« The Last Laugh » ou comment rire de la Shoah
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« The Last Laugh » ou comment rire de la Shoah

"Sans humour, je ne pense pas que j’aurais survécu si longtemps," déclare une survivante de la Shoah dans ce documentaire

Des survivants de la Shoah témoignent de l'humour durant l'Holocauste dans un documentaire. (Crédit photo : capture d'écran du film 'The Last Laugh')
Des survivants de la Shoah témoignent de l'humour durant l'Holocauste dans un documentaire. (Crédit photo : capture d'écran du film 'The Last Laugh')

« Avez-vous des blagues sur la Shoah ? » Voici la première question posée par la réalisatrice Ferme Pearlstein aux comédiens de « The Last Laugh », rapporte Yahoo.

Dans son documentaire, Ferme Pearlstein, en collobaration avec son mari Robert Edwards, creuse l’histoire de l’humour de l’Holocauste explorant les questions éthiques liées à l’utilisation de faits terribles pour rire. En d’autres termes, est-il possible de rire de tout ?

« The Last Laugh » a été diffusé en avant-première au festival du film de Tribeca. Ce documentaire cherche où l’on place la limite à l’humour, vieux débat où différentes perspectives s’affrontent, surtout auprès des humoristes qui sont parfois accusés d’aller trop loin.

Ce documentaire est composé de vidéos, de performances, d’interviews de comédiens, d’archives et de portraits de survivants de la Shoah et il réunit entre autre Sarah Silverman, Chris Rock et Louis C.K.

Une survivante de la Shoah, Renée Firestone, aujourd’hui âgée de 91 ans, avoue que les survivants, entre eux, font des blagues sur la vie dans les camps. « Sans humour, je ne pense pas que j’aurais survécu si longtemps, » confesse-t-elle.

« Notre traitement était tellement ridicule que vous deviez soit en pleurer soit en rire. N’importe où il y a des survivants, n’importe quel genre de survivants, ils doivent avoir un peu d’humour, » déclare Renée Firestone.

Grâce à la recherche de l’humour dans les lieux les plus sombres, ce documentaire permet de comprendre la nature intrinsèque de la comédie.

« La comédie met de la lumière sur l’obscurité, et l’obscurité ne peut pas vivre où il y a de la lumière. C’est important de parler des choses qui sont taboues sinon elles restent dans l’obscurité et elles deviennent dangereuses, » déclare Sarah Silverman dans le documentaire.

La réalisatrice indique que le documentaire n’apporte pas de réponse quant à une limite de l’humour. Elle souhaitait provoquer une discussion ouverte sans censure. Pour elle, il s’agit d’une alliance complexe pour déterminer si une blague est drôle ou offensante et dépend de nombreux autres éléments. Qui est l’auteur de la blague, dans quelle contexte est-elle dite, et est-elle drôle ?

« Je ressens très fortement que pour passer au-delà de ces événements horribles, tout le monde doit connaitre la peine provoquée », explique Ferme Pearlstein.

La réalisatrice souhaite provoquer un débat et une discussion sérieuse sur la liberté d’expression, sur la mémoire collective et comment se souvenir du passé en le gardant toujours vibrant, rapporte le site Film Maker Magazine.

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