Un archéologue met en garde le public : le mur Occidental est « en péril »
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Un archéologue met en garde le public : le mur Occidental est « en péril »

Constatant de "multiples fissures" après des chutes de blocs, Zachi Dvira estime que le public ne doit pas être autorisé - ni sur l'esplanade principale ni dans l'arche de Robinson

Amanda Borschel-Dan édite la rubrique « Le Monde Juif »

Vue de l'endroit où un gros bloc de pierre s'est détaché du mur Occidental à Jérusalem dans la zone de prière mixte le 23 juillet 2016. (Yonatan Sindel/Flash90)
Vue de l'endroit où un gros bloc de pierre s'est détaché du mur Occidental à Jérusalem dans la zone de prière mixte le 23 juillet 2016. (Yonatan Sindel/Flash90)

L’archéologue Zachi Dvira, chef du Temple Mount Sifting Project [Projet de tamisage du mont du Temple], a déclaré lundi au Times of Israel, après avoir inspecté le mur Occidental après la chute d’une pierre de l’ère Hérodienne, que l’ensemble du site est une « zone de danger ».

Un bloc de pierre s’est détaché du mur Occidental lundi matin et est tombé sur la zone mixte de l’arche de Robinson, située dans le parc archéologique de Davidson, le long du mur. Enregistré sur une vidéo, le bloc de pierre est tombé très près d’une fidèle.

Le bloc de pierre qui s’est détaché pesait environ 100 kg, a indiqué Radio Israël.

La ministre de la Culture et des Sports Miri Regev (Likud) a convoqué lundi une réunion d’urgence des autorités compétentes pour déterminer les mesures à prendre après la chute du bloc de pierre.

Regev, dont le ministère est responsable de l’Autorité israélienne des antiquités (IAA), a convoqué des représentants de l’IAA, de la municipalité de Jérusalem, du Western Wall Heritage Fund et des grands rabbins d’Israël.

« La chute d’une pierre n’est pas un incident à prendre à la légère – c’est un miracle que personne n’ait été blessé », a déclaré Mme Regev dans un communiqué du ministère.

« L’incident soulève des questions complexes. Nous parlons de la vie humaine et du bien-être du public qui se rend chaque jour au mur Occidental ».

La ministre de la Culture et des Sports Miri Regev assiste à une réunion de la Commission de la Culture, des Sports et de l’Education à la Knesset, le 2 juillet 2018. (Hadas Parush/Flash90)

Regev a chargé l’IAA de récupérer le bloc délogé, estimé à environ 100 kilos, jusqu’à ce que soit décidé ce qu’il faut en faire, d’un point de vue juridique et religieux, indique le communiqué – se référant au caractère sacré éventuel du bloc, qui provient de l’un des sites les plus sacrés du judaïsme.

Le site d’information Ynet en hébreu a rapporté que Regev a demandé conseil aux grands rabbins d’Israël sur la façon dont il fallait traiter le bloc.

L’incident est survenu au lendemain du jour où la plate-forme était bondée de fidèles marquant le jeûne de Tisha BeAv, qui commémore la destruction des deux temples juifs de Jérusalem. Des dizaines de milliers de Juifs israéliens s’étaient également rassemblés sur l’esplanade principale de prière du mur Occidental entre samedi soir et dimanche soir pour marquer solennellement ce jour.

Daniella Goldberg, 79 ans, a déclaré à Reuters : « Je n’ai rien entendu ou senti jusqu’à ce qu’il atterrisse à mes pieds. »

Un rocher du mur Occidental tombe sur une plate-forme de prière mixte le 23 juillet 2018 (Crédit : Western Wall Heritage Foundation via le Mouvement Massorti d’Israël)

Lors de l’inspection de l’archéologue Dvira, lundi après-midi, il a noté de multiples fissures sur d’autres pierres et il estime qu’une autre chute de pierres n’est qu’une question de temps.

L’archéologue Zachi Dvira (Amanda Borschel-Dan/Times of Israel)

D’autres pierres « pourraient tomber d’un moment à l’autre sur la tête des gens », a indiqué M. Dvira, qui termine un doctorat en archéologie sur le mont du Temple.

