Israël en guerre - Jour 197

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Un réserviste tué dans le complexe de Khan Younès – l’espoir d’un cessez-le-feu faiblit

Michael Gal, 29 ans, est mort à Gaza et l'armée continue de fouiller les appartements de Hamad Town ; Le cabinet de guerre se réunit à quelques heures du début du Ramadan, sur fond de négociations dans l'impasse

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des soldats intervenant dans le complexe résidentiel de Hamad, à Khan Younès, à Gaza, sur une photo autorisée à publication le 10 mars 2024. (Crédit : Armée israélienne)
Des soldats intervenant dans le complexe résidentiel de Hamad, à Khan Younès, à Gaza, sur une photo autorisée à publication le 10 mars 2024. (Crédit : Armée israélienne)

L’armée israélienne a annoncé dimanche la mort d’un soldat au combat, à Gaza, alors que les combats ne montrent aucun signe d’apaisement et que les pourparlers en vue d’un cessez-le-feu sont dans l’impasse à la veille du Ramadan, et que plusieurs pays tentent l’impossible pour faire parvenir davantage d’aide à l’enclave assiégée.

Le sergent de première classe Michael Gal, 29 ans et originaire de Jérusalem, membre du 450e bataillon de la brigade Bislamach, a été tué en combattant dans le sud de Gaza dimanche, a annoncé l’armée israélienne, ce qui porte à 249 le nombre de soldats tués dans l’offensive terrestre contre le Hamas, en plus des militaires tués le 7 octobre.

Gal devait être inhumé sur le mont Herzl, à Jérusalem, dimanche soir, quelques heures après les funérailles, au même endroit, du major Amishar Ben David, 43 ans, tué vendredi dans des combats dans la bande de Gaza. Ont notamment pris part aux funérailles de Ben David son cousin, le ministre des Finances Bezalel Smotrich.

« Tu as grandi en chantant la chanson de ta vie, une chanson de gentillesse et de générosité », a déclaré le père de Ben David, Haim, lors de ses funérailles dimanche, faisant référence à son nom, qui signifie en hébreu « ma nation chante ».

Son père a ajouté : « Tu es un soldat là-haut, et nous sommes là, ici-bas, faisant ce qui nous parait bon pour [ton épouse] Shlomit, la brave guerrière, et tes enfants. »

Le sergent de première classe (Rés.) Michael Gal. (Crédit : Armée israélienne)

Sa veuve, Shlomit, a déclaré lors des funérailles qu’il « allait toujours de l’avant, toujours prêt à prendre les choses en main, à donner. Un homme généreux… La douleur est effroyable, terrifiante. Le besoin de toi fait mal. J’ai le cœur brisé. Cela faisait déjà cinq mois que tu me manquais », a-t-elle dit en parlant de la durée de son service dans la réserve.

L’armée a déclaré dimanche matin que l’agent du Hamas responsable de la mort de Ben David avait été tué par un bombardement aérien. L’armée israélienne a publié des images de la frappe, qui, selon elle, a été menée par des membres du commando Egoz.

La frappe a eu lieu alors que les commandos continuaient d’avancer dans le complexe résidentiel de Hamad Town, à Khan Younès, où les soldats se battent depuis le 3 mars.

L’armée israélienne a expliqué dimanche matin prendre part à des « combats intenses » contre des terroristes du Hamas dans ce complexe d’immeubles modernes sorti de terre en 2016 grâce à des fonds qataris. De nombreux appartements hébergeaient ceux dont les maisons avaient été détruites lors des précédents conflits entre Israël et le Hamas.

L’armée israélienne a déclaré que le commando Maglan avait perquisitionné plusieurs appartements utilisés par le Hamas et saisi des armes. Dans l’un de ces appartements, deux membres du Hamas se sont rendus aux troupes, a précisé Tsahal.

Dimanche toujours, l’armée israélienne a annoncé qu’un hélicoptère d’attaque avait frappé, à l’intérieur de ce complexe, un lieu utilisé par les terroristes qui ont participé à l’assaut du 7 octobre et tué quatre de ses membres.

Des habitants du complexe résidentiel Hamad Town, financé par le Qatar, fuyant avec quelques biens suite à une frappe israélienne, à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 2 décembre 2023. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)

L’armée israélienne a ajouté que la brigade Givati avait également découvert une cache d’armes du Hamas dans le secteur. Les soldats ont saisi des mortiers, des engins explosifs, des fusils d’assaut et des munitions.

Les membres de Givati opèrent dans la partie orientale de Hamad, où, selon l’armée israélienne, le Hamas utilisait les immeubles de grande hauteur pour ses activités terroristes.

Toujours à Khan Younès, l’armée israélienne a annoncé que la brigade Bislamach avait tué 17 hommes armés et que la 7e brigade blindée avait tué d’autres hommes armés, parfois à l’aide de frappes aériennes.

