Un mort et un garçon de 12 ans dans un état critique après une fusillade à Jaffa
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Un mort et un garçon de 12 ans dans un état critique après une fusillade à Jaffa

L'incident survient sur fond de violence visiblement liée aux gangs ; la police enquête, mais un témoin affirme que les policiers ne cherchent que de la drogue, pas des armes

Les lieux d'une fusillade à Jaffa qui a tué un homme et blessé un garçon de 12 ans, le 16 juin 2020 (Capture écran/Ynet)
Les lieux d'une fusillade à Jaffa qui a tué un homme et blessé un garçon de 12 ans, le 16 juin 2020 (Capture écran/Ynet)

Un homme a été tué et un garçon de 12 ans a été grièvement blessé lors d’une fusillade dans la ville côtière de Jaffa, mardi.

L’homme, qui serait âgé d’environ 20 ans, et le garçon ont été emmenés à l’hôpital Wolfson à Holon.

« Jusqu’à présent, deux personnes blessées ont été amenées, dont la plus âgée est malheureusement décédée », a fait savoir l’hôpital dans un communiqué. « Notre personnel se bat maintenant pour la vie de l’enfant, qui est actuellement dans un état critique ».

La police a ouvert une enquête sur l’incident survenu dans la rue Harav Rubinstein.

Naim Abu Saif a décrit les conséquences de la fusillade à la chaîne publique Kan.

« Je suis comme la grand-mère [du garçon abattu]. J’ai attrapé sa main et j’ai senti un léger pouls », a-t-elle rapporté. « Où est la police ? Où est la police des frontières ? Ils cherchent juste de la drogue ici, pas les tueurs. Je n’ai jamais rien vu de tel dans ma vie. La police ne prend pas les armes des gens, elle ne cherche que de la drogue », affirme-t-elle.

Des fusillades au volant de voitures et des attentats à la voiture piégée dans le cadre de guerres de gangs mafieuses ont longtemps ravagé les villes israéliennes, y compris Jaffa.

Ces dernières années ont vu une augmentation des meurtres et des crimes commis avec des armes à feu dans la communauté arabe israélienne. Les dirigeants arabes affirment que la police ignore largement la violence, qui comprend les querelles familiales, les guerres de territoire de la mafia, la violence domestique et les crimes d’honneur.

Un certain nombre de manifestations et de grands rassemblements ont été organisés pour protester contre ce que les Israéliens arabes considèrent comme un échec à traiter de manière adéquate la vague de violence criminelle au sein de la communauté.

Au début de ce mois, une fillette palestinienne de 4 ans, Rafif Qara’in, résidente du quartier Issawiya de Jérusalem-Est, est morte des suites de ses blessures provoquées par une balle apparemment perdue tirée par un tireur inconnu le 21 mai dernier, selon la police. D’après un parent, la famille était en train de manger le repas traditionnel de l’iftar qui se tient chaque soir pendant le mois de jeûne du Ramadan, lorsqu’une balle l’a soudainement atteinte à la tête.

Le même soir, lors d’un incident apparemment sans rapport, un garçon de 3 ans et son père ont été légèrement à modérément blessés lorsqu’un tireur masqué a ouvert le feu sur eux dans un magasin du camp de réfugiés de Shuafat.

La police sur la scène d’une fusillade présumée depuis une voiture à un carrefour de Lod dans le centre d’Israël, le 6 juin 2020. (Flash90)

Seuls 30 % des meurtres présumés dans la communauté arabe israélienne en 2019 – 27 sur 88 – ont été résolus, rapporte le quotidien Haaretz.

Trente-six pour cent des Arabes israéliens éprouvent un sentiment d’insécurité personnelle dans la communauté où ils vivent en raison de la violence, contre 12,8 % chez les Juifs israéliens, selon un rapport de 2019 du Fonds Abraham.

Baladna, une organisation à but non lucratif, a indiqué que les jeunes Israéliens arabes sont les plus susceptibles d’être tués au sein de la communauté – plus de la moitié des personnes assassinées sont âgées de 18 à 34 ans.

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