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Tsahal devrait révoquer la pension d’un officier accusé de crimes sexuels

Sharoni sera rétrogradé au rang de simple soldat et versera des indemnités à ses 49 victimes ; les procureurs ont demandé qu’il soit emprisonné

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le lieutenant-colonel Dan Sharoni, un officier de Tsahal accusé d'avoir filmé secrètement ses soldates, lors d'une audience au tribunal militaire de Tel Aviv, le 5 décembre 2021. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)
Le lieutenant-colonel Dan Sharoni, un officier de Tsahal accusé d'avoir filmé secrètement ses soldates, lors d'une audience au tribunal militaire de Tel Aviv, le 5 décembre 2021. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

L’armée israélienne a annoncé mercredi que le chef d’état-major Aviv Kohavi devrait révoquer la pension de retraite d’un officier qui fait face à 79 chefs d’accusation pour agressions sexuelles.

En décembre, le lieutenant-colonel Dan Sharoni a été inculpé pour avoir filmé à leur insu des dizaines de ses subordonnées féminines alors qu’elles étaient nues et pour avoir recueilli des images sexuelles de soldats et de certains civils pendant au moins huit ans.

L’armée a déclaré mercredi que Sharoni avait conclu un accord de plaidoyer avec les procureurs militaires, confirmant certains aspects d’un reportage publié lundi par le site d’information Ynet.

L’accord, soumis à l’approbation d’un tribunal militaire, prévoit que Sharoni soit rétrogradé au rang de simple soldat et qu’il verse des indemnités aux 49 victimes, pour un montant total de 250 000 shekels, selon Tsahal.

Les procureurs ont également demandé qu’il fasse quelques années de prison. Cette mesure peut toutefois être remplacée par une assignation à résidence ou une libération conditionnelle, sous réserve d’une évaluation des risques et des programmes de réadaptation auxquels il peut être soumis.

Ynet a rapporté que l’officier bénéficierait d’une retraite militaire bien qu’il soit trop jeune. Pour permettre cela, son procès de condamnation a été programmé pour avril 2024, jusqu’à ce qu’il reste un officier, selon le reportage.

Cette information selon laquelle Sharoni pourrait bénéficier du généreux régime de retraite militaire a suscité une vive émotion.

« L’accord de plaidoyer ne comprend pas d’accord concernant le paiement de la pension de retraite », a déclaré Tsahal dans un communiqué mercredi, ajoutant que Kohavi était susceptible de refuser à Sharoni le paquet de pension.

Le chef de Tsahal Aviv Kohavi s’exprime lors d’une cérémonie marquant le changement de chef du commandement du Front intérieur, le 17 juillet 2022. (Crédit : Armée israélienne)

« La position du chef d’état-major est que dans un cas de ce genre, l’accusé devrait être privé du droit à une pension de retraite en raison de ses actes graves », a-t-il ajouté.

« En revanche, comme dans les cas précédents, les membres de la famille immédiate de Sharoni pourront demander une allocation, qui leur serait versée uniquement, et directement, sans que le défendeur ne la reçoive », a ajouté l’armée.

Tsahal a déclaré que les procureurs ont informé les victimes de l’accord de plaidoyer, et que la majorité d’entre elles – 29 personnes – l’ont soutenu.

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