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Sous-marins vendus à la Malaisie en 2002 : 2 patrons français inculpés pour corruption

Un ex-responsable d'un chantier naval et un ancien cadre de Thales ont été mis en examen dans le cadre de cette enquête, qui rappelle l'Affaire 3 000 israélienne

Un sous-marin israélien de type Dolphin. Illustration. (Crédit : Moshe Shai/Flash90)
Un sous-marin israélien de type Dolphin. Illustration. (Crédit : Moshe Shai/Flash90)

Un ancien responsable de la Direction des constructions navales (DCN) et un ex-dirigeant du groupe Thales ont été inculpés en France pour corruption, dans une enquête sur la vente de sous-marins à la Malaisie en 2002, a appris mardi l’AFP de sources proches du dossier.

Entendus en mai dernier, Philippe Japiot, ancien président de la DCNI, la branche internationale de la DCN (devenue DCNS), et Jean-Paul Perrier, ex-directeur général de Thales, ont été mis en examen pour « corruption active » et « complicité d’abus de biens sociaux », a précisé l’une de ces sources.

Dans cette enquête instruite depuis 2010 après une plainte de l’ONG malaisienne anti-corruption Suaram, la justice soupçonne que des commissions, dissimulées derrière des contrats de consultants, ont pu servir à corrompre l’ancien ministre de la Défense malaisien, Najib Razak, aujourd’hui Premier ministre, via un de ses conseillers, un expert en questions militaires, Abdul Razak Baginda.

Les juges ont déjà mis en examen deux autres ex-dirigeants de l’industrie de la défense : Dominique Castellan, qui fût lui aussi président de la DCNI, et Bernard Baïocco, ex-président de Thales international Asia (Thint Asia).

Les quatre personnes mises en cause à ce stade dans l’enquête contestent les faits.

Le Premier ministre de Malaisie Najib Razak, au centre, pendant l'inauguration d'une ligne de chemin de fer à Kuala Lumpur, le 17 juillet 2017. (Crédit : Mohd Rasfan/AFP)
Le Premier ministre de Malaisie Najib Razak, au centre, pendant l’inauguration d’une ligne de chemin de fer à Kuala Lumpur, le 17 juillet 2017. (Crédit : Mohd Rasfan/AFP)

La justice s’intéresse à la vente en 2002 après des années de négociations de deux sous-marins Scorpène et d’un sous-marin Agosta à la Marine Royale malaisienne pour près d’un milliard d’euros. L’opération conclue par la DCNI, alliée avec le groupe d’électronique et de défense Thales, intervenait dans un contexte de durcissement de la réglementation sur la rémunération des intermédiaires.

Ce type de contrats passés en marge de la négociation est au cœur du dossier. L’un d’eux, baptisé C5 « ingénierie commerciale » prévoyait le versement par la DCNI, de 30 millions d’euros de frais commerciaux à l’exportation (FCE), à Thint Asia, la structure censée aider le groupe d’armement à promouvoir ses produits, selon une source proche du dossier.

D’après l’enquête, une autre société industrielle Terasasi dont l’actionnaire principal, Abdul Razak Baginda, un très proche du ministre de la Défense de l’époque, Najib Razak, devenu Premier ministre en 2009, a touché de Thint Asia à peu près la même somme pour des consultations, dans le cadre d’un autre contrat, le C4. Les enquêteurs se demandent si ces prestations n’auraient pu être qu’un habillage pour masquer le versement de pots-de-vins.

Les juges s’intéressent aussi à un autre contrat, prévoyant le versement par la Malaisie de 114 millions d’euros à une société locale, Perimekar, dirigée à l’époque par l’épouse du conseiller, mais il pourrait échapper à l’enquête, car les faits ne se seraient pas déroulés en France.

Les coulisses de ce marché avaient été découvertes à l’occasion de l’enquête en Malaisie sur l’assassinat en 2006 d’une interprète et intermédiaire mongole, Altantuya Shaariibuu. Cette mannequin de 28 ans, qui était par ailleurs la maîtresse d’Abdul Razak Baginda, avait participé aux négociations.

Cette affaire de corruption présente certaines similarités avec l’ « Affaire 3 000 » israélienne, une enquête pour une fraude présumée dans le cadre de l’achat de sous-marins allemands par Israël pour plusieurs milliards de shekels.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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