Il y a plusieurs brèches perceptibles dans le mur Occidental, où de grosses pierres Hérodiennes se sont écroulées dans le passé. Dans un cas notoire en 2004, de gros morceaux de pierre du mur Occidental sont tombés sur l’esplanade de prière principale – blessant légèrement un fidèle à Yom Kippour – en raison de l’érosion causée par des objets métalliques étrangers insérés dans les fissures du mur par les oiseaux.

L’État d’Israël, selon Dvira, « ne procède pas à une préservation adéquate à cause de considérations politiques ». Dans le cas de 2004, des réparations avaient été effectuées sur l’esplanade principale du mur Occidental par les Jordaniens à la suite de nombreux cycles de négociations », a-t-il indiqué. La nature controversée de l’espace de prière mixte a également empêché la préservation du site, a-t-il ajouté.

Un bloc du mur occidental tombe sur une plate-forme de prière le 23 juillet 2018 (Yonatan Sindel/Flash90).

Selon M. Dvira, le bloc qui est tombé lundi était fendu en deux. « Il a été rongé par l’humidité et les racines des plantes qui se développent dans les fissures du mur », a-t-il expliqué.

Il a expliqué au Times of Israel qu’il a examiné les images de la pierre avant sa chute, et que les fissures qu’elle présentait sont identiques à beaucoup d’autres dans le mur Occidental – à la fois dans la zone de l’Arche de Robinson et à celle de l’esplanade principale de prière.

Il a relevé plusieurs chutes de pierres sur les trois autres murs de soutènement du mont du Temple au cours des dernières années, a précisé M. Dvira.

Une famille célèbre une bar mitzva à la petite plate-forme de prière mixte de l’Arche de Robinson, juillet 2018. (Amanda Borschel-Dan/Times of Israel)

Alors que la zone mixte est actuellement fermée au public depuis la chute de la pierre, d’autres zones sont encore accessibles. Dvira est d’avis que le public ne devrait pas être autorisé à s’approcher de l’un des murs, y compris le mur Occidental, et devrait rester en arrière de deux ou trois mètres.

« C’est une question de vie ou de mort », a affirmé M. Dvira.

Après la chute de la pierre de l’une des parties originales de l’époque hérodienne du mur Occidental, une équipe d’experts de l’IAA, comprenant des archéologues, des ingénieurs et des écologistes, a commencé un examen minutieux de la zone touchée.

Une équipe de professionnels a été déployée sur la plate-forme de prière mixte de l’arche de Robinson près du mur Occidental le 23 juillet 2018 suite à la chute d’un bloc de pierre de l’époque Hérodienne. (Avec l’aimable autorisation du Mouvement Masorti/Rabbi Valerie Stessin)

Dans un communiqué, l’IAA a déclaré qu’il y avait un certain nombre de possibilités qui auraient pu causer la chute de la pierre, comme la végétation qui pousse dans les fissures du mur ou l’humidité emprisonnée qui aurait pu causer l’usure de la pierre. Il y a aussi la possibilité d’une défaillance technique encore inconnue.

« Avec l’aide de méthodes technologiques avancées, les experts de l’IAA commenceront à surveiller attentivement la zone à l’automne, dans le cadre d’une enquête sur l’ensemble de la zone et de la formulation de recommandations pour l’élimination de ce danger », a déclaré l’IAA.

« L’Autorité israélienne des antiquités est consciente du caractère délicat du traitement de cette affaire et travaillera en coopération avec tous les organismes concernés ».

Alors que le maire adjoint de Jérusalem, Dov Kalmanovich, du parti sioniste-religieux HaBayit HaYehudi, a indiqué qu’il n’est pas toujours pertinent d’attribuer les phénomènes naturels au divin, il a estimé que « le moment et l’emplacement de la chute soulèvent de nombreuses questions », selon le site Israel National News.

« La chute d’une des pierres du mur Occidental, si peu de temps après Tisha BeAv, et exactement à l’emplacement de la zone de prière controversée, devrait être un voyant rouge pour nous tous », a-t-il déclaré.

« Je suggère que les Réformés, les Femmes du Mur et les autres provocateurs fassent leur examen de conscience, et non le mur. »

Le gros bloc qui est tombé ce matin près de l’arche de Robinson, au sud de l’esplanade principale de prière, a atterri sur une plate-forme servant de lieu de prière non confessionnelle. La création d’un espace de prière permanent et non orthodoxe a fait l’objet de vives critiques de la part de certains responsables religieux.

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