Données israéliennes: Si le vaccin protège, des doutes subsistent sur l’immunité
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Données israéliennes: Si le vaccin protège, des doutes subsistent sur l’immunité

Alors que la vaccination se poursuit, les chercheurs identifient ses premiers effets avec une question en tête : comment se comporte dans le monde réel ce vaccin ?

Un Haredi se fait vacciner contre la COVID-19 dans un centre de vaccination Clalit de Jérusalem, le 28 janvier 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Un Haredi se fait vacciner contre la COVID-19 dans un centre de vaccination Clalit de Jérusalem, le 28 janvier 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

La campagne de vaccination en Israël, (très) très en avance sur le reste du monde, montre que le vaccin réduit de manière significative le risque d’être diminué par la COVID mais ne permet pas de tirer de conclusions sur l’immunité collective.

Israël dispose de banques d’informations médicales numérisées sur l’ensemble de sa population, ce qui a favorisé un accord avec le groupe pharmaceutique américain Pfizer : le laboratoire approvisionne rapidement en vaccins le pays, qui lui partage ses données sur les impacts de la vaccination.

Et l’État hébreu a vacciné depuis décembre quelque 3,2 millions de personnes (35 % de sa population), dont 1,8 million une seconde fois, pour un total de cinq millions de doses injectées, d’abord sur les personnes les plus âgées.

Au fur et à mesure de la vaccination, des armées de chercheurs analysent des masses de données pour identifier ses premiers effets avec une question en tête : comment se comporte dans le monde réel ce vaccin issu de tests cliniques ?

Dans une étude récente, les chercheurs de l’Institut Maccabi, deuxième assureur au pays, ont conclu que la première dose du vaccin permettait de réduire de 51 % les infections à la COVID-19, entre 13 et 24 jours après l’injection.

Plus précisément, les chercheurs ont comparé les données médicales de personnes dans les 12 premiers jours suivant la vaccination, période où la réaction immunitaire du système n’est pas encore concluante, à celles dans les douze jours suivant.

« Deux semaines après l’injection de la première dose, nous avons constaté une réduction significative, mais incomplète, des infections », explique à l’AFP Gabriel Chodick, l’un des chercheurs à l’origine de cette étude. « Nous ne remettons pas en question le vaccin, mais soulignons en fait l’importance de la seconde dose », dit-il.

Si certains pays ont décidé d’administrer une première dose au plus grand nombre possible de personnes à risque, avant de passer à la seconde, Israël, qui n’a pas de problème de livraison de vaccins en raison de son accord avec Pfizer, a opté pour la deuxième injection trois semaines plus tard comme recommandé par le fabricant.

Or des résultats préliminaires suggèrent une efficacité à 92 % une semaine après la seconde dose, a indiqué à des journalistes l’assureur Maccabi qui a notamment recensé 66 infections légères, ne nécessitant aucune hospitalisation, sur 248 000 personnes étudiées, mais n’a pas encore publié d’étude scientifique détaillée sur ces données.

Photo d’illustration : Des flacons de vaccins anti-COVID-19 et des seringues avec le logo de la firme pharmaceutique américaine Pfizer et de son partenaire allemand BioNTech, le 17 novembre 2020. (Crédit : Justin Tallis/AFP)

Le mystère de l’immunité

Malgré ces résultats, et un confinement en vigueur depuis la fin décembre, le nombre d’infections à la COVID-19 reste, lui, élevé en Israël, des responsables pointant les ultra-orthodoxes ou la minorité arabe pour la tenue de vastes rassemblements malgré les consignes sanitaires.

Dans ce contexte, le gouvernement espère une baisse du nombre de cas, qui se chiffrent en milliers par jour, et surtout du nombre d’hospitalisations au fur et à mesure que les semaines passent après la vaccination.

Or si le vaccin réduit de manière significative les risques d’être diminué par la COVID-19, un grand point d’interrogation demeure quant à la transmission du virus.

« Nous devons faire la différence entre deux types d’effets du vaccin. L’effet direct, c’est la personne vaccinée qui est protégée contre des symptômes qui peuvent être sévères », explique à l’AFP Ran Balicer, chef du comité national d’experts sur la COVID-19 et directeur des innovations chez Clalit, principal assureur santé du pays.

« L’effet indirect, c’est lorsqu’une certaine proportion de la population est immunisée et devient une barrière épidémiologique qui réduit la transmission (…) Or cet effet (indirect) est plus difficile à mesurer », dit-il.

« Nous savons que le vaccin réduit les incidences de maladies (…) mais nous ne savons pas si le vaccin réduit aussi la transmission », renchérit Gabi Barbash, chercheur à l’Institut scientifique Weizmann, près de Tel Aviv, qui a été l’invité de presque tous les journaux d’informations télévisées de la Douzième chaîne.

« Le nombre de personnes testées positives au coronavirus n’a pas vraiment baissé depuis un mois et demi. Est-ce parce que le confinement n’est pas respecté ou est-ce parce que le vaccin ne réduit pas la transmission (du virus). Personne ne peut se prononcer pour le moment », ajoute-t-il.

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