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Tsahal demande à la police de revoir son enquête sur la mort d’un officier

Détenu pour des infractions graves à la sécurité, l'officier de renseignement a été retrouvé mort dans sa cellule le 16 mai dernier

Le drapeau israélien vu au sommet de la prison d'Ofer près de la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 1er mai 2015. (Crédit : MiriamAlster/Flash90)
Le drapeau israélien vu au sommet de la prison d'Ofer près de la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 1er mai 2015. (Crédit : MiriamAlster/Flash90)

Après des mois d’enquête, l’équipe du porte-parole de Tsahal a annoncé mardi que la cause du décès de l’officier du renseignement de Tsahal, retrouvé mort en mai, n’a pas pu être déterminée.

Les enquêtes menées par l’unité d’enquêtes internes de l’armée « n’ont trouvé aucune preuve que la mort du défunt ait été causée par un acte criminel », peut-on lire dans le communiqué.

L’officier retrouvé sans vie dans sa cellule au sein d’un centre de détention militaire dans le nord du pays en mai servait dans une unité technologique du renseignement militaire. Il n’avait pas encore été inculpé mais aurait été accusé de près d’une vingtaine d’infractions distinctes et risquait au moins 10 ans de prison. Son autopsie en Israël et l’analyse de son sang dans un laboratoire médico-légal spécialisé aux États-Unis, n’ont pas été concluantes.

Le communiqué ajoute que bien que les enquêtes aient été « complètes et menées de manière professionnelle », l’avocat général militaire de l’armée, Yifat Tomer-Yerushalmi, a décidé qu’étant donné la nature très inhabituelle des faits – à la fois le décès inexplicable et la nature grave des crimes qui lui sont attribués – le cas justifiait une enquête plus approfondie.

« Elle a donc décidé que tous les éléments de l’enquête seraient remis dans leur intégralité à une équipe consultative spéciale de la police israélienne pour être examinés », a précisé l’armée.

L’unité des enquêtes internes, une unité indépendante de Tsahal parallèle au Département des enquêtes internes de la police israélienne, était accompagnée d’une équipe de procureurs militaires tout au long de l’enquête.

Plus de 100 témoignages ont été recueillis auprès de détenus, de gardiens et du personnel médical et psychologique du centre de détention militaire dans le cadre de l’enquête. De nombreux documents pertinents ont été examinés, des avis juridiques d’experts ont été recueillis et des heures d’enregistrement de la caméra de surveillance surveillant la cellule de l’agent de 24 ans ont été examinées.

Le chef d’État-major Aviv Kohavi s’exprime lors d’une cérémonie sur la base de la marine israélienne de Haïfa, le 2 septembre 2021. (Crédit : Armée israélienne)

Le chef d’état-major de Tsahal, Aviv Kohavi, à salué la décision d’ouvrir l’enquête à la police, déclarant que « nous devons tout faire pour explorer toutes les directions possibles dans l’enquête et pour clore cette affaire aussi rapidement que possible ».

L’équipe de la police israélienne, qui sera composée d’enquêteurs expérimentés et bien informés, selon Tsahal, reprendra tous les éléments du dossier recueillis lors de l’enquête au fur et à mesure qu’elle évaluera le cas. L’enquête interne de Tsahal restera ouverte.

La famille de l’officier a salué la décision de Yifat Tomer-Yerushalmi, déclarant qu’il s’agissait d’une décision qui « aurait dû être prise il y a longtemps ».

« Le devoir moral de Tsahal était et est toujours de ne négliger aucun effort pour découvrir comment un jeune de 24 ans en bonne santé est décédé alors qu’il était détenu dans un centre de détention militaire supervisé », a déclaré la famille dans un communiqué diffusé peu après la publication de la décision de Tomer-Yerushalmi.

« Aujourd’hui, nous avons réalisé que Tsahal ne peut pas donner de réponses à nos questions et que nous continuerons à vivre dans une incertitude tortueuse », a-t-elle ajouté marquant ainsi son désespoir que l’affaire soit un jour élucidée.

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