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Sous une pluie de roquettes, les habitants du sud passent la nuit dans des abris

Le Jihad islamique a tiré des salves de missiles ; Tsahal a frappé des installations du groupe terroriste ; le Hamas a affirmé que 15 personnes ont été tuées à Gaza

Une boule de feu et de fumée s'élève après les frappes aériennes israéliennes à Khan Younis, dans la bande de Gaza, le 5 août 2022. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)
Une boule de feu et de fumée s'élève après les frappes aériennes israéliennes à Khan Younis, dans la bande de Gaza, le 5 août 2022. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

Les habitants du sud d’Israël ont passé la nuit dans des abris anti-bombes alors que des tirs de roquettes en provenance de la bande de Gaza n’ont cessé de viser les communautés israéliennes proches de l’enclave palestinienne dans la nuit de vendredi à samedi.

Des sirènes de roquettes ont été entendues par intermittence dans les villes du sud d’Israël jusqu’au petit matin, alors que l’armée israélienne poursuivait ses frappes aériennes dans la bande de Gaza visant les sites d’armement et les positions de lancement du Jihad islamique palestinien.

Des sirènes ont été entendues à Sderot, Kissufim, Nir Am, Nahal Oz, Kfar Aza, Nitzamin et Kerem Shalom, tous proches de l’enclave palestinienne.

Tsahal a déclaré que les avions de l’armée de l’air ont frappé un certain nombre de sites de fabrication d’armes dirigés par le groupe terroriste du Jihad islamique palestinien, y compris une usine qui produit des matériaux utilisés dans la fabrication des roquettes lancées sur Israël et un autre site qui fabrique des obus de mortier.

Un nombre non communiqué de positions de lancement de roquettes du Jihad islamique palestinien ont également été frappées, a rapporté l’armée. L’armée a posté des images d’une frappe sur le site de production de roquettes, et une vidéo de la frappe sur une position de lancement du Jihad islamique palestinien.

Le service de secours du Magen David Adom (MDA) a déclaré avoir transporté cinq personnes dans le sud d’Israël vers des hôpitaux vendredi soir.

MDA dit avoir soigné quatre personnes légèrement blessées après être tombées alors qu’elles couraient vers des abris anti-bombes au milieu d’attaques à la roquette du Jihad islamique, et une personne pour anxiété.

Ils ont été transportés à l’hôpital Barzilai à Ashkelon et à l’hôpital Assuta à Ashdod.

Selon l’armée israélienne, le groupe terroriste du Jihad islamique palestinien a lancé quelque 80 roquettes sur le sud d’Israël vendredi soir, quelques heures après que l’armée a lancé l’opération Aube avec des frappes aériennes à grande échelle contre des sites du Jihad islamique palestinien dans la bande de Gaza en réponse à ce que les dirigeants ont déclaré être une menace « concrète » permanente visant les civils et les soldats israéliens dans les zones frontalières de Gaza.

Dans le cadre de cette opération, l’armée a déclaré que six sites avaient été frappés par des avions de chasse et des drones armés. L’une des frappes a tué l’un des principaux commandants du Jihad islamique palestinien, le commandant supérieur Tayseer Jabari, qui, selon les dirigeants israéliens, prévoyait d’attaquer des civils israéliens près de la frontière.

Jabari a remplacé Abou al-Ata comme commandant du groupe dans le nord de Gaza après l’assassinat de ce dernier par Israël en 2019. Le Jihad islamique palestinien a confirmé la mort de Jabari.

Tsahal a également ciblé le commandant du groupe terroriste responsable des missiles guidés antichars et de plusieurs escouades préparant des attaques. L’armée a estimé qu’entre 10 et 20 terroristes palestiniens ont été tués dans la bande de Gaza lors de la première vague de frappes aériennes contre le Jihad islamique.

À la tombée de la nuit, le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le groupe terroriste palestinien du Hamas, a confirmé qu’au moins 15 personnes avaient été tuées, dont une fillette de cinq ans, et 55 autres blessées.

Les tirs de roquettes ont commencé vendredi peu avant 21 heures, lorsque les sirènes ont retenti à Ashkelon, Ashdod, Sderot, Yavne et dans d’autres communautés du sud. Des alertes ont également été entendues dans les banlieues de Tel Aviv, à Rishon Lezion, Holon et Bat Yam.

