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Un ministre avait « des choses plus importantes » que d’écouter le témoignage d’un ex-otage

Suite au tollé général, Nir Barkat s'est excusé auprès d'Eli Sharabi pour avoir ignoré l'interview dans laquelle ce survivant décrivait les tortures et la famine subies à Gaza

De gauche à droite : Le ministre de l'Économie Nir Barkat dans son bureau, à Tel Aviv, le 27 juin 2024 ; Eli Sharabi interviewé dans l'émission « Uvda » de la chaîne N12, dans un extrait diffusé le 27 février 2025. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90 ; Capture d'écran/Chaîne N12)
De gauche à droite : Le ministre de l'Économie Nir Barkat dans son bureau, à Tel Aviv, le 27 juin 2024 ; Eli Sharabi interviewé dans l'émission « Uvda » de la chaîne N12, dans un extrait diffusé le 27 février 2025. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90 ; Capture d'écran/Chaîne N12)

Le ministre de l’Économie, Nir Barkat (Likud), a déclaré vendredi qu’il avait « des choses plus importantes » à faire que d’entendre le témoignage bouleversant d’Eli Sharabi, relâché le mois dernier après 491 jours de captivité dans les geôles du groupe terroriste palestinien du Hamas.

Suite aux critiques en ligne, Barkat aurait présenté ses excuses.

Jeudi soir, Sharabi a raconté au micro de la chaîne N12 qu’il avait été enchaîné, passé à tabac et affamé par ses geôliers. Il a expliqué que les mauvais traitements s’aggravaient chaque fois que les dirigeants israéliens vantaient la détérioration des conditions de détention des terroristes du Hamas.

Interrogé vendredi par la chaîne sur le fait de savoir s’il avait vu l’interview, Barkat a répondu par la négative.

« J’avais des choses plus importantes à faire », a répondu le ministre de l’Économie.

« Des réunions importantes dont je vous parlerai le moment venu. »

Eli Sharabi interviewé dans le cadre de l’émission « Uvda » de la chaîne N12, dans un extrait diffusé le 27 février 2025. (Crédit : Capture d’écran/Chaîne N12 ; utilisée conformément à l’article 27a de la loi sur le droit d’auteur)

Invité à développer, Barkat a ajouté : « Les choses au sommet du monde. Je suis un ministre, j’ai un poste. »

Dans une déclaration adressée à la chaîne N12, Barkat a présenté ses excuses pour son commentaire, affirmant qu’il « n’était pas concentré sur la question posée ». Les excuses n’ont été publiées ni sur le réseau social X ni sur aucune autre plateforme majeure.

« Il n’y a rien de plus important que l’interview d’Eli Sharabi – c’est un témoignage choquant », peut-on lire dans la déclaration à la chaîne N12. « Sharabi est un modèle et une source d’inspiration pour toute la nation d’Israël, et un rappel que nous devons tout faire pour ramener nos frères et nos fils de l’enfer. »

La première phase de l’accord de cessez-le-feu a pris fin ce samedi. Les otages restants, qui seraient encore en vie à Gaza, sont tous des hommes.

Eli Sharabi (à gauche) sur une photo non datée et (à droite) lors de sa libération des geôles du Hamas, dans la bande de Gaza, le 8 février 2025. (Crédit : Eyad Baba/AFP)

Selon la chaîne N12, Barkat a déclaré avoir regardé la partie du témoignage de Sharabi dans laquelle l’ex-otage affirme que sa captivité s’est aggravée en réponse à l’aggravation de la détention des terroristes du Hamas. Le ministre de l’Économie a semblé rejeter la faute sur les médias.

« La situation est très difficile. Je pense qu’il faut moins parler dans les médias. Le Hamas nous surveille, il écoute votre émission », a déclaré Barkat, faisant manifestement référence à la chaîne N12.

« Il obtient les informations que nous diffusons et, malheureusement, cela peut souvent avoir des répercussions négatives. »

Sharabi, 53 ans, a été enlevé à son domicile du kibboutz Beeri le 7 octobre 2003, lorsque des milliers de terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut le sud d’Israël, tuant plus de 1 200 personnes et enlevant 251 otages, déclenchant ainsi la guerre à Gaza.

Eli Sharabi a été pris en otage le 7 octobre 2023 par des terroristes du Hamas, tandis que sa femme Lianne et leurs deux filles, Noiya et Yahel, ont été tuées. (Crédit : Autorisation)

Sharabi a perdu 40 % de sa masse corporelle en captivité et a appris à son retour en Israël que son épouse Lianne et leurs filles adolescentes Noiya et Yahel avaient été assassinées lors du pogrom perpétré par le Hamas.

Son frère Yossi Sharabi a également été pris en otage le 7 octobre et a vraisemblablement été tué lors d’une frappe de l’armée israélienne à Gaza. Son corps est toujours détenu par les terroristes.

En déclarant qu’il était « trop occupé » pour voir l’interview de Sharabi, Barkat a déclenché un torrent de moqueries sur les réseaux sociaux.

Le célèbre journaliste Ronen Bergman a noté que Barkat avait trouvé le temps d’assister aux audiences concernant les affaires de corruption du Premier ministre Benjamin Netanyahu, que le ministre a qualifié de « chef suprême » d’Israël dans son interview de vendredi.

Le député Mickey Levy (Yesh Atid) a comparé les propos de Barkat à ceux d’autres membres de la coalition qui ont déclaré que « gagner la guerre est plus important que de ramener les otages » et que les personnes qui réclament une commission d’enquête nationale sur les échecs de l’échelon politique qui ont conduit aux massacres du Hamas devraient « continuer à rêver ».

Netanyahu, leader politique d’Israël depuis 2009, après un passage de dix-huit mois dans l’opposition en 2021-2022, a rejeté la formation d’une telle commission, qui serait dirigée par un ancien juge de la Cour suprême. Les proches du Premier ministre, qui se sont heurtés au pouvoir judiciaire, affirment qu’une commission d’enquête publique serait partiale et qu’elle serait défavorable à Netanyahu, que ses détracteurs accusent d’essayer d’échapper à des investigations.

S’adressant sur la chaîne N12 vendredi, Barkat, qui est largement considéré comme un candidat à la succession de Netanyahu à la tête du parti Likud, a réitéré ses revendications contre l’établissement d’une commission d’enquête publique. Barkat a expliqué qu’une telle commission serait illégitime étant donné le refus du ministre de la Justice Yariv Levin d’officialiser la nomination du juge en chef Amit Isaac, qui serait chargé de sélectionner les membres de la commission.

Barkat a également précisé que toute enquête devrait attendre que les objectifs de guerre aient été atteints.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu arrivant dans la salle d’audience du tribunal de Tel Aviv, avant sa déposition dans le cadre de son procès pour corruption, le 24 février 2025. (Crédit : Moti Milrod/POOL)

D’autre part, le ministre de l’Économie a qualifié de « fake news » les récentes informations selon lesquelles les principaux collaborateurs du Premier ministre auraient travaillé à des opérations de relations publiques pour le Qatar, un important bailleur de fonds du Hamas et d’autres groupes terroristes, ce qui aurait contribué à la médiation de l’accord relatif aux otages de Gaza.

Jeudi, la procureure générale Gali Baharav-Miara a ouvert une enquête criminelle sur les liens entre le cabinet de Doha et celui de Netanyahu.

Tout au long du mandat de Netanyahu, l’État du Golfe, avec l’accord du Premier ministre, a transféré des millions de dollars en espèces au Hamas chaque mois jusqu’au 7 octobre 2023. Alors que le Premier ministre a déclaré que les fonds étaient destinés strictement à la protection sociale, aux services publics et aux salaires du gouvernement, les critiques ont affirmé que ces transferts avaient donné au Hamas une marge de manœuvre budgétaire pour se préparer au pogrom du 7 octobre.

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