Un élu Likud réclame à Mandelblit une enquête sur Raviv Drucker et ses collègues
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Un élu Likud réclame à Mandelblit une enquête sur Raviv Drucker et ses collègues

Shlomo Karai veut également que des enquêtes soient menées sur deux autres journalistes, coupables de "graves délits" dans leur couverture des enquêtes sur le Premier ministre

Le député du Likud Shlomo Karai à la Knesset, le 13 janvier 2020 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Le député du Likud Shlomo Karai à la Knesset, le 13 janvier 2020 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Quelque jours après le retweet, par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, d’une déclaration recommandant vivement qu’un journaliste à l’origine de divers reportages sur ses déboires judiciaires soit emprisonné – une déclaration sur laquelle il est ultérieurement revenu – un allié du Premier ministre, au Likud, a demandé au procureur-général l’ouverture d’une enquête à l’encontre de Raviv Drucker, journaliste de la Treizième chaîne, et sur deux de ses collègues.

Le député Shlomo Karai a envoyé un courrier au procureur-général Avichai Mandelblit dans lequel il a appelé à ce que des investigations soient menées sur Drucker, ainsi que sur deux analystes de la chaîne, Aviad Glickman et Baruch Kra.

Les trois journalistes ont largement couvert les affaires de corruption impliquant Netanyahu.

Karai, dans son courrier à Mandelblit, a clamé – sans fondement juridique clair – que les journalistes avaient commis « une série de graves délits », se rendant notamment coupables d’obstruction à la justice, de subornation et de harcèlement de témoin.

« La liberté de la presse est incroyablement importante dans une démocratie mais il est également interdit aux journalistes de manipuler les témoins et de fausser ainsi un procès », a écrit Karai sur Twitter.

Il a ajouté avec ironie que « je n’attends rien du procureur-général qui aurait déjà dû démissionner il y a longtemps, mais ce geste symbolique est important à mes yeux ».

Au fur et à mesure que les enquêtes sur Netanyahu ont avancé, ainsi que son procès, les appels à la démission de Mandelblit se sont multipliés parmi les alliés du Premier ministre, à la droite de l’échiquier politique. Ces derniers demandent également la réouverture d’un dossier, en 2010, dans lequel le procureur-général avait été soupçonné d’actes répréhensibles avant d’être blanchi.

Le procureur général Avichai Mandelblit assiste à un événement à l’hôtel Dan à Jérusalem, le 6 février 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)

La supplique de Karai à Mandelblit survient quelques jours après que Netanyahu a retweeté un communiqué du Likud, qui affirmait que Drucker devait être emprisonné pour son travail sur les affaires de corruption impliquant le Premier ministre.

« Raviv Drucker se livre, ce soir encore, à un procès en direct du Premier ministre Netanyahu, tout en obstruant la procédure judiciaire des magistrats, en menaçant les témoins de l’accusation, avec pour objectif de tenter d’influencer l’opinion des juges », a écrit le parti.

« Dans un monde juste, Raviv Drucker serait emprisonné dès aujourd’hui pour sa diffusion de fuites d’informations sur les dossiers et pour son obstruction des procédures judiciaires », a dit le Likud dans sa déclaration. Netanyahu l’a retweetée.

La déclaration avait été ultérieurement supprimée des pages Twitter du Likud et de Netanyahu.

Interrogé à ce sujet au cours d’une conférence de presse, Netanyahu a déclaré qu’emprisonner des journalistes était « absurde », ajoutant que le communiqué avait été issu « de la formulation malheureuse d’un porte-parole – ce qui arrive de temps en temps ».

Il a toutefois critiqué Drucker qui, a-t-il estimé, devrait être interrogé par la police.

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