Dans le centre de Gaza, la brigade Nahal a tué 13 hommes armés ces dernières 24 heures, par des tirs de snipers et des frappes aériennes et bombardements de chars de soutien, a fait savoir l’armée israélienne.

Des soldats de Tsahal opèrent dans la bande de Gaza sur une photo autorisée à publication le 9 mars 2024. (Crédit : Armée israélienne)

Des frappes aériennes ont également été menées contre un site d’où des roquettes avaient été tirées sur des soldats à l’intérieur de Gaza, ainsi que sur les infrastructures du Hamas à Jabaliya et Beit Hanoun, dans la partie nord de la bande de Gaza, a ajouté Tsahal.

L’espoir d’un cessez-le-feu s’évanouit à quelques heures du début du Ramadan

Alors que les combats continuaient de faire rage, le cabinet de guerre israélien se réunissait dimanche soir pour évoquer la gestion des négociations en vue d’un cessez-le-feu temporaire, manifestement dans l’impasse, a indiqué la Douzième chaîne, un jour après que le service de renseignement du Mossad a déclaré que des initiatives en vue d’un accord étaient en cours, mais que le Hamas refusait de négocier de bonne foi.

« À ce stade, le Hamas campe sur ses positions comme s’il n’était pas intéressé par un accord et met le feu aux poudres dans la région en pleine période de Ramadan, le tous aux dépens de la population palestinienne de la bande de Gaza », a déclaré le Mossad dans un message surprenant, samedi soir.

Le Hamas reproche à Israël de ne pas céder à ses exigences et de ne pas être réellement intéressé par un accord.

Citant deux sources proches des milieux de la sécurité égyptienne, Reuters a indiqué dimanche soir que l’Egypte avait été en contact avec de hauts responsables du Hamas et d’Israël ainsi qu’avec d’autres médiateurs dans le but de relancer les négociations, qui se sont terminées au Caire la semaine dernière sans avancée notable.

Les médiateurs ont fait leur possible pour obtenir un accord de cessez-le-feu qui permettrait par ailleurs de faire libérer les otages avant le Ramadan, qui commence lundi matin.

Benny Gantz, ministre du cabine de guerre, a indiqué qu’Israël allait mener des combats dans la ville méridionale de Rafah, où plus d’un million de Gazaouis déplacés ont trouvé refuge, si aucun accord n’était conclu avant le début du Ramadan.

Des Palestiniens marchent dans une des rues principales – bondées – de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 8 février 2024, en pleine guerre entre Israël et le groupe terroriste palestinien du Hamas. (Crédit : Mohammed Abed/AFP)

La guerre a éclaté lorsque des milliers de terroristes dirigés par le Hamas ont fait irruption en Israël par voie aérienne, terrestre et maritime, avant de tuer près de 1 200 personnes et de kidnapper 253 personnes aujourd’hui séquestrées à Gaza. Environ 130 d’entre elles sont encore otages.

Israël a riposté par une campagne terrestre et aérienne à grande échelle destinée à éliminer le Hamas et qui, selon les chiffres du ministère de la Santé de Gaza, dirigée par le Hamas, aurait d’ores et déjà fait plus de 31 000 victimes. Ces chiffres, qui ne peuvent pas être vérifiés de manière indépendante, pourraient comprendre tout à la fois des civils et des membres du Hamas tués à Gaza, notamment les victimes des tirs ratés de roquettes terroristes.

L’armée israélienne revendique de son côté la mort de plus de 13 000 terroristes à Gaza depuis le début de la guerre, auxquels s’ajoutent le millier de terroristes tués en territoire israélien le 7 octobre.

Face aux inquiétudes suscitées par le risque de famine et le manque d’autres fournitures en raison des combats à Gaza, les États-Unis et la Jordanie ont effectué dimanche un nouveau largage d’aide humanitaire à Gaza, représentant plus de 11 500 repas, a fait savoir l’armée américaine.

Sur cette photo prise depuis la frontière sud d’Israël avec la bande de Gaza, de l’aide humanitaire est larguée par avion au-dessus du territoire palestinien le 10 mars 2024. (Crédit : Menahem KAHANA / AFP)

Suite aux mises en garde répétées de l’ONU contre les risques de famine, des avions américains, jordaniens et autres ont procédé à des largages d’aide alimentaire dans la bande de Gaza ces tout derniers jours, mais le coordinateur de l’aide des Nations unies pour la région a déclaré que l’acheminement de bien plus grandes quantités d’aide par voie terrestre était le meilleur moyen d’aider les 2,4 millions d’habitants du territoire. Cinq personnes à Gaza auraient été tuées vendredi dans un incident de largage d’aide humanitaire.

Israël assure ne pas limiter l’entrée de l’aide humanitaire ou médicale et impute les difficultés aux capacités des agences d’aide, répétant que le nombre de camions d’aide autorisés à entrer dans l’enclave excède de loin les capacités de distribution des agences concernées, lorsque l’aide n’est pas purement et simplement détournée par le Hamas.

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