Trump critique Kerry pour sa rencontre présumée avec Zarif
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Trump critique Kerry pour sa rencontre présumée avec Zarif

L'ex-secrétaire américain a défendu son entretien avec le ministre iranien des Affaires étrangères visant au maintien de l'accord sur le nucléaire

Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre australien Malcolm Turnbull dans la salle Est de la Maison-Blanche à Washington, DC, le 23 février 2018. (AFP/Olivier Douliery)
Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre australien Malcolm Turnbull dans la salle Est de la Maison-Blanche à Washington, DC, le 23 février 2018. (AFP/Olivier Douliery)

Le président américain s’en est pris à John Kerry au sujet de l’accord sur le nucléaire après que des informations ont filtré sur une rencontre entre l’ancien secrétaire d’Etat et son homologue iranien pour tenter de sauver le pacte.

« Les Etats-Unis n’ont pas besoin de la diplomatie de l’ombre potentiellement illégale de John Kerry au sujet de l’accord avec l’Iran qui a été très mal négocié », a écrit Trump sur Twitter. « C’est lui qui a créé ce GACHIS en premier lieu ! »

Vendredi, le Boston Globe a fait savoir que Kerry, qui avait aidé à élaborer l’accord signé en 2015 entre l’Iran et les puissances mondiales, avait rencontré à deux occasions ces derniers mois le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif pour évoquer les moyens possibles de sauvegarder l’accord.

Trump a menacé de retirer les Etats-Unis de la convention le 12 mai si cette dernière n’était pas révisée pour combler ce qu’il considère comme des failles. L’Iran et les autres signataires de l’accord – le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, la Russie et la Chine – soutiennent la conservation du pacte.

Un porte-parole de Kerry a défendu ses initiatives en faveur du maintien de l’accord en réponse au tweet de Trump, disant que comme les précédents secrétaires d’Etat, il restait en contact avec ses anciens homologues.

« Je pense que tous les Américains voudraient entendre toutes les voix possibles recommandant à l’Iran de rester en conformité avec l’accord sur le nucléaire qui aura empêché une guerre », a expliqué le porte-parole dans un communiqué.

« Comme les alliés les plus proches des Etats-Unis, il [Kerry] pense qu’il est important que l’accord sur le nucléaire, qui a pris au monde des années de négociations, reste en vigueur alors que les pays se concentrent sur la stabilité de la région ».

Le secrétaire d’Etat américain John Kerry (à droite) avant une rencontre avec le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif (à gauche) au siège des Nations unis à New York, le 9 avril 2016. (Crédit : Don Emmert/AFP)

Selon le Boston Globe, Kerry a également rencontré récemment d’autres hauts-responsables pour débattre des stratégies de maintien de l’accord, notamment le président allemand Frank-Walter Steinmeier, la cheffe de la politique étrangère de l’Union européenne Federica Mogherini et le président français Emmanuel Macron.

Rudy Giuliani, avocat de Trump et ancien maire de New York, a déclaré dimanche à ABC News que Kerry avait violé le Logan Act, une loi non-mise en oeuvre du 18ème siècle qui interdit aux citoyens américains non-autorisés de gérer la politique étrangère.

Alors que la date-limite qu’il a fixée approche, le président américain n’a pas encore indiqué quelle serait sa décision. Mais après la présentation faite lundi par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, dans laquelle il a détaillé les efforts clandestins passés de Téhéran visant à acquérir une arme nucléaire, Trump a exprimé une certaine légitimation de ses critiques de longue date du pacte.

 » Ce qui est arrivé aujourd’hui et ce qui est arrivé dernièrement et ce que nous avons appris ont démontré que j’avais à 100 % raison », a-t-il déclaré. « Ce n’est simplement pas une situation acceptable ».

Mardi, Kerry a estimé que les détails révélés par Israël confirmant que l’Iran cherchait à développer l’arme atomique étaient très exactement la raison pour laquelle la communauté internationale avait cherché à garantir un accord historique avec l’Iran pour l’empêcher d’obtenir de telles bombes.

Kerry répondait aux informations présentées en public par le Premier ministre Benjamin Netanyahu au cours d’une conférence de presse organisée la veille. Netanyahu avait révélé que les espions israéliens avaient sorti d’Iran environ 100 000 documents et dossiers archivés explicitant les ambitions nucléaires de Téhéran et les recherches menées par la république islamique avant la signature de l’accord.

« Chaque détail présenté hier par le Premier ministre Netanyahu est la raison pour laquelle le monde s’est assemblé, hier, pour appliquer des années de sanctions et négocier l’accord sur le nucléaire iranien – parce que la menace était réelle et qu’il fallait la stopper », a écrit Kerry sur Twitter. « Ca marche : C’est pour ça que les experts de la sécurité israélienne s’expriment ».

« Il faut se souvenir que le début des années 2000 – date des preuves présentées – était la période où le monde n’avait aucune visibilité sur le programme de l’Iran », a ajouté Kerry. « De plus en plus de centrifugeuses fonctionnaient chaque mois et le monde n’était pas uni comme il l’est maintenant ».

Dans un discours prononcé devant la NRA (National Rifle Association), vendredi, Trump s’en est pris à Kerry, le tournant en dérision pour un accident de vélo qui lui était arrivé durant les négociations sur l’accord nucléaire de 2015.

Le secrétaire d’Etat américain John Kerry appuyé sur des béquilles va à l’hôtel hébergeant les négociations avec l’Iran pour l’accord sur le nucléaire, à Vienne, en Autriche, le 1er juillet 2015 (Crédit : AFP Photo/Christian Bruna)

Déviant du sujet de la politique des armes, Trump a fustigé le pacte non sans avoir personnellement raillé le haut-diplomate américain qui avait été à la tête des discussions.

Ils disent ‘mort à l’Amérique’ et nous avons l’ancienne administration, telle qu’elle est représentée par John Kerry – qui n’est pas le meilleur négociateur qu’on ait connu », a dit Trump. « Il ne s’est jamais éloigné de la table, sauf pour figurer dans cette course cycliste où il est tombé et où il s’est cassé la jambe. Ça a été la seule fois ».

Au mois de mai 2015, Kerry avait eu un accident de vélo alors qu’il se trouvait à Scionzier, en France, et s’était fracturé le fémur droit. A l’époque, Trump avait également tourné en dérision ce natif du Massachusetts qui paraissait affaibli en raison de sa blessure.

L’équipe duTimes of Israel a contribué à cet article.

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