Un avocat complote pour faire accuser un groupe pro-palestinien de vandalisme
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Un avocat complote pour faire accuser un groupe pro-palestinien de vandalisme

L'Ecossais Matthew Berlow a dénoncé sur les réseaux sociaux une attaque fictive, l’imputant à la Campagne de solidarité Ecosse-Palestine

Capture d'écran de la vidéo d'un rassemblement de la Campagne de solidarité Ecosse-Palestine. (YouTube)
Capture d'écran de la vidéo d'un rassemblement de la Campagne de solidarité Ecosse-Palestine. (YouTube)

Un avocat juif écossais a tenté de discréditer un groupe pro-palestinien en l’accusant d’un acte de vandalisme dont il savait qu’il n’avait jamais eu lieu.

Matthew Berlow, un avocat spécialisé en droit pénal basé à Glasgow, risque une amende de 500 livres suite à une enquête menée par la Law Society of Scotland (LSS), a rapporté lundi le journal local Daily Record.

Une décision préliminaire a déclaré que Berlow n’avait pas respecté les normes de comportement attendues de la part d’un avocat.

Le journaliste de la LSS a découvert qu’Ed Sutherland, un enseignant de l’Académie Belmont à Ayr, avait créé un compte Facebook sous le pseudonyme « Steve Harrison » qui, sous couvert d’être un militant pro-palestinien, s’associait ensuite à la Campagne écossaise de solidarité avec la Palestine (SPSC).

Sutherland est un associé de Berlow et les deux hommes ont des liens avec un groupe de défense d’Israël basé au Royaume-Uni, rapporte le Record.

En janvier, le compte de Harrison a publié un message affirmant que la maison de Berlow à Glasgow avait été vandalisée avec des graffitis.

« Un certain avocat juif s’est réveillé ce matin et a trouvé l’inscription ‘Palestine libre’ peinte au spray bien en évidence – aucune idée du responsable », peut-on lire dans le message.

Berlow, qui a déclaré par le passé qu’il était marié à une musulmane, a ensuite commenté : « Idiotie. Comportement criminel typique du SPSC. »

Berlow a ensuite admis qu’il savait que les graffitis avaient été inventée, affirmant à la LSS qu’il avait joué le jeu parce que le personnage de Harrison était utilisé « pour surveiller diverses activités perturbatrices du SPSC ».

Selon le Daily Record, Berlow a affirmé dimanche que ses actions faisaient partie d’un stratagème pour attraper quelqu’un qui le harcelait.

« Malheureusement, j’ai rendu les choses trop réelles et j’ai nommé une organisation que je n’aurais pas dû nommer », a-t-il déclaré. « Ce n’était pas mon intention de blâmer le SPSC pour un événement fictif. »

Mick Napier, président de la branche de Glasgow du SPSC, a demandé que Berlow soit également condamné à payer des dommages et intérêts pour avoir diffamé les membres du SPSC.

« Je pense que ceux qui ont été diffamés, y compris moi-même, devraient recevoir des dommages et intérêts exemplaires. Nous avons été diffamés comme étant antisémites, c’est grave et tout à fait inacceptable », a déclaré Napier.

« La LSS a décidé qu’aucun dommage n’avait été causé à moi-même ou au SPSC, mais je l’invite instamment à reconsidérer cette décision car l’atteinte à notre réputation, en nous accusant de tels actes criminels, est indéniable. »

Ce n’est pas la première fois que Berlow s’en prend à la Law Society of Scotland.

En 2018, il a été condamné à suivre une « formation à la diversité » et à payer une amende suite à une altercation en ligne avec des militants pro-palestiniens dans laquelle il a utilisé un langage acerbe.

Berlow a déclaré au Herald à l’époque qu’il avait été condamné à une amende de 1 750 livres ainsi qu’à une amende supplémentaire de 100 livres pour avoir traité le Dr Karolin Hijazi de « pauvre petite chose fragile » et « d’aspirante à être une guerrière de la justice ».

Dr Karolin Hijazi, militante pro-palestinienne écossaise de l’Université d’Aberdeen en 2014. (Capture d’écran : YouTube)

La querelle avait commencé en 2016 lorsque les activistes pro-palestiniens s’étaient insurgés contre la vente par un homme d’affaires israélien de produits de la mer Morte dans un centre commercial d’Aberdeen.

Après la publication d’un post de la Campagne de solidarité Ecosse-Palestine au sujet de son mouvement de protestation, Berlow avait qualifié les activistes de « minables racistes » sur Facebook, ajoutant : « Vous avez trouvé une cible juive inoffensive sur laquelle cracher votre bile. »

Hijazi, qui affirme d’être d’origine palestinienne et qui avait été placée en détention en 2012 au sein de l’Etat juif avant d’être expulsée, avait participé à la manifestation et apparaissait dans des photos de l’événement. Elle s’était plainte du post de Berlow à la commission des plaintes légales écossaise, qui avait renvoyé l’affaire à la Law Society, selon le journal Herald.

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