Un général puni pour avoir fait visiter à des soldats un tunnel du Hezbollah
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Un général puni pour avoir fait visiter à des soldats un tunnel du Hezbollah

Le général Rafi Milo a reconnu une "erreur de jugement" et ne pourra pas obtenir de promotion pendant les trois prochaines années

Le général Rafi Milo, commandant de la 91ème division de Galilée (à droite), remet une récompense au major Y du corps d'ingénierie pour son action dans l'opération Bouclier du nord. (Crédit : Tsahal)
Le général Rafi Milo, commandant de la 91ème division de Galilée (à droite), remet une récompense au major Y du corps d'ingénierie pour son action dans l'opération Bouclier du nord. (Crédit : Tsahal)

Un général de l’armée israélienne a été blâmé et sa promotion repoussée après qu’un article a révélé qu’il avait emmené des soldats pour une visite non autorisée de l’un des tunnels du Hezbollah découverts par Israël le long de sa frontière avec le Liban.

Des hauts gradés de l’armée ont critiqué le général Rafi Milo, le commandant de la 91e division de Galilée, en déclarant qu’il avait inutilement mis en danger la vie de soldats et risqué de déclencher un incident international le long de cette frontière sous haute tension.

Plus tôt dans la semaine, le site d’information Ynet a rapporté que Milo avait emmené un groupe de soldats pour une excursion nocturne dans le plus grand tunnel découvert par Israël lors de l’Opération Bouclier du nord organisée plus tôt cette année.

Milo et ses soldats ont suivi le parcours du tunnel pour aller jusqu’à son origine, plusieurs kilomètres au sein du territoire libanais. L’article a expliqué que Milo n’avait pas l’autorisation de ses supérieurs pour visiter le tunnel, et il n’a informé personne dans l’armée qu’ils y allaient.

Après la révélation de l’information dans la presse, Milo a été convoqué par le chef de l’Etat major Aviv Kochavi et le chef du Commandement du nord, le général Amir Baram.

Une photo prise le 3 juin 2019, lors d’une visite organisée avec des soldats israéliens qui s’approchent de l’entrée d’un tunnel du côté israélien de la frontière avec le Liban. (Jack Guez/AFP)

Selon Ynet, Milo a assumé l’entière responsabilité de l’incident, mais a défendu sa décision de contrôler le tunnel.

« J’ai commis une erreur de jugement, a-t-il dit à Kochavi et Baram. Mais je suis un commandant d’unité de combat, et il était impossible pour moi de ne pas aller voir le bout du tunnel. »

Un haut gradé de l’armée israélienne a déclaré à Ynet que Kochavi était « furieux » de la sortie de Milo, puisque c’était non seulement une « conduite totalement irresponsable » mais que cela constituait une violation évidente des protocoles de sécurité militaire.

Kochavi était en faveur d’une punition plus dure, mais Baram est intervenu en faveur de Milo et a convaincu le chef de l’armée de ne pas être trop sévère avec le général étant donné ses excellents états de service. Milo ne pourra pas obtenir sa promotion attendue au grade de général major avant 2022.

Le chef du commandement du nord de l’Armée, Amir Baram, s’exprime à une cérémonie en mémoire de la Deuxième guerre du Liban, le 11 juin 2019. (Crédit : Tsahal)

« Au final, le chef de l’armée était satisfait d’avoir donné [à Milo] une tape sur la main, et rien de plus », a déclaré l’armée israélienne.

Milo a servi comme commandant de l’unité commando naval d’élite Shayetet 13, de l’unité de reconnaissance de la brigade Golani, et de la Brigade Faran le long de la frontière égyptienne.

Il a été nommé Commandant de la division Galilée en 2017, où il a supervisé l’Opération Bouclier du nord, dans laquelle l’armée a découvert au moins six tunnels d’attaque transfrontaliers creusés par le Hezbollah depuis le sud du Liban vers Israël.

Selon l’armée, le Hezbollah prévoyait d’utiliser les tunnels pour enlever ou tuer des civils ou des soldat israéliens, et pour s’approprier une partie du territoire israélien en cas de conflit.

Une capture d’écran d’une vidéo publiée par l’armée israélienne le 19 décembre 2018 montre le tracé d’un tunnel d’attaque transfrontalier qui a été creusé par le groupe terroriste du Hezbollah. (Armée israélienne)

Le mois dernier, plusieurs chefs du Hezbollah ont déclaré au Daily Beast que le groupe terroriste soutenu par l’Iran se préparait à la guerre à la fois sur la frontière du Liban et de la Syrie avec Israël. Leurs combattants seraient mieux préparés à une confrontation avec Israël qu’en 2006, après avoir envoyé de milliers de terroristes combattre aux côtés des troupes du président Bachar al-Assad en Syrie.

En juin, Baram a menacé de mener des actions ouvertes et secrètes contre le Hezbollah et le Liban en réaction à leurs efforts de renforcer l’infrastructure terroriste du groupe le long de la frontière avec Israël. Dans un futur conflit contre le groupe terroriste, Baram a prévenu que le Liban allait probablement « payer le prix fort » pour avoir permis au Hezbollah de s’y implanter.

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