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Un champion de beatbox israélien concourra pour le titre mondial – une première

Alors que la scène locale n’en est encore qu’à ses débuts, l'outsider Max Mirel se prépare à participer au Grand Beatbox Battle à Varsovie fin octobre

  • Le champion du monde de beatbox 2015, Alem, au concours de 2019. Alem a déclaré que le joker de Max l'avait rendu inquiet quant à ses chances de participer au Grand beatbox Battle. (Crédit : autorisation de Swissbeatbox)
    Le champion du monde de beatbox 2015, Alem, au concours de 2019. Alem a déclaré que le joker de Max l'avait rendu inquiet quant à ses chances de participer au Grand beatbox Battle. (Crédit : autorisation de Swissbeatbox)
  • Des fans mettent leurs mains en l'air lors d'un concours de beatbox en Israël, sur cette photo non datée. (Crédit : autorisation Beatbox Israel)
    Des fans mettent leurs mains en l'air lors d'un concours de beatbox en Israël, sur cette photo non datée. (Crédit : autorisation Beatbox Israel)

Grand Beatbox Battle est une compétition internationale et annuelle de beatbox organisée par Swissbeatbox. Avec le championnat triennal Beatbox Battle World, elle est considérée comme l’un des événements de beatboxing les plus importants.

Maintenant qu’il a passé son bac, le champion 2020 de Beatbox Israël, Maxim Mirel, alias Max, a un message pour les concurrents du Grand Beatbox Battle 2021 : « L’outsider arrive. »

Avec une ligne de basse menaçante et une caisse claire qui transperce les haut-parleurs, Mirel a pris d’assaut la communauté beatbox israélienne et l’a définitivement mise en avant, assurant ainsi sa place dans le Grand Beatbox Battle (GBB), le premier concours annuel de beatbox au monde. (Pour les non-initiés, le beatbox est l’interprétation a capella à une seule voix de musique rap ou techno, souvent exécutée à une vitesse fulgurante.)

Malgré sa présence imposante au micro, Mirel est en fait assez terre à terre. Bien qu’il ait obtenu en mai sa wild card, son invitation, pour participer au GBB, qui aura lieu du 22 au 25 octobre 2021, il n’a accepté d’être interviewé qu’en août, après avoir passé ses examens de fin d’études secondaires en Israël. « Je préfère laisser ma musique parler d’elle-même », explique ce résident d’Ashkelon de 18 ans.

Les comptes de Mirel sur les réseaux sociaux sont pratiquement dépourvus de détails personnels, et ses pairs de la scène israélienne du beatboxing vont jusqu’à le qualifier de timide. Et alors que de nombreux beatboxers soignent leur image, en publiant des vidéos hautement produites, mises en scène devant des écrans verts, Mirel évite le sophistiqué pour privilégier le simple, avec ses t-shirts à col ras du cou.

Il décompose son style musical en deux composantes principales : il a des « drops fous qui font vibrer la foule », mais il essaie de garder son son « aussi proche que possible de la musique [produite] » le reste du temps. Il a été acclamé par les meilleurs du milieu : Alem, le champion du monde de beatbox 2015, a qualifié la vidéo de Mirel « d’incroyable » et a loué son « atmosphère et sa présence ».

Le mois prochain, Mirel montera donc sur la scène du GBB à Varsovie, en Pologne, aux côtés de 23 autres beatboxers représentant 12 pays sur quatre continents. Les concurrents ont été sélectionnés parmi un total de 1 000 candidats, soit par le biais d’une audition en ligne ou en remportant une compétition internationale majeure. Le championnat du monde Beatbox Battle étant en hiatus indéfini depuis 2018, le vainqueur du GBB pourra prétendre au titre de meilleur beatboxer au monde. Mirel est le premier Israélien à concourir pour ce titre.

Beatbox Israel – le plus grand forum pour les fans et les interprètes du genre – existe depuis 2012. Mais jusqu’à récemment, sa promotion en dehors d’Israël n’était pas vraiment justifiée, explique son fondateur Alon Dabushka.

« Le niveau n’était tout simplement pas assez élevé » pour même soumettre un projet à une compétition, et encore moins pour publier des vidéos de battle, explique Dabushka.

Au départ, la communauté israélienne de beatbox était si peu connue que les organisateurs du Beatbox Battle World Championship n’ont pas pensé à inviter des champions israéliens à leur concours.

« Nous étions si petits », dit Dabushka. « J’avais l’habitude de rechercher des gens sur Facebook, Instagram et YouTube, de leur envoyer mon numéro de téléphone portable et de les inviter personnellement à des événements. »

Le talent et l’énergie de Mirel, le champion israélien 2018 et 2019 Itamar Barry alias De Mellow, et Ori Abada, alias H1PPY (prononcez Hippy) – l’adversaire de Mirel lors de la finale du championnat israélien de beatbox 2020 – ont donné à Dabushka l’occasion de présenter les talents israéliens à l’international.

Itamar Barry, alias De Mellow, à gauche, déclaré vainqueur du championnat israélien de beatbox 2019 sur cette photo non datée. (Autorisation Beatbox Israel)

Le GBB a été fondé en 2011 par Swissbeatbox, qui était alors l’organisateur national de compétitions de beatbox en Suisse. Au cours des années qui ont suivi, Swissbeatbox est devenue la plus importante organisation de beatbox au monde, le GBB servant d’événement phare. Ses fans se comptent par millions dans le monde entier.

Avec un tel nombre d’intéressés, les beatboxers convoitent l’opportunité d’apparaître sur la chaîne YouTube de Swissbeatbox, et les invitations du GBB sont devenues plus compétitives au fil des ans.

Les auditions pour la distribution des wild cards de cette année ont attiré des centaines de vidéos en compétition pour seulement sept invitations à se produire sur la scène du Grand Beatbox Battle. Mais Mirel ne s’est pas contenté de battre les autres candidats – il a également surclassé deux champions du monde, 15 champions nationaux, 13 anciens participants au GBB et deux anciens juges du GBB.

Le Championnat du monde de beatbox Battle étant suspendu (il n’a pas lieu tous les ans) et le GBB de l’année dernière ayant eu lieu en ligne en raison des restrictions liées à la pandémie, de nombreuses grandes stars du beatboxing rêvaient de remonter sur scène et ont soumis des candidatures spontanées dans l’espoir d’un retour triomphal.

Des fans lors d’un concours de beatbox en Israël, sur cette photo non datée. (Autorisation Beatbox Israel)

Le directeur général de Swissbeatbox, Andreas « Pepouni » Fraefel, reconnaît que le succès de Mirel est une énorme preuve de la qualité du beatbox en Israël.

« Si c’est la première fois qu’un pays est admis, c’est bien sûr très spécial », explique Fraefel. « Ce n’est pas une chose facile à faire, donc cela montre qu’un participant a vraiment montré de grands résultats. »

Alors que les célébrités du beatbox cherchaient à retrouver leurs gloires passées, De Mellow affirme que lui et Mirel ont élaboré une stratégie dans l’espoir de mettre un pied sur la scène internationale.

« Lorsque nous avons téléchargé nos vidéos, notre objectif était d’obtenir beaucoup de vues, de faire beaucoup de buzz. Probablement pas de réussir, mais d’être bien classés », explique De Mellow.

Mirel a un discours différent : « Je me suis inscrit pour gagner. »

Observant les talents émergents de la scène israélienne, Dabushka se dit fier – et admet volontiers que le nouveau trio est d’un calibre différent. Le propriétaire de Beatbox Community, David Tverskoy, alias D-Koy, est du même avis. Beatbox Community, anciennement Beatbox Talk, est une plateforme en ligne où les nouveaux beatboxers peuvent s’entraîner ensemble, faire des battles, et plus généralement se faire les dents avant d’être prêts à concourir au plus haut niveau.

Bien que D-Koy, basé aux États-Unis, soit à l’avant-garde du beatbox international, il ne connaissait pas la communauté israélienne de beatbox avant 2018. Par hasard, lui et sa famille sont allés en vacances en Israël, où il a découvert « qu’il y avait clairement un groupe qui faisait son maximum pour bâtir une communauté là-bas ».

Max, H1ppy et De Mellow n’étaient pas présents à une réunion qui a suivi en 2018, mais ils sont devenus des incontournables de Beatbox Community depuis, et D-Koy a suivi leurs progrès.

« J’ai pu voir [la scène israélienne du beatbox] à ses tout débuts, et je dirais même qu’elle en est encore à ses débuts aujourd’hui », dit D-Koy. « Mais [elle] commence à faire de grandes avancées avec le premier Israélien au GBB. »

Beatbox Israël a organisé son championnat israélien 2021 le 23 septembre à Petah Tikva. Cette année, à la place de Dabushka, la nouvelle génération a dirigé l’événement. Daniel Mantzur, alias monT, a organisé le championnat, Mirel a jugé les wild cards, et De Mellow s’est fortement impliqué dans la gestion de la chaîne YouTube de Beatbox Israel.

Pour la première fois de mémoire récente, le fondateur de Beatbox Israel a été libre de profiter de son championnat national depuis la foule. En octobre, il assistera à l’ascension de l’une des jeunes stars israéliennes sur la scène internationale lors du Grand Beatbox Battle.

Le champion du monde de beatbox 2015, Alem, au concours de 2019. Alem a déclaré que la wild card de Max l’avait rendu inquiet quant à ses chances de participer au Grand Beatbox Battle. (Autorisation de Swissbeatbox)

À l’approche du GBB, Mirel est confiant. « Je n’ai pas soumis une vidéo juste pour me faire un nom ou pour le beatbox israélien », dit-il. « Mon objectif est de me rendre aux battles et d’aller aussi loin que possible. »

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