Tlaib finalement autorisée à venir en Israël voir sa grand-mère palestinienne
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Tlaib finalement autorisée à venir en Israël voir sa grand-mère palestinienne

Après que la membre du Congrès a promis de s'abstenir de tout acte de boycott pendant son séjour, le ministère de l'Intérieur l'a autorisée à venir pour des motifs "humanitaires"

La représentante Rashida Tlaib, à la 110e
NAACP National Convention, le 22 juillet 2019, à Detroit. (Crédit : AP Photo/Carlos Osorio)
La représentante Rashida Tlaib, à la 110e NAACP National Convention, le 22 juillet 2019, à Detroit. (Crédit : AP Photo/Carlos Osorio)

Le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri a annoncé vendredi qu’il autorisera l’entrée en Israël à l’élue démocrate Rashida Tlaib, qui en avait été interdite la veille – comme sa consœur Ilhan Omar – à se rendre en Israël pour des motifs humanitaires.

Cette décision est survenue quelques heures après que Tlaib a soumis une demande humanitaire, pour rendre visite à sa grand-mère palestinienne en Cisjordanie. Le ministère de l’Intérieur avait indiqué jeudi que si Tlaib émettait une demande humanitaire pour rendre visite à sa famille, la décision la concernant serait considérée favorablement.

« Je voudrais demander une autorisation d’entrée en Israël pour rendre visite à mes proches, et particulièrement ma grand-mère, qui a plus de 90 ans et qui vit à Beit Ur al-Fouqa », a écrit Tlaib dans sa lettre à l’attention du ministre de l’Intérieur Aryeh Deri.

« C’est peut-être ma dernière chance de la voir. Je respecterais toutes les restrictions et ne promouvrais aucun boycott contre Israël pendant mon séjour », poursuit la lettre, qui a été publiée par le site Ynet vendredi matin.

Le dirigeant du Shas, Aryeh Deri, assiste à une campagne électorale dans la ville de Tibériade, dans le nord du pays, le 18 mars 2019. (David Cohen/Flash90)

Un communiqué du bureau de Deri a annoncé officiellement vendredi que, sur la base de sa lettre, Tlaib sera autorisée à entrer dans le pays. Deri « espère qu’elle tiendra sa promesse et que sa visite sera exclusivement humanitaire ».

Selon les articles de médias israéliens vendredi, l’ambassade israélienne à Washington a été en contact avec l’équipe de Tlaib pour lui faire signer un formulaire dans lequel elle s’engage à se plier à une série de restrictions, notamment à s’abstenir de promouvoir le boycott d’Israël durant son séjour.

En réponse à la lettre de Tlaib, le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan, chargé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu de combattre le mouvement de boycott, avait appelé Deri à autoriser cette visite pour motifs humanitaires.

« La décision d’interdire d’entrée les membres du Congrès était juste et correcte, parce qu’elle se basait sur le planning de leur séjour, qui était censé soutenir la promotion du boycott d’Israël », avait déclaré Erdan dans un communiqué vendredi. « La demande de la membre du Congrès Rashida Tlaib de rendre visite à sa grand-mère devrait être approuvée, et particulièrement au regard de son engagement à se conformer à la loi israélienne et à s’abstenir de promouvoir un boycott contre nous. »

Le ministre de l’Intérieur avait dit jeudi dans un communiqué « que si une demande était présentée au nom de Mme Tlaib pour rencontrer les membres de sa famille pour des raisons humanitaires, sous réserve des engagements nécessaires, il en tiendrait compte ».

Israël avait annoncé en juillet qu’il autoriserait Omar et Tlaib à se rendre en Israël, malgré une loi adoptée en 2017 interdisant aux ressortissants étrangers qui ont publiquement appelé au boycott de l’Etat juif ou ont travaillé pour une organisation qui défend ces mesures d’entrer en Israël.

Plus tôt dans la journée, le président américain Donald Trump avait déclaré que si Israël les laissait entrer en Israël, il s’agirait d’une « faiblesse » de la part de l’État hébreu.

Tlaib a fustigé le gouvernement israélien jeudi pour sa décision, affirmant que l’empêcher de se rendre en Cisjordanie voir sa grand-mère était « un signe de faiblesse », parce que « la vérité sur ce que vivent les Palestiniens est effrayante ».

Omar avait comparé la décision d’Israël au décret anti-immigration musulmane de Trump.

La représentante Ilhan Omar durant un meeting de la communauté Sabathani à Minneapolis, dans le Minnesota, le 18 juillet 2019. (Crédit : Kerem Yucel / AFP)

Dans un communiqué diffusé jeudi, Omar avait qualifié la décision israélienne de « glaçante », ajoutant qu’il s’agissait d’un « affront aux valeurs démocratiques ».

« Le décret anti-musulman de Trump est ce qu’Israël applique, cette fois-ci contre des membres élues au Congrès », a-t-elle dit, en référence à l’ordonnance exécutive émise par le président américain, restreignant l’entrée à des ressortissants de pays à majorité musulmane.

La décision israélienne a également été vivement condamnée par les démocrates.

La présidente de la Chambre, Nancy Pelosi, prend la parole lors d’une conférence de presse au Capitole à Washington, le 13 juin 2019. (AP Photo/J. Scott Applewhite)

« Le refus d’Israël à laisser entrer les membres du Congrès Tlaib et Omar est un signe de faiblesse, et n’est pas digne du grand Etat d’Israël », a déclaré la présidente de la Chambre Nancy Pelosi, la démocrate la plus haut-placée, dans un communiqué.

Elle avait fustigé la recommandation d’interdiction par Trump, soulignant que « les propos du président sont un signe d’ignorance et un manque de respect, et ne sied pas à la dignité du bureau du président ».

D’autres démocrates au Sénat se sont fait l’écho de Pelosi, et notamment Chuck Schummer, leur chef, qui a également critiqué la pression exercée par Trump sur Israël. Il a estimé que l’interdiction était « un signe de faiblesse, pas de force » de la part d’Israël.

« Aucune société démocratique ne devrait craindre un débat ouvert », avait-il ajouté, appelant l’Etat hébreu à revenir sur sa décision. Selon lui, celle-ci nuirait aux relations israélo-américaines et réduirait le soutien des Américains à l’État juif. Il avait ainsi appelé le gouvernement israélien à revenir sur son interdiction.

Certains républicains se sont également montrés critiques de cette interdiction. Marco Rubio, sénateur de la Floride, a jugé qu’il s’agissait d’une « erreur » de la part d’Israël.

« C’est ce qu’elles espéraient depuis le début », a écrit Rubio sur Twitter, « pour ajouter de l’eau au moulin de leurs attaques contre l’Etat juif ».

L’AFP a contribué à cet article.

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