Des roquettes palestiniennes tirées depuis la ville de Gaza en représailles aux précédentes frappes aériennes israéliennes, le 5 août 2022. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)

Plusieurs missiles du Dôme de fer ont été vus en train d’intercepter des roquettes entrantes au-dessus du sud d’Israël dans au moins deux barrages distincts menés depuis Gaza. Aucune victime ni aucun dommage n’ont été signalés suite à l’impact des roquettes.

Selon les autorités locales, toutes les roquettes tirées semblent avoir atterri dans des zones ouvertes ou avoir été interceptées par le Dôme de fer.

À 22 heures, le Jihad islamique palestinien a affirmé avoir lancé une centaine de roquettes sur Israël. L’armée israélienne a déclaré qu’environ 80 avaient été tirées pendant ce temps. Près de la moitié d’entre elles sont retombées dans la bande de Gaza. Tsahal affirme que 46 ont traversé la frontière, dont 33 ont été interceptées par le système de défense du Dôme de fer. Les autres sont tombées dans des zones dégagées, sans faire de blessés.

Le porte-parole de Tsahal, Ran Kochav, a déclaré plus tôt dans la journée de vendredi que « Jabari était responsable de la menace concrète, ces trois-quatre derniers jours, de tirer des missiles antichars et d’enlever des civils ou des soldats israéliens dans la zone frontalière de Gaza. »

Une fois les collectes de renseignements de Tsahal et les préparatifs au cours des trois derniers jours terminés, « nous avons mené une embuscade dévastatrice, qui a permis de contrecarrer Jabari et les membres des cellules antichars, et d’autres membres ».

Les dirigeants israéliens ont déclaré que ces actions étaient nécessaires après que le groupe a refusé de revenir sur ses intentions de mener des attaques. Le Jihad islamique palestinien menaçait depuis mardi de mener des attaques – pour renforcer sa demande qu’Israël libère son commandant en Cisjordanie, Bassem Saadi, qui a été arrêté lors d’un raid de l’armée israélienne à Jénine lundi – provoquant des jours de fermeture de routes et de confinement des communautés dans les zones proches de la frontière sous la menace immédiate.

Tayseer Jabari, le commandant du Jihad islamique palestinien dans le nord de Gaza, sur une photo non datée. (Crédit : Réseaux sociaux)

Les médias israéliens ont indiqué que l’Égypte avait tenté de servir de médiateur entre les parties ces derniers jours, mais n’avait pas réussi à convaincre le Jihad islamique palestinien de faire marche arrière.

Les responsables israéliens ont déclaré que l’opération Aube, à Gaza, visait spécifiquement le Jihad islamique palestinien, dans l’espoir de tenir le Hamas largement à l’écart du conflit, comme il l’avait fait lors de la flambée de 2019 après l’assassinat d’un précédent chef du Jihad islamique palestinien, Baha Abu al-Ata.

Vendredi soir, le Hamas semblait effectivement encore rester à l’écart. Bien que ses dirigeants aient condamné avec force les actions d’Israël, le groupe terroriste qui dirige Gaza n’a pas dit qu’il prendrait part au combat, pas plus qu’il n’a participé aux premiers tirs de roquettes.

Dans une déclaration aux médias au quartier général de Tsahal à Tel Aviv, juste au moment où le barrage de roquettes a commencé, le Premier ministre Yair Lapid a déclaré que la campagne « prendra le temps qu’il faudra » et que « ce gouvernement a une politique de tolérance zéro pour toute tentative d’attaque – de quelque nature que ce soit – de Gaza vers le territoire israélien ».

