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Un pistolet anti-émeute télécommandé testé par l’armée à Hébron

Le système, issu d’un projet pilote, utilise l’intelligence artificielle pour se préparer au tir après s’être verrouillé sur une cible

Illustration : Un Palestinien jette des pierres à un poste de contrôle israélien lors d’affrontements dans la ville de Hébron en Cisjordanie le 5 février 2020. (Crédit : Wisam Hashlamoun/Flash90)
Illustration : Un Palestinien jette des pierres à un poste de contrôle israélien lors d’affrontements dans la ville de Hébron en Cisjordanie le 5 février 2020. (Crédit : Wisam Hashlamoun/Flash90)

L’armée israélienne teste à Hébron, en Cisjordanie, un nouveau système capable de tirer à distance pour assurer le contrôle des émeutes.

Le pistolet anti-émeute, installé à un poste de contrôle de la rue Shuhada, est testé dans le cadre d’un programme pilote et n’est actuellement utilisé que pour tirer des grenades en mousse, a déclaré l’armée au quotidien Haaretz.

Le système est également capable de tirer des grenades assourdissantes et des projectiles contenant des gaz lacrymogènes.

« Nous envisageons d’utiliser ce système télécommandé pour disperser les émeutes, une fois dûment approuvé », a indiqué Tsahal.

Selon Smart Shooter, la société qui a développé le système, un soldat se verrouille sur une cible et appuie sur la gâchette : le pistolet anti-émeute se déplace alors de lui-même pour ajuster le tir.

Un militant palestinien bien connu s’est dit préoccupé par une possible « erreur » du pistolet anti-émeute, qui utilise l’intelligence artificielle pour traiter les images.

« Pour moi, l’humain cède le contrôle à la machine. Nous, Palestiniens, sommes devenus des sujets d’études pour l’industrie de haute technologie de l’armée israélienne, qui n’est pas tenue responsable de ce qu’elle fait », a déclaré Issa Amro au journal.

D’autres technologies déployées par Tsahal à Hébron – haut lieu de tensions entre Israéliens et Palestiniens – ont également fait l’objet d’un examen minutieux.

En novembre 2020, plusieurs ex-soldats israéliens ont révélé avoir photographié des milliers de Palestiniens à Hébron pour alimenter une base de données adossée à un important programme de surveillance par reconnaissance faciale.

Hébron, qui se partage entre zones de contrôle israélien et de l’Autorité palestinienne, compte une population de plus de 210 000 Palestiniens et plusieurs centaines de résidents d’implantations israéliens vivant dans des enclaves, principalement à proximité de la vieille ville.

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