Un officier aurait visé une ado avec une balle à pointe-éponge à Sheikh Jarrah
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Un officier aurait visé une ado avec une balle à pointe-éponge à Sheikh Jarrah

Le département des enquêtes internes de la police a suspendu 3 agents ; une vidéo montre une jeune fille touchée par une balle alors qu'elle rentre chez elle à Jérusalem-Est

Capture d'écran d'une vidéo d'un officier à Sheikh Jarrah, soupçonné d'avoir visé une adolescente avec une balle à pointe éponge.
Capture d'écran d'une vidéo d'un officier à Sheikh Jarrah, soupçonné d'avoir visé une adolescente avec une balle à pointe éponge.

Sept officiers de police ont été interrogés sous caution mercredi et trois d’entre eux ont été suspendus suite à un incident survenu la semaine dernière, après qu’une vidéo a fait surface montrant un policier tirer une balle à pointe éponge dans le dos d’une adolescente palestinienne à Jérusalem-Est alors qu’elle obéissait à son ordre de rentrer chez elle.

Dans la vidéo, dévoilée par Kan news, Janna Kiswani, 16 ans, et plusieurs de ses proches sont vus sortant de leur maison située dans le quartier de Sheikh Jarrah le 18 mai, alors qu’une manifestation avait lieu non loin de là.

Une autre vidéo prise d’un second angle montre les officiers de police devant la maison, et l’un d’eux menaçant de “leur en coller une” s’ils ne rentraient pas à l’intérieur.

Alors que la famille retournait chez elle, un officier tire en direction de la maison. Dans la première vidéo, l’adolescente s’écroule alors au sol et on peut l’entendre crier après avoir été touchée dans le dos.

Dans la seconde vidéo, le même officier est ensuite vu retirant une grenade assourdissante de sa veste, quelques instants avant qu’elle ne soit lancée dans la maison.

Le père de Janna, Muhammad Kiswani, a également été touché à la jambe avec une balle à pointe-éponge tirée en direction de la maison, selon le quotidien Haaretz.

Janna Kiswani se trouve depuis les faits à l’hôpital, où elle est soignée pour une vertèbre fracturée et des difficultés respiratoires. Son rétablissement devrait être long.

“Pour l’instant je suis traitée par un neurologue et un chirurgien, et dans quelques mois je commencerai la rééducation” a dit Janna Kiswani, s’adressant à Kan.

Son père a quant à lui accusé l’officier de police de “tentative de meurtre”.

La police a annoncé que l’officier accusé ne prendrait plus part à aucune opération tant que l’incident ne serait pas clarifié, et que le dossier avait été transféré au département d’Enquêtes policières internes du ministère de la Justice.

“À la fin de l’examen de l’incident par les autorités, les prochaines étapes concernant le cas de l’officier seront décidées,” indique un rapport de police.

Alors que l’enquête du département d’Enquêtes policières internes s’est achevée, avec la collecte de preuves et de témoignages, deux autres policiers ont été suspendus pour une semaine.

Deux des policiers ont été interrogés au sujet de la fusillade, tandis que les autres sont soupçonnés d’obstruction à la justice, ont rapporté les médias israéliens jeudi matin. Parmi les policiers interrogés figureraient deux officiers de rang supérieur.

Kan news rapporte que la suspension a été ordonnée par le chef de la police, Kobi Shabtai.

“En cette période complexe, le commissaire de police donne tout son soutien aux officiers, mais ne tolèrera aucune déviation des régulations policières,” ont déclaré des associés de Kobi Shabtai.

Les balles à pointe-éponge utilisées par les forces de sécurité israéliennes sont généralement considérées comme un type de munitions “moins létale”, étant moins susceptibles de tuer une personne touchée que des balles standard, mais ont toutefois été la cause de nombreuses blessures sérieuses et de décès, en particulier lorsqu’elles sont tirées en direction de la tête ou de la poitrine.

Les forces de sécurité israéliennes se déploient pour disperser une manifestation palestinienne contre l’expulsion possible de familles palestiniennes du quartier Sheikh Jarrah de Jérusalem-Est, le 8 mai 2021. (Crédit : Menahem KAHANA / AFP)

L’an dernier, un officier de police a été jugé coupable d’avoir tiré dans le dos d’un Palestinien avec une balle à pointe-éponge alors qu’il quittait un checkpoint en Cisjordanie.

Le quartier de Sheikh Jarrah, où vivent les Kiswanis, a récemment été le centre de manifestations contre l’expulsion imminente de plusieurs familles Palestiniennes de logements revendiqués par des nationalistes Juifs, alors qu’une bataille légale fait rage à leur sujet depuis plusieurs années.

L’expulsion de Sheikh Jarrah a été un élément clé dans les troubles majeurs dont Jérusalem a été l’épicentre ce mois-ci, déclenchant un conflit de 11 jours entre Israël et les groupes terroristes de Gaza, après que le Hamas a tiré des roquettes vers Jérusalem.

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