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Interview

Un élu US de la Silicon Valley puise son inspiration en Israël pour prospérer

Ro Khanna, en visite en Israël dans le cadre d’une délégation dirigée par Nancy Pelosi, se dit impatient de voir comment le pays étend l’innovation aux communautés « exclues »

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Le représentant Ro Khanna, président de la sous-commission de l'environnement, interroge les témoins lors d'une audience de la commission de la Chambre sur le contrôle et la réforme sur le rôle des entreprises de combustibles fossiles dans le changement climatique, jeudi 28 octobre 2021, au Capitole à Washington. (Crédit : AP/Jacquelyn Martin)
Le représentant Ro Khanna, président de la sous-commission de l'environnement, interroge les témoins lors d'une audience de la commission de la Chambre sur le contrôle et la réforme sur le rôle des entreprises de combustibles fossiles dans le changement climatique, jeudi 28 octobre 2021, au Capitole à Washington. (Crédit : AP/Jacquelyn Martin)

Le représentant au Congrès américain, Ro Khanna est arrivé en Israël mardi alors que son dernier livre est mis en vente aux États-Unis.

Avec Dignity in a Digital Age, déjà un best-seller sur Amazon, Israël semble être un bon endroit pour le représentant du 17e district de la Californie, qui couvre le sud de la baie de San Francisco et englobe une grande partie de la Silicon Valley.

Lors d’un échange téléphonique lundi alors qu’il se rendait à l’aéroport, il a déclaré au Times of Israël :« Ce livre est similaire à Start-Up Nation, faisant référence au best-seller de 2009 qui a examiné la croissance économique rapide d’Israël.

« Il s’agit d’apporter la technologie et l’entrepreneuriat dans des endroits aux États-Unis qui sont laissés pour compte », a-t-il déclaré.

Start-Up Nation a également mis en lumière la capacité d’ Israël à s’étendre au-delà de Tel-Aviv, vers des endroits comme le Néguev, a-t-il dit, en l’attribuant à « l’extraordinaire culture d’entrepreneuriat et d’innovation d’Israël ».

Sur le papier, l’appétit de Khanna pour la propagation de la croissance technologique en dehors de ses centres traditionnels ne correspond pas au fait qu’il représente la Silicon Valley au Congrès. Mais il estime que la promotion des emplois technologiques en dehors de son district sera essentielle pour construire une économie durable à l’échelle nationale et mondiale.

« Il y aura 25 millions d’emplois numériques aux États-Unis et 100 millions à l’échelle mondiale. Nous ne pouvons pas nous contenter de les avoir dans cinq ou six régions métropolitaines », a soutenu le membre du Congrès qui exerce son troisième mandat électoral.

Des entrepreneurs israéliens au travail dans les locaux de la Silicon Valley de UpWest Lab. (Crédit : autorisation)

Khanna est l’un des sept élus démocrates venus en Israël dans le cadre d’une délégation dirigée par la présidente de la Chambre, Nancy Pelosi.

Les Représentants Adam Schiff, Ted Deutch, Barbara Lee, Bill Keating, Eric Swalwell et Andy Kim sont les autres membres de la délégation, parmi eux des libéraux et des conservateurs du parti. Étoile montante de l’aile progressiste du Parti démocrate, Khanna s’est placé vers le milieu du spectre parmi les législateurs lors du voyage.

Le groupe a rencontré le Premier ministre Naftali Bennett, le président Isaac Herzog, le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid, le ministre de la Défense Benny Gantz et d’autres hauts dirigeants israéliens. Ils se sont également rendus à Ramallah pour rencontrer le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.

Khanna a déclaré qu’il a eu un certain nombre de conversations avec des entrepreneurs israéliens dans le but d’élargir les liens économiques américains avec Israël et il cherche à utiliser son deuxième voyage en Terre Sainte pour poursuivre ces discussions et en apprendre davantage sur la question.

L’élu américain a déclaré que son objectif était de d’offrir un large accès à la technologie, l’entrepreneuriat et l’innovation pour construire une économie qui doit inclure toutes les catégories de populations. Le succès sur ce front aidera à atténuer la polarisation politique qui ne cesse de s’intensifier aux États-Unis et dans le monde entier, a déclaré Khanna.

Le nouveau gouvernement israélien peut trouver avec lui un objectif commun. Bennett décrit la composition politiquement et ethniquement diversifiée de sa coalition comme un antidote à la polarisation qui a entraîné le pays dans une suite de quatre élections en moins de deux ans.

Khanna a convenu que le nouveau gouvernement est source d’optimisme, mais a noté qu’il attendait avec impatience de savoir comment il prévoit de promouvoir les droits des Palestiniens, même s’il pourrait y avoir des limites politiques étant donné la composition de la coalition.

Alors que la coalition comprend des partis centristes et de gauche qui soutiennent la création d’un état palestinien, Bennett est un opposant avoué à la concession de terres aux Palestiniens et refuse de rencontrer Abbas, pointant du doigt les enquêtes criminelles du président de l’AP contre Israël à La Haye.

Le Premier ministre Naftali Bennett, à gauche, et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas. (Crédit : Montage/AP)

« Bien qu’il y ait [des désaccords], le fait [que Bennett] appartienne à une nouvelle génération… cela a suscité de l’attrait dans mon district de la Silicon Valley en raison de ses antécédents, compte tenu de son appréciation de la technologie et de l’entrepreneuriat », a déclaré M. Khanna.

Avant de se lancer en politique, Bennett était cofondateur et PDG de Cyota, une entreprise de logiciels dont la vente a fait de lui un multimillionnaire.

Khanna a admis être particulièrement enthousiaste à l’idée de rencontrer la ministre des Transports Merav Michaeli, louant son habileté politique à ramener le Parti travailliste au gouvernement. Khanna éprouve également un sentiment favorable envers Lapid « qui, d’après ce que j’ai entendu, veut faire des progrès » sur le front palestinien également.

L’avenir du Parti démocratique

« Je pense que ce sera un voyage très intéressant parce que vous avez une délégation du Congrès très importante et diversifiée qui aidera à façonner ce à quoi ressemblera la relation entre les États-Unis et Israël… dans les deux années à venir », a déclaré Khanna.

« Nous y allons avec l’espoir qu’il y a un réel engagement [d’Israël] à poursuivre la paix, à poursuivre la désescalade du conflit et à garantir les droits de tous », a-t-il poursuivi. « Il y aura des discussions franches sur ces questions, mais cette délégation croit aux relations entre les États-Unis et Israël… [alors] les conversations franches se feront entre amis. »

Khanna s’est exprimée dans le passé contre la construction d’implantations israéliennes, la violence des habitants des implantations, les démolitions de maisons et les expulsions de Palestiniens, tout en soutenant le renforcement de l’alliance américano-israélienne. « C’est très important du point de vue de la sécurité nationale, du point de vue économique et du point de vue moral », a-t-il déclaré lundi.

« Je crois en un foyer national juif, mais j’ai aussi été très franc sur les droits de l’Homme », a-t-il dit, se qualifiant de « progressiste en faveur d’Israël ».

Comme une partie croissante de démocrates s’éloigne d’Israël sur le dossier des relations entre Israël et les Palestiniens, Khanna a déclaré que les positions qu’il a sur la question sont celles qui peuvent bénéficier d’un large soutien au sein du parti.

« Le parti démocrate reste déterminé à entretenir de solides relations entre les États-Unis et Israël. Ce qui a changé, c’est qu’il y a maintenant une volonté affichée de défendre les droits de l’homme d’une manière beaucoup plus forte, ce qui est accepté par la majorité au sein de notre parti », a déclaré Khanna.

Bien qu’il ait minimisé l’influence de cette minorité critique, le membre du Congrès de la Californie a déclaré qu’elle représente « une voix qui fait partie de la très vaste démocratie multiraciale et multiethnique qu’est l’Amérique ».

« Nous devrions être ouverts à tous les points de vue », a-t-il dit, « mais si vous me demandez les points de convergence dans le parti démocrate au cours des prochaines années, je dirais que ce sera ce que j’exprime — un engagement ferme à l’égard de la relation entre les États-Unis et Israël, mais qui est fermement ancré dans les droits de la personne et qui n’a pas peur de parler de choses qui, selon nous, apporteront la paix dans la région et aideront à établir une solution à deux états. »

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