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Shtayyeh au sujet du consulat : Washington n’a « pas besoin » du feu vert d’Israël

Le Premier ministre de l'Autorité palestinienne a par ailleurs réclamé une aide financière à l'administration pour combler son déficit de 1,36 milliard de dollars

Mohammad Shtayyeh, en juin 2011. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Mohammad Shtayyeh, en juin 2011. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Les Etats-Unis « n’ont pas besoin de la permission » d’Israël pour rouvrir leur consulat pour les Palestiniens à Jérusalem, a soutenu mercredi le Premier ministre de l’Autorité palestinienne (AP) Mohammed Shtayyeh appelant Washington à imposer des sanctions contre les implantations et à juguler le déficit de son administration.

Le président américain, Joe Biden, s’était engagé ces derniers mois à rouvrir le consulat pour les Palestiniens à Jérusalem, fermé sous Donald Trump, qui avait aussi reconnu la ville sainte comme la capitale uniquement d’Israël, au grand dam des Palestiniens.

Les Palestiniens souhaitent faire de Jérusalem-Est, la capitale de l’Etat auquel ils aspirent, tandis que l’Etat hébreu a décrété la ville « une et indivisible ».

Au cours du week-end, Israël s’est catégoriquement opposé à la réouverture à Jérusalem du consulat américain auprès des Palestiniens. L’Etat hébreu suggère plutôt aux Américains d’ouvrir ce consulat à Ramallah, siège actuel de l’Autorité palestinienne en Cisjordanie.

« Ramallah n’est pas Jérusalem, Ramallah n’est pas la capitale de la Palestine (…) Pour nous la réouverture du consulat à Jérusalem-Est a une grande signification politique », a rétorqué mercredi M. Shtayyeh.

« Nous voulons que ce consulat à Jérusalem soit la future ambassade des Etats-Unis pour l’Etat de Palestine », a-t-il encore dit lors d’une rencontre avec la presse étrangère à Ramallah.

« Je suis certain que les Etats-Unis n’ont pas besoin de la permission de qui que ce soit, car Jérusalem-Est est un territoire occupé (…) Nous avons bon espoir que (l’administration Biden) va respecter sa promesse », a ajouté M. Shtayyeh.

Il a par ailleurs appelé Washington, premier soutien d’Israël, à imposer des sanctions contre les produits issus des implantations, où vivent plus de 675 000 Israéliens à Jérusalem-Est et en Cisjordanie.

Il a à cet effet évoqué le cas de la société privée israélienne NSO, créatrice du logiciel espion Pegasus, placée la semaine dernière sur la liste noire américaine des compagnies menaçant la sécurité d’Etat.

« Si l’administration américaine peut imposer des sanctions à l’entreprise israélienne à l’origine du logiciel Pegasus (…) je crois que les Etats-Unis peuvent aussi imposer des sanctions aux produits venant des colonies », a ajouté M. Shtayyeh.

Le Premier ministre de l’AP a rencontré mercredi à Ramallah une délégation du Congrès américain.

« Par le passé, les Etats-Unis nous aidaient à combler notre déficit budgétaire (…) et j’ai demandé aujourd’hui aux membres du Congrès de nous aider en ce sens », a ajouté M. Shtayyeh, alors que la Banque mondiale vient d’alerter sur le déficit palestinien, qui devrait atteindre 1,36 milliard de dollars en 2021.

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