Un médecin juif utilise le sperme d’un mort pour lui donner un héritier
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Un médecin juif utilise le sperme d’un mort pour lui donner un héritier

Dans ce cas hautement inhabituel, un couple du Royaume-Uni a recueilli le sperme de son fils et s'est donné un petit-fils en utilisant l'ovule d'une donneuse et une mère porteuse

Le spécialiste de la fertilité, le médecin David Smotrich en 2016. (Capture d'écran : YouTube)
Le spécialiste de la fertilité, le médecin David Smotrich en 2016. (Capture d'écran : YouTube)

Dans une affaire hautement inhabituelle, un médecin juif de Californie a réussi a utilisé le sperme d’un homme décédé depuis trois jours pour donner un petit-fils à un riche couple britannique, ont fait savoir les médias dimanche.

Le spécialiste de la fertilité David Smotrich, l’un des meilleurs dans le monde, a utilisé le sperme d’un célibataire de 26 ans décédé dans un accident de moto mais dont le corps n’a été découvert que quarante-huit heures plus tard pour faire un enfant grâce à un don d’ovule et à une mère porteuse dans sa clinique La Jolla de Californie, a expliqué le Daily Mail britannique.

Les grands-parents de l’enfant, qui n’ont pas été identifiés dans l’article mais qui seraient un couple de quinquagénaires, pourraient avoir enfreint la loi en prélevant et en exportant le sperme de leur fils décédé sans son consentement préalable.

L’enfant serait dorénavant âgé de trois ans et il vivrait aux côtés de ses grand-parents au Royaume Uni, a précisé le Mail.

Des experts juridiques ont noté que le couple et ceux qui, au Royaume-Uni, ont été impliqués dans sa démarche de prélèvement et d’exportation du sperme pourraient être renvoyés devant les tribunaux pour avoir commis une action criminelle.

Le sperme aurait été recueilli sur l’homme, qui était l’enfant unique du couple, par un urologue puis congelé. Il aurait alors été exporté au Royaume-Uni par une entreprise de transport médical un an plus tard.

Fécondation in-vitro d’un ovule (Crédit : iStock by Getty Images/ man_at_mouse)

Smotrich a déclaré au Mail n’avoir aucun regret.

« Ce couple d’Anglais a perdu son fils dans les circonstances les plus tragiques. Il voulait désespérément un héritier et un petit-enfant. Et ça a été un privilège pour moi de leur venir en aide », a-t-il indiqué.

Le médecin a ajouté que les grands-parents étaient extrêmement riches et issus « d’une famille notable ».

Il a expliqué le caractère inhabituel de cette affaire.

« Faire un enfant en utilisant du sperme post-mortem est excessivement rare. Je ne l’ai fait qu’à cinq occasions », a-t-il dit. « Ce couple désespérait de trouver quelqu’un qui puisse lui donner un héritier. Ils voulaient un garçon. Ce que nous avons fait n’est pas disponible au Royaume-Uni où la sélection par le sexe n’est pas légale ».

Smotrich a poursuivi en disant au Mail que les grands-parents avaient été « très précis » sur le « type et le calibre » de la donneuse d’ovule et de la mère porteuse, toutes deux des Américaines. Ils ont sélectionné des femmes qui, selon eux, auraient été le genre de femme que leur fils aurait pu épouser « en termes d’apparence physique, d’intelligence et d’éducation ».

Cette procédure aurait coûté entre 60 000 et 100 000 livres.

Diane Batzofin, qui dirige la clinique de Smotrich, a déclaré au Mail : « C’est moi qui ai reçu l’appel initial de la mère du défunt. Cela a été un mariage de la science et de l’âme. Cette mère m’a dit que c’est ce que son fils aurait voulu ».

Toutefois, l’ancien président de la British Fertility Society Allan Pacey, au Royaume-Uni, a averti qu’il était probable que les grand-parents et les autres personnes impliquées aient commis un crime.

« Si le fils, dans ce cas, n’a pas été pris en charge dans un hôpital et s’il n’a pas signé les formulaires de consentement nécessaires pour le prélèvement post-mortem, pour le stockage et l’utilisation de son sperme, alors une action délictueuse a probablement eu lieu », a-t-il estimé. « Le médecin qui a prélevé le sperme a contrevenu à la loi, comme c’est le cas également de la structure qui a stocké et exporté l’échantillon ».

irit et Asher Shahar, au milieu des souvenirs de leurs fils, à leur domicile de Kfar Saba. (Crédit : autorisation)

Dans un cas similaire, un couple israélien s’est engagé dans une bataille juridique depuis plusieurs années pour pouvoir utiliser le sperme d’un fils défunt et avoir un petit-enfant.

Au mois de septembre 2016, Irit et Asher Shahar ont remporté le droit – établissant un précédent – de faire et d’élever un enfant issu du sperme prélevé post-mortem de leur fils, un soldat. En janvier 2017, ils ont connu un revers légal.

L’Etat a remporté son appel devant la cour de district de Lod contre un jugement énoncé par le tribunal de la famille de Petah Tikvah qui leur permettait d’utiliser le sperme d’Omri pour féconder un ovule acheté et créer un embryon porté dans le cadre d’une GPA.

La bataille entamée par la famille Shahar a commencé peu de temps après la mort d’Omri, capitaine de la marine israélienne en service actif, lors d’un accident de voiture au mois de juin 2012, alors qu’il abvait 25 ans. Le couple a également deux filles, Lotem, 18 ans et Inbar, 28 ans, qui est mariée.

Leur combat devant les tribunaux se poursuit.

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