Israël en guerre - Jour 288

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Un drone chargé d’explosifs lancé depuis le Liban frappe une ville du nord d’Israël

Un drone frappe près de Margaliot, un 2e drone est intercepté ; Tsahal répond par des tirs d'artillerie ; des responsables israéliens auraient été réprimandés par leurs homologues américains

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Illustration : Des volutes de fumée se dégageant après des frappes israéliennes dans le village de Majdal Zoun, au sud du Liban, près de la frontière, le 15 décembre 2023. (Crédit : AFP)
Illustration : Des volutes de fumée se dégageant après des frappes israéliennes dans le village de Majdal Zoun, au sud du Liban, près de la frontière, le 15 décembre 2023. (Crédit : AFP)

Un drone apparemment chargé d’explosifs lancé du Liban vers Israël a frappé près de la communauté de Margaliot, dans le nord du pays, samedi matin, a indiqué samedi l’armée israélienne.

Un deuxième drone a été intercepté par le système de défense Dôme de fer, a déclaré Tsahal.

L’armée n’a pas encore publié d’informations sur les victimes potentielles de l’attaque au drone.

Les troupes ont répondu par des tirs d’artillerie sur des cibles au sud du Liban, dans le cadre des échanges de tirs continus avec le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah le long de la frontière nord.

Israël a prévenu qu’il ne tolérerait plus la présence du Hezbollah, soutenu par l’Iran, le long de la frontière nord, après que quelque 3 000 terroristes du Hamas ont pris d’assaut la frontière depuis la bande de Gaza le 7 octobre, tuant 1 200 personnes et en enlevant plus de 240 – principalement des civils.

Depuis cette date, le Hezbollah a attaqué de façon presque quotidienne les communautés israéliennes et les postes militaires le long de la frontière, bien qu’il ait tenté de limiter l’ampleur des attaques dans le but apparent d’éviter une guerre totale.

Une unité d’artillerie israélienne tirant depuis une position en Haute Galilée dans le nord d’Israël vers le sud du Liban, le 11 décembre 2023. (Crédit : Jalaa Marey/AFP)

Parallèlement, CNN a rapporté vendredi que des responsables israéliens ont été réprimandés par leurs homologues américains au sujet des frappes qui ont touché des positions militaires libanaises.

Bien que certaines de ces frappes aient pu être accidentelles, un responsable a déclaré à la chaîne qu’il pensait que l’intention d’autres frappes était moins évidente.

« Les États-Unis ont été clairs. Nous ne voulons pas que ce conflit s’étende au Liban et nous continuons à exhorter les Israéliens à faire tout ce qu’ils peuvent pour être ciblés et éviter les civils, les infrastructures civiles, les terres agricoles civiles, l’ONU et les forces armées libanaises [LAF] », a déclaré à CNN un porte-parole du Conseil de sécurité nationale (NSC) américain.

« Les États-Unis sont fiers de leur partenariat avec les LAF, une institution essentielle, non seulement à la stabilité et à la sécurité du Liban, mais aussi de toute la région », a affirmé Tsahal.

A LIRE – Liban : le parlement prolonge le mandat du chef de l’armée pour éviter le vide

Un porte-parole de l’armée israélienne a déclaré à CNN que tout dommage causé aux militaires ou aux civils libanais n’était pas intentionnel.

« En réponse à l’agression du Hezbollah, Tsahal frappe l’infrastructure militaire [armée] du groupe terroriste et s’efforce d’éliminer toute menace pour l’État d’Israël », a déclaré le porte-parole de l’armée israélienne, Nir Dinar.

« Tout préjudice causé à des civils et à d’autres forces est involontaire. De tels incidents sont examinés afin d’améliorer les précautions opérationnelles et d’assurer la responsabilité lorsque cela est nécessaire », a affirmé Dinar.

Le reportage indique que les responsables américains ont été frustrés par ces incidents dans la mesure où ils estiment que l’armée libanaise devra jouer un rôle clé dans toute résolution éventuelle des combats à la frontière septentrionale d’Israël.

Des soldats de l’armée israélienne s’entraînant dans le nord d’Israël, sur une photo publiée le 15 décembre 2023. (Crédit : Armée israélienne)

Vendredi, le ministre de la guerre Benny Gantz a averti qu’Israël serait contraint d’éloigner le Hezbollah de la frontière libanaise si la communauté internationale ne parvenait pas à le faire par des moyens diplomatiques.

Gallant a affirmé que « si le monde ne parvient pas à éloigner le Hezbollah de la frontière, Israël le fera ».

Dans un apparent avertissement au groupe terroriste chiite libanais , Tsahal a publié vendredi un communiqué indiquant qu’elle procédait à un entraînement intensif dans le nord d’Israël.

L’armée a déclaré que les exercices, baptisés « Temps précieux », visent à préparer les soldats à « d’autres scénarii possibles à la frontière nord », tout en menant leurs opérations de routine dans la région.

Tsahal a également indiqué que les troupes s’entraînaient de jour comme de nuit, dans des zones ouvertes et urbaines, et du niveau de la section à celui du bataillon. Les soldats apprennent également à utiliser des véhicules blindés et d’autres armes.

Le conseiller à la Sécurité nationale des États-Unis, Jake Sullivan, a déclaré à la presse vendredi que « les citoyens d’Israël qui ont été évacués du nord doivent pouvoir rentrer chez eux et le faire avec un véritable sentiment de sécurité. Et cela signifie qu’il faut faire face à la menace qui vient de l’autre côté de la frontière ».

Il a cependant précisé que Washington continuait de croire que « cette menace peut être résolue par la voie diplomatique et ne nécessite pas le déclenchement d’une nouvelle guerre ».

Sullivan a admis qu’un tel effort nécessitait également « une capacité de dissuasion, car nous devons envoyer un message clair selon lequel nous ne tolérerons pas le type de menaces et d’activités terroristes que nous avons observées de la part du Hezbollah et du territoire libanais ».

Le ministre de la Défense Yoav Gallant, à droite, rencontrant le conseiller américain à la Sécurité nationale Jake Sullivan, à Tel Aviv, le 14 décembre 2023. (Crédit : Ariel Hermoni/Ministère de la Défense)

Le message reflétait manifestement une intensification des pressions exercées par Israël sur les États-Unis et d’autres membres de la communauté internationale pour rétablir le calme à la frontière par la voie diplomatique.

Jérusalem espère que les États-Unis, la France ou d’autres médiateurs étrangers parviendront à faire appliquer la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies.

Cette résolution a mis fin à la deuxième guerre du Liban en 2006 et appelait au désarmement de toutes les forces armées non étatiques au Liban – à savoir le Hezbollah – ainsi qu’à un retrait de toutes les forces armées de la région située entre la frontière israélo-libanaise et le fleuve Litani, à l’exception de l’armée libanaise et de la mission de maintien de la paix de l’ONU, la FINUL.

Cependant, au fil des ans, le Hezbollah n’a cessé de violer la résolution, en amassant des armes et des forces près de la frontière, sans véritable intervention de la FINUL.

Des personnes inspectant une maison détruite à la suite d’un bombardement israélien dans le village de Markaba, au sud du Liban, près de la frontière avec Israël, le 15 décembre 2023. (Crédit : Hassan Fneich/AFP)

Parallèlement, des habitants du sud du Liban ont affirmé vendredi que Tsahal avait largué des tracts avertissant les résidents de ne pas aider le Hezbollah, pour la première fois depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas.

Israël avait également largué des tracts sur certaines parties du Sud-Liban pendant la guerre de 2006 contre le Hezbollah ; des tracts encourageant les Palestiniens à ne pas aider le Hamas ont aussi été largués pendant la guerre actuelle à Gaza.

Jusqu’à présent, les affrontements à la frontière ont causé la mort de quatre civils du côté israélien et de six soldats de Tsahal.

Du côté libanais, plus de 120 personnes ont été tuées, selon un bilan de l’AFP. Ce chiffre comprend 107 terroristes du Hezbollah, dont certains ont été tués en Syrie, 16 terroristes palestiniens, au moins 14 civils et trois journalistes.

Les responsables de la Défense israélienne estiment que le bilan du Hezbollah est plus élevé et que le groupe terroriste dissimule le nombre réel de victimes dans ses rangs.

Plus de 64 000 personnes ont été déplacées au Liban, principalement dans le sud, selon les chiffres de l’Organisation internationale pour les migrations.

En Israël, on estime que 100 000 personnes ont évacué leurs maisons à la frontière nord avec le Liban.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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