Syrie: Le retrait US renforcera-t-il les liens entre Israël et les pays arabes ?
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Syrie: Le retrait US renforcera-t-il les liens entre Israël et les pays arabes ?

Marc Schneier, nommé ce mois-ci "conseiller spécial" du roi de Bahreïn, prédit une visite de Netanyahu à Manama dès le 1er janvier

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le rabbin Marc Schneier (à gauche) avec le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir (Avec l'aimable autorisation de The Foundation for Ethnic Understanding)
Le rabbin Marc Schneier (à gauche) avec le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir (Avec l'aimable autorisation de The Foundation for Ethnic Understanding)

Le retrait des troupes américaines de Syrie a le potentiel de réchauffer les liens d’Israël avec les États arabes sunnites, a déclaré cette semaine un éminent rabbin américain et militant interconfessionnel ayant de nombreux liens dans le Golfe, soutenant que la décision inattendue du président américain Donald Trump exacerbe les inquiétudes du monde arabe concernant les ambitions hégémoniques de l’Iran dans cette région.

Le rabbin, Marc Schneier de New York, a également prédit que le Premier ministre Benjamin Netanyahu se rendrait à Bahreïn le mois prochain, et que le petit royaume du Golfe établirait bientôt des liens officiels avec Israël.

« Les Etats-Unis se retirant de Syrie, cela pourrait accélérer cet accord de rapprochement entre Israël et le Golfe », a déclaré M. Schneier au Times of Israel lors d’une interview accordée dimanche à Jérusalem, se référant à une conversation avec des sources officielles non identifiées dans la péninsule arabique.

« Le Golfe a deux menaces existentielles : un ralentissement économique dans le Golfe, [causé par] la diminution de la demande de pétrole, et l’agression de l’Iran et de ses alliés », a poursuivi Schneier. « Maintenant que les troupes américaines quittent la Syrie, l’Iran occupe la première place. »

M. Schneier a déclaré que l’ambassadeur de l’Arabie saoudite aux États-Unis, Khalid bin Salman, lui a récemment dit que la raison du rapprochement du Golfe avec Israël était l’hostilité actuelle de son pays envers la République islamique.

« C’est la deuxième raison », a dit le rabbin en citant l’ambassadeur. « La première raison, c’est l’économie. »

Le royaume veut réformer son économie, et « nous ne pouvons le faire sans Israël », a déclaré M. Schneier en citant ben Salmane.

Mais, poursuit le rabbin, « ce qui s’est passé maintenant, d’après ma conversation d’hier soir, c’est que l’Iran a maintenant pris le contrôle de la course » et est devenu la force numéro un qui a conduit l’ouverture du monde arabe sunnite à Israël.

L’annonce surprenante de Trump la semaine dernière du retrait des 2 000 soldats américains restants de l’est de la Syrie a suscité des inquiétudes en Israël et dans toute la région à propos de l’Iran qui aspire à combler ce vide et à développer ses actions agressives. Les ambitions hégémoniques de Téhéran ont été le principal facteur de l’alliance de plus en plus ouverte mais encore non avouée du monde arabe avec l’Etat juif.

M. Schneier, fondateur et directeur de la Fondation pour l’entente ethnique [Foundation for Ethnic Understanding], entretient depuis de nombreuses années des liens étroits avec les dirigeants de nombreux pays musulmans, dont presque tous les États du Golfe.

Plus tôt cette année, il a été nommé « conseiller spécial » du roi de Bahreïn, Hamad bin Isa Al Khalifa. Dans ce poste non rémunéré, le rabbin a été chargé d’aider le King Hamad Global Centre for Peaceful Coexistence basé à Manama, et de « contribuer à la préservation et au développement de la communauté juive du pays », a-t-il dit.

I am honored to be appointed by H.M. King Hamad Bin Isa Al Khalifa, King of Bahrain, and the Bahrain Royal Court as…

Posted by Rabbi Marc Schneier on Thursday, 6 December 2018

« Il y a un intérêt croissant de la part des dirigeants du Golfe pour le développement de la vie juive », a déclaré M. Schneier, qui a créé et dirige une communauté juive dans les Hamptons.

Plus tôt ce mois-ci, le Times of Israel a révélé pour la première fois l’existence d’une petite communauté juive à Dubaï. Des communautés juives existent également au Bahreïn et au Qatar, selon Schneier.

« Il y a une réelle volonté et un réel désir d’établir des relations avec Israël », a-t-il dit. « Avant, c’était : ‘Laissez les Israéliens et les Palestiniens travailler leurs différences et appelez-nous’. Maintenant, c’est ‘Laissons les Israéliens et les Palestiniens mener leur discussion et en même temps, nous pouvons discuter de l’établissement de relations' », a-t-il dit.

« Je prédis qu’en 2019, cela se produira. Vous verrez un ou deux États du Golfe établir des relations diplomatiques avec Israël. Je pense que Bahreïn sera le premier. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu est accueilli par le sultan Qaboos bin Said à Oman, le 26 octobre 2018 (Crédit : autorisation)

Netanyahu, qui s’est inopinément rendu en octobre à Oman, sera probablement invité à Manama dès le mois prochain, a-t-il estimé. « Mon instinct me dit que ça va se passer en janvier, dit-il. « Je sais que le roi de Bahreïn est très attaché à l’établissement de relations. Leur seule hésitation serait de permettre aux Saoudiens d’en avoir la primeur. »

Plus tôt ce mois-ci, le ministre des Affaires étrangères du Bahreïn, Khalid bin Ahmed Al Khalifa, a défié le consensus arabe et défendu la reconnaissance par l’Australie de Jérusalem Ouest comme capitale d’Israël. Il a également exprimé son soutien à l’opération israélienne visant à démasquer et à détruire les tunnels d’attaque que le groupe terroriste chiite Hezbollah a creusés à travers la frontière israélo-libanaise.

M. Schneier, qui est marié à une Israélienne, a rejeté le vote des États arabes contre une résolution de l’Assemblée générale des Nations unies parrainée par les États-Unis condamnant le Hamas. « Deux pas en avant, un pas en arrière », dit-il.

De nombreux Israéliens croient à tort que les dirigeants du Golfe ne se soucient plus des Palestiniens, selon M. Schneier, qui se rend régulièrement dans la région. « Il n’y a rien de plus faux. Ils sont toujours très préoccupés par la cause palestinienne », a-t-il dit.

« Je ne dis pas que nous sommes arrivés à la terre promise des relations Golfe-Israël. Mais la bonne nouvelle est que le voyage a commencé. Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’embûches sur le parcours. »

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