Netanyahu fait marche arrière après avoir appelé à emprisonner un journaliste
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Netanyahu fait marche arrière après avoir appelé à emprisonner un journaliste

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a dit qu'il s'opposait à l'idée de jeter en prison des journalistes critiques

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d'une conférence de presse à Jérusalem, le 11 juin 2020. (Crédit : capture d'écran)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d'une conférence de presse à Jérusalem, le 11 juin 2020. (Crédit : capture d'écran)

Jeudi soir, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a fait marche arrière sur un communiqué publié par son parti du Likud la veille. Le communiqué appelait à mettre un journaliste en prison pour avoir mené une enquête sur une affaire de corruption concernant le Premier ministre. Netanyahu a dit qu’il s’opposait à l’idée de jeter en prison des journalistes critiques.

« Mettre des journalistes en prison est absurde, a déclaré Netanyahu en réponse à une question sur le communiqué, que le Premier ministre avait lui-même défendu en le retweetant jeudi matin.

Après la diffusion de mercredi du programme d’investigation « HaMakor » de la Treizième chaîne, le Likud a publié un tweet accusant la chaîne de ne pas avoir demandé au Likud de commenter ou de ne pas avoir diffusé sa réponse dans un reportage du journaliste Raviv Drucker.

Le tweet, dont le Likud a dit qu’ils constituait sa réponse, incluait une vidéo se moquant de la Treizième chaîne et de Drucker, accusant « la fausse chaine 13 de censurer la vérité ».

Raviv Drucker à la Knesset le 25 mai 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Raviv Drucker continue ce soir à mener un procès criminel de terrain contre le Premier ministre Netanyahu, faisant de l’obstruction à des procédures de justice, menaçant des témoins d’État, tout cela afin de faire pencher la balance des juges », avait déclaré le parti.

Selon le Likud, le fait que les autorités n’aient pas arrêté Drucker et « lui laissent libre court avec des fuites et de l’extortion de témoins » renforçait l’idée que « le jeu est truqué » contre Netanyahu, qui est visé dans deux autres affaires.

« Dans un monde normal, Raviv Drucker irait en prison aujourd’hui pour avoir fait fuiter de manière criminelle des informations et pour avoir fait obstruction aux procédures judiciaires », précisait le communiqué du Likud.

Malgré son propre retweet, Netanyahu, qui s’exprimait lors d’une conférence de presse jeudi soir, a déclaré que le communiqué n’était rien d’autre qu’une « formule malheureuse d’un porte-parole, ce qui se produit de temps en temps ».

Il a cependant poursuivi en critiquant Drucker pour son reportage, suggérant même qu’il devrait être interrogé par la police.

« Je suis en faveur de la diversité et de l’expression d’opinions et de critiques, mais les journalistes ne peuvent pas interférer avec une procédure judiciaire et influer des témoins, a déclaré Netanyahu. Ce sont des éléments qui doivent être examinés et faire l’objet d’une enquête. Personne n’est au-dessus de la loi – même les journalistes. »

En réponse aux commentaires originaux sur Drucker, qui ont été effacés jeudi soir des comptes Twitter du Likud et du Premier ministre, le ministre de la Défense Benny Gantz et plusieurs alliés de sa coalition ont publié des communiqués défendant la liberté de la presse et soulignant que le rôle des journalistes était de contrôler ceux au pouvoir.

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