Tsahal dément que Zamir soutienne le projet de loi concernant les Haredim
L'armée a expliqué que le chef d'état-major a insisté sur la nécessité d'une solution législative globale pour répondre aux "besoins immédiats et urgents" face au manque d'effectifs
Stav Levaton est correspondante militaire pour le Times of Israel.

L’armée israélienne a démenti dimanche les affirmations du député Boaz Bismuth, président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, selon lesquelles le chef d’état-major, le lieutenant-général Eyal Zamir, soutiendrait le projet de loi de la coalition sur les exemptions de service militaire pour les ultra-orthodoxes.
L’armée a affirmé que le chef de Tsahal « n’avait exprimé son soutien à aucun projet de loi spécifique sur la conscription ».
Dans un communiqué, l’armée a expliqué que Zamir avait au contraire insisté sur la nécessité d’une solution législative globale pour répondre aux « besoins immédiats et urgents » de Tsahal face à sa pénurie d’effectifs, dans un contexte d’exigences opérationnelles croissantes.
L’armée a réitéré l’avertissement de Zamir au cabinet selon lequel la durée du service obligatoire devrait passer à 30 mois à partir de janvier 2027 – une mesure qui, combinée à l’élargissement du champ des missions de Tsahal, ferait peser une « charge déraisonnable » sur les réservistes.
Au début du mois, Zamir a déclaré avoir demandé l’adoption de trois lois « ayant une incidence sur l’état de préparation de Tsahal et son système de réserve ».
Il s’agit notamment d’une loi prolongeant la durée du service obligatoire à 36 mois pour les hommes, d’une loi modifiant les modalités et la durée de la mobilisation des réservistes (actuellement, l’armée s’appuie sur des ordres de mobilisation d’urgence assortis de diverses restrictions) et d’une « loi sur la conscription adaptée aux besoins actuels de Tsahal ».
Bismuth, citant les propos de Yossi Fuchs, secrétaire du cabinet, devant la Haute Cour de justice, a laissé entendre que Zamir soutenait le projet de loi. La coalition fait pression pour faire avancer ce texte, parallèlement à un projet de loi sur la prolongation du service, après la fin des congés parlementaires de la Knesset, le 10 mai.
L’avancée de ce projet de loi fait suite à une décision de la Haute Cour de justice rendue en juin 2024, qui a estimé qu’il n’existait aucune base juridique justifiant l’exemption de longue date des ultra-orthodoxes en âge de servir de l’obligation militaire et a ordonné au gouvernement d’élaborer une loi visant à les enrôler.
Selon de nombreux détracteurs, la version actuelle du projet de loi constitue une capitulation face aux exigences des Haredim et il ne permettra pas de remédier de manière significative à la pénurie de main-d’œuvre que connaît actuellement l’armée.
On estime actuellement à environ 80 000 le nombre d’hommes ultra-orthodoxes âgés de 18 à 24 ans qui sont aptes au service militaire mais ne se sont pas enrôlés. Tsahal a déclaré avoir un besoin urgent de 12 000 recrues, en raison de la pression exercée par les conflits en cours sur les réservistes.