« La directive que les forces de sécurité ont reçue de nous était claire : Israël ne restera pas les bras croisés lorsque certains tentent de nuire à ses civils », a-t-il déclaré. « Les organisations terroristes ne fixeront pas l’ordre du jour dans la zone adjacente à Gaza, nous ne tolérerons aucune menace à l’encontre de nos civils. »

« L’activité d’aujourd’hui à Gaza a été menée contre des menaces concrètes qui ont perturbé la routine quotidienne dans le sud d’Israël. Israël n’est pas intéressé par un conflit plus large à Gaza, mais n’hésitera pas non plus. »

Passant à l’anglais, Lapid a ajouté : « Israël a mené une opération antiterroriste précise contre une menace immédiate. Notre combat n’est pas avec le peuple de Gaza. Le Jihad islamique est un groupe mandataire de l’Iran qui veut détruire l’État d’Israël et tuer des Israéliens innocents. Le chef du Jihad islamique est à Téhéran au moment où nous parlons. »

Le Premier ministre Yair Lapid s’exprimant suite au lancement de l’opération Aube à Gaza, le 5 août 2022. (Crédit : Capture d’écran du GPO)

S’exprimant après Lapid, le ministre de la Défense Benny Gantz souligne qu’Israël ne cible pas Gaza en général ou les Gazaouis ordinaires, mais plutôt « ceux qui sont responsables de la détérioration ». Il a souligné que le Jihad islamique est responsable des dommages à la sécurité et à l’économie des Gazaouis.

« Nous détruirons ceux qui nous menacent », a-t-il averti.

Vendredi soir, Gantz a téléphoné au secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, et l’a informé des efforts de Tsahal. Les États-Unis ont exprimé leur soutien au droit d’Israël de se défendre tout en appelant au calme.

L’armée a déclaré avoir déployé le système de défense aérienne Dôme de fer près de Tel Aviv, Jérusalem et Beer Sheva, étant préparée à des représailles du Jihad islamique sous forme de tirs de roquettes. L’armée a déclaré qu’une « situation spéciale » avait été déclarée sur le front intérieur, jusqu’à 80 kilomètres de Gaza – une zone qui s’étend jusqu’à Tel Aviv au nord. Les habitants des zones proches de la frontière ont reçu l’ordre de rester près des abris anti-bombes ; dans les zones de Lakish et du centre du Néguev, les rassemblements ont été restreints.

Des abris publics ont été ouverts à Tel Aviv et dans la ville de Beer Sheva, dans le sud du pays, conformément aux instructions du commandement du front intérieur de Tsahal.

Tsahal, quant à elle, a commencé à appeler des réservistes pour renforcer son commandement sud, son commandement du front intérieur, son dispositif de défense aérienne et ses troupes de combat en cas de nouvelle escalade. Gantz a approuvé le rappel de 25 000 réservistes, selon son bureau.

Lapid, Gantz, le Premier ministre suppléant Naftali Bennett et les hauts responsables de la sécurité ont tenu des consultations de sécurité vendredi soir pour décider des prochaines étapes pour Israël.

Les tensions autour de la bande de Gaza sont montées en flèche après l’arrestation de Bassam Saadi à Jénine, lundi soir. Depuis lors, l’armée a renforcé ses troupes et fermé des routes le long de la frontière par crainte d’une attaque imminente de missiles guidés antichars ou de tireurs d’élite par le Jihad islamique. De ce fait, de nombreuses communautés se sont retrouvées en situation de « confinement ».

Dans une déclaration au monde, « en particulier » aux pays impliqués à Gaza, Gantz a déclaré qu’Israël « agit avec retenue » mais agira avec « puissance » afin de ramener la vie civile dans le sud d’Israël à une « normalité totale ».

De la fumée et des feux s’élèvant à la suite des frappes aériennes israéliennes sur un immeuble de la ville de Gaza, le 5 août 2022. (Crédit : Mohammed Abed/AFP)

Ces derniers jours, grâce à des drones armés survolant la bande, Tsahal s’est efforcée de déjouer les tentatives du Jihad islamique de lancer une attaque à la frontière.

Selon le Shin Bet, Saadi, 61 ans, a été emprisonné et libéré par Israël sept fois dans le passé. Le Shin Bet a déclaré que ces derniers mois, Saadi avait « redoublé d’efforts pour relancer les activités du Jihad islamique palestinien, et était à l’origine de la création d’une force militaire importante pour l’organisation dans [le nord de la Cisjordanie] en général et à Jénine en particulier. »

« Sa présence a été un facteur important dans la radicalisation des agents de l’organisation sur le terrain », a ajouté le Shin Bet.

Jénine est considérée comme un foyer d’activités terroristes. Les terroristes et autres auteurs de plusieurs attentats meurtriers commis au début de l’année provenaient de la ville et de son camp de réfugiés.

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