Trump pourrait laisser Pollard rentrer en Israël pour l’ouverture de l’ambassade
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Trump pourrait laisser Pollard rentrer en Israël pour l’ouverture de l’ambassade

Le président américain subit des pressions de la part des militants et des donateurs pour assister à la cérémonie d'ouverture à Jérusalem

Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'un rassemblement au Total Sports Park, à Washington, Michigan, le 28 avril 2018. (MANDEL NGAN/ AFP)
Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'un rassemblement au Total Sports Park, à Washington, Michigan, le 28 avril 2018. (MANDEL NGAN/ AFP)

Donald Trump semble de plus en plus susceptible d’assister à l’ouverture de l’ambassade des États-Unis à Jérusalem le mois prochain, et envisage de permettre à l’espion Jonathan Pollard, condamné pour espionnage, de se rendre en Israël à la même occasion, selon un reportage télévisé.

Le président, qui a déclaré publiquement qu’il souhaitait assister à la cérémonie, subit des pressions de la part des militants et des donateurs pour se rendre en Israël pour la cérémonie, a rapporté la chaîne d’information Hadashot dimanche.

M. Trump envisage également de permettre à M. Pollard, ancien spécialiste américain du renseignement, de quitter les États-Unis pour venir en Israël, selon le rapport. Pollard a purgé une peine de près de 30 ans pour espionnage au profit d’Israël et, depuis sa libération conditionnelle en 2015, il lui a été interdit de quitter le sol américain, ce qui l’empêche de s’installer dans l’État juif.

« J’espère que le président Donald Trump offrira un cadeau supplémentaire aux Israéliens en permettant à Jonathan Pollard de venir fêter l’ouverture de l’ambassade américaine à Jérusalem », a déclaré Yisrael Katz, le ministre des Transports également chargé des Renseignements.

« J’espère que le président Trump accédera à cette demande alors que Jonathan Pollard a passé tant d’années en prison », a ajouté M. Katz sur la radio militaire.

Jonathan Pollard, 63 ans, a été libéré en novembre 2015 après 30 années d’emprisonnement aux Etats-Unis. L’ex-analyste de l’US Navy, natif du Texas, avait été reconnu coupable en 1987 d’avoir fourni à Israël, de juin 1984 à son arrestation en novembre 1985, des milliers de documents secrets sur les activités d’espionnage des Etats-Unis, principalement dans les pays arabes.

Au terme de sa liberté conditionnelle, il doit rester cinq ans sur le sol américain, ce qui l’empêche de s’installer en Israël comme il en a exprimé le souhait.

Son sort a donné lieu à un interminable bras de fer entre Israël, où il est vu par une bonne partie de la population comme un héros national ayant sacrifié sa liberté, et les Etats-Unis, dont les présidents successifs, de Ronald Reagan à Barack Obama, avaient toujours refusé sa libération anticipée.

De hauts responsables du Pentagone ou de la CIA n’ont jamais digéré la masse d’informations classées secret-défense que l’espion a livrées contre de l’argent et en pleine guerre froide à l’allié stratégique israélien des Etats-Unis.

Il aurait aidé Israël à bombarder en 1985 le QG de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP), alors exilée en Tunisie, et à assassiner le numéro deux de l’OLP, Abou Jihad, à Tunis en 1988.

Vendredi, Trump a annoncé qu’il pourrait se rendre en Israël pour l’ouverture de l’ambassade.

Aux côtés de la chancelière allemande Angela Merkel lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche, Trump a répondu à une question du Christian Broadcasting Network sur les personnes qui assisteraient à la cérémonie d’inauguration. « J’irai peut-être », a-t-il répondu. « Très fier de lui. »

Jonathan Pollard quitte un tribunal new-yorkais après sa libération de prison, le 30 novembre 2015. (Crédit : Spencer Platt/Getty Images/AFP)

Il a déjà été rapporté que Trump pensait assister à l’inauguration, mais a décidé d’y renoncer. Trump s’est rendu en Israël en mai 2017, dans le cadre d’un voyage dans la région.

Les autorités israéliennes auraient été surprises par la réponse de Trump vendredi, n’ayant reçu aucune indication de la part des Américains sur sa venue éventuelle.

Le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin est actuellement à la tête de la délégation de 250 membres pour l’événement, qui comprendra 40 membres du Congrès et le gendre de Trump, Jared Kushner et sa fille Ivanka Trump. D’autres médias ont suggéré que le secrétaire d’État américain Mike Pompeo pourrait diriger la délégation, en lieu et place de Trump.

En janvier, un mois après avoir annoncé le déménagement de l’ambassade et reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël, Trump a annoncé que le processus serait accéléré et qu’une nouvelle structure ouvrirait en mai, pour coïncider avec le 70e anniversaire de l’État juif.

Appréciée par Israël, les Palestiniens ont considéré cette décision comme une provocation et ont déclaré qu’elle annule la possibilité que l’administration Trump serve d’intermédiaire honnête dans les pourparlers de paix. Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et d’autres responsables de l’AP ont depuis refusé de rencontrer quiconque au sein de l’administration Trump.

En octobre de l’année dernière, Hadashot a rapporté que le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait demandé à Trump de permettre à Pollard, qui doit porter un bracelet GPS, d’immigrer en Israël.

La demande est intervenue à la lumière des gestes de bonne volonté économique qu’Israël a accepté de fournir aux Palestiniens à la demande de la Maison Blanche en mai dernier.

Une mesure de clémence serait une faveur supplémentaire faite par les Etats-Unis après la reconnaissance par M. Trump de Jérusalem comme capitale d’Israël et la décision de transférer l’ambassade des Etats-Unis dans ce pays de Tel Aviv à Jérusalem. Cette initiative unilatérale, rompant avec des décennies de diplomatie américaine et de consensus international, a été saluée comme historique en Israël et vivement critiquée par les Palestiniens.

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