Dore Gold démissionne pour des « raisons personnelles »
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Dore Gold démissionne pour des « raisons personnelles »

Après 16 mois à son poste, le directeur général des Affaires étrangères serait frustré que Netanyahu le tienne à l'écart des affaires importantes

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Dore Gold, directeur général du ministère des Affaires étrangères. (Crédit : Kobi Gideon/Flash90)
Dore Gold, directeur général du ministère des Affaires étrangères. (Crédit : Kobi Gideon/Flash90)

Un proche conseiller du Premier ministre Benjamin Netanyahu, Dore Gold, a présenté sa démission surprise du poste clé de directeur général des Affaires étrangères pour des « raisons personnelles », a indiqué jeudi le ministère des Affaires étrangères.

Les médias israéliens ont cité des responsables israéliens importants déclarant que Gold démissionnait principalement parce qu’il était frustré d’avoir été relégué aux accords avec l’Afrique et laissé à l’écart des sujets de politique étrangère plus importants du pays.

Né dans le Connecticut et confident de longue date de Netanyahu, Gold quitte les Affaires étrangères après 16 mois, pendant lesquels il a supervisé plusieurs réussites diplomatiques importantes.

« Je remercie le Premier ministre pour la confiance qu’il m’a accordée, et je continuerais à être disponible pour toute mission qui me serait imposée dans le futur », a déclaré Gold, 63 ans, dans un communiqué. « Le poste de directeur général du ministère des Affaires étrangères a été le sommet personnel et professionnel de nombreuses années que j’ai passé à servir sur le front diplomatique. »

Répondant à une question sur la démission de Gold, Netanyahu a remercié son confident pour sa « grande contribution dans le renforcement des relations diplomatiques d’Israël avec le monde, en particulier avec l’Afrique et le Moyen-Orient. Dore a été avec moi pendant 25 ans, et je suis certain qu’il pourra être recruté sur n’importe quelle mission, à n’importe quel moment qui le nécessitera. »

Tzipi Hotovely, députée du Likud et vice-ministre des Affaires étrangères, à la Knesset, le 7 juillet 2014. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Tzipi Hotovely, députée du Likud et vice-ministre des Affaires étrangères, à la Knesset, le 7 juillet 2014. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Tzipi Hotovely, vice-ministre des Affaires étrangères, a également exprimé sa « tristesse » après le départ de Gold. Il a apporté au ministère sa grande expérience « dans la sphère américaine ainsi que dans la sphère moyen-orientale », a-t-elle déclaré dans un communiqué.

« Je suis certaine que son départ de la direction du ministère n’est pas la fin de son service ininterrompu de l’Etat d’Israël », a-t-elle déclaré.

Dore Gold a été le conseiller de Netanyahu sous le premier gouvernement de ce dernier (1996-1999) avant d’être nommé ambassadeur aux Nations unies (1997-1999). Il a ensuite conseillé l’ancien Premier ministre Ariel Sharon. Il a été associé à divers titres aux discussions avec les Palestiniens et les Arabes.

Depuis que Netanyahu, qui est aussi ministre des Affaires étrangères, a nommé Gold en juin 2015, il a été impliqué dans de nombreuses activités diplomatiques, à un niveau où certain parlait de lui comme le ministre de facto des Affaires étrangères.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, serre la main de Dore Gold, qui était alors son conseiller politique, dans les bureaux du Premier ministre à Jérusalem, en janvier 1997. (Crédit : Avi Ohayon/GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, serre la main de Dore Gold, qui était alors son conseiller politique, dans les bureaux du Premier ministre à Jérusalem, en janvier 1997. (Crédit : Avi Ohayon/GPO)

Par exemple, Gold a supervisé le rapprochement avec plusieurs pays africains. Il a également rencontré des diplomates arabes, dont plusieurs responsables importants d’états qui n’ont pas de relations officielles avec Jérusalem. Il a en particulier fait une apparence commune, quelques jours avec sa nomination, avec Anwar Eshki, général saoudien à la retraite, qu’il a à nouveau rencontré en juillet.

Peu après avoir officiellement pris la direction des Affaires étrangères, il s’était rendu au Caire pour rencontrer le vicec-ministre égyptien des Affaires étrangères, qui avait accepté de nommer le premier ambassadeur du pays arabe en Israël depuis 2012, et avait également participé à des discussions bilatérales stratégiques avec ses homologues d’Inde et de Turquie. C’est Gold qui a signé l’accord de réconciliation avec Ankara en juin dernier.

Dore Gold, directeur général du ministère des Affaires étrangères (à gauche) avec le président du Tchad, Idriss Déby (à droite) au palais présidentiel de Fada, au cœur du Sahara, le 14 juillet 2016. (Crédit : ministère des Affaires étrangères)
Dore Gold, directeur général du ministère des Affaires étrangères (à gauche) avec le président du Tchad, Idriss Déby (à droite) au palais présidentiel de Fada, au cœur du Sahara, le 14 juillet 2016. (Crédit : ministère des Affaires étrangères)

En juillet, il avait signé un accord avec la Guinée pour le rétablissement de relations diplomatiques. Quelques jours après, il avait rencontré le président du Tchad, un pays majoritairement musulman qui n’a pas de relations diplomatiques officielles avec Israël. Il a également été le premier responsable israélien à se rendre en Afrique du Sud et avait rencontré en septembre la ministre des Affaires étrangères de ce pays, éternelle critique d’Israël.

Pourtant, Gold n’aurait pas été satisfait de son rôle dans l’appareil de politique étrangère d’Israël. Un responsable diplomatique important a été cité jeudi déclarant que Gold démissionnait en raison d’une querelle avec Netanyahu. Spécifiquement, Gold était frustré que Netanyahu confie les sujets diplomatiques les plus importants d’Israël à son envoyé personnel, Isaac Molho.

Ces sujets incluent le rapprochement avec la Turquie mais également les relations bilatérales avec les Etats-Unis, aurait déclaré le responsable. Gold était également mécontent de la nomination par Netanyahu de Michael Oren, député de Koulanou, en tant que vice-ministre chargé de la diplomatie auprès du bureau du Premier ministre.

Dore n’a pas pu être joint pour l’instant pour une déclaration.

L’AFP a contribué à cet article.

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