Le bilan annuel de l’armée montre également une augmentation significative des arrestations de suspects palestiniens. On ne sait pas si les inculpations et les condamnations ont augmenté en proportion.

L’armée a indiqué que 35 projectiles avaient été tirés depuis la bande de Gaza sur Israël au cours de l’année 2017, soit presque autant que les deux années précédentes cumulées (15 en 2016 et 21 en 2015).

Les policiers ont localisé une roquette tirée de la bande de Gaza et qui est tombé dans le sud d’Israël le 17 décembre 2017 (Crédit : Police d’Israël)

Selon les statistiques du Shin Bet, 19 de ces 35 roquettes et obus de mortier ont été tirés au cours du mois de décembre.

L’armée a déclaré que le nombre total d’attaques terroristes importantes en Cisjordanie a chuté à 99 en 2017, passant de 269 en 2016 et 226 en 2015. Ces chiffres s’inscrivaient dans le vagues d’attaques au couteau et d’attaques à la voiture bélier, qui avaient commencé en octobre 2015 et duré plusieurs mois.

Photo de la voiture impliquée dans un attentat terroriste présumé lundi près du carrefour Gush Etzion en Cisjordanie, au sud de Jérusalem (Autorisation: Magen David Adom)

Les violences ont persisté, de façon plus ponctuelle, notamment avec une attaque au camion bélier à Jérusalem, au cours de laquelle quatre soldats ont été tués lors d’une tournée éducative en janvier et une attaque au couteau dans l’implantation de Halamish en juillet où trois membres d’une même famille ont été tués.

Plusieurs périodes de tension accrue se sont également fait ressentir, notamment après la reconnaissance américaine de Jérusalem et durant les manifestations en réaction à la décision israélienne d’installer des détecteurs de métaux et d’autres dispositifs de sécurité aux entrées du mont du Temple après à une attaque terroriste mortelle, en juillet 2017.

L’armée a déclaré que le nombre d’Israéliens blessés dans des attentats terroristes est passé de 263 en 2016 à 169 en 2017. Cependant, le nombre de personnes tuées dans des attaques terroristes est passé à 20 en 2017 alors qu’il s’élevait à 17 l’année précédente.

La baisse du nombre d’attentats terroristes en Cisjordanie s’est accompagnée d’une augmentation de 15 % du nombre d’arrestations, passant de 3 143 en 2016 à 3 617 en 2017.

Démolition de la maison d’Omar al-Abed, 19 ans, auteur d’une attaque au couteau qui a tué trois personnes dans l’implantation d’Halamish le 21 juillet, dans le village de Kobar, en Cisjordanie, le 16 août 2017. (Crédit : unité des porte-paroles de l’armée israélienne)

L’ONG de défense des droits de l’Homme B’Tselem a également signalé que les forces de sécurité israéliennes avaient démoli 105 maisons palestiniennes en 2017, dont sept pour punir une famille dont un membre avait commis une attaque terroriste. Les 98 autre maisons ont été démolies car elles avaient été construites sans permis.

L’armée a également saisi plus de 10 millions de shekels (2,91 millions de dollars) soupçonnés d’être des fonds destinés à financer des activités terroristes, selon l’armée.

Des soldats ont fermé 42 ateliers qui auraient été utilisés pour fabriquer des armes à feu et saisi 455 armes détenues illégalement par des Palestiniens